Featured Post

GUERRE MESSIANIQUE SIONISTE AVANT LA VENUE DE LEUR MACHIAH/ANTECHRIST/DAJJAL: EXTENSION DES FRONTIERES DE L'ENTITE SIONISTE, VOL ET PILLAGE DU GAZ ET DU PETROLE DES PAYS MUSULMANS DE NOUAKCHOTT A BAGHDAD

« Le comble du savoir-faire ne consiste pas à remporter toutes les batailles, mais à soumettre l’armée ennemie sans livrer bataille » (Sun...

Saturday, March 31, 2007

Musulmanes, Musulmans, enfin la fin de la traversee du desert

NDLR: La caravane a longtemps voyage en quete de savoir, de science, de commerce, elle a enfin trouve la voie, la meme qui a guide ses plus nobles ancetres. Cette voie, deja toute tracee, mene les Hommes aux confins de la source...
Il n'y a de dieux qu'Allah le Tout Puissant et Misericordieux, et le prophete Muhammad saws est son envoye et Messager.
Allahu Akbar, la Toute Puissance est a Allah awj, son Prophete saws, et aux mudjahideen, mais cela les hypocrites ne le savent pas !

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre glorifient Allah, et Il est le Puissant, le Sage.
ô vous qui avez cru ! Pourquoi dites-vous ce que vous ne faites pas ?

C’est une grande abomination auprès d’Allah que de dire ce que vous ne faites pas.

Allah aime ceux qui combattent dans Son chemin en rang serré pareils à un édifice renforcé.

Et quand Moïse dit à son peuple : "Ô mon peuple ! Pourquoi me maltraitez-vous alors que vous savez que je suis vraiment le Messager d’Allah [envoyé] à vous ? ” Puis quand ils dévièrent, Allah fit dévier leurs cœurs, car Allah ne guide pas les gens pervers.

Et quand Jésus fils de Marie dit : “ô Enfants d’Israël, je suis vraiment le Messager d’Allah [envoyé] à vous, confirmateur de ce qui, dans la Thora, est antérieur à moi, et annonciateur d’un Messager à venir après moi, dont le nom sera “Ahmad”. Puis quand celui-ci vint à eux avec des preuves évidentes, ils dirent : “C’est là une magie manifeste”.
Et qui est plus injuste que celui qui invente un mensonge contre Allah, alors qu’il est appelé à l’Islam ? Et Allah ne guide pas les gens injustes.
Ils veulent éteindre de leurs bouches la lumière d’Allah, alors qu’Allah parachèvera Sa lumière en dépit de l’aversion des mécréants.
C’est Lui qui a envoyé Son messager avec la guidée et la Religion de Vérité, pour la placer au-dessus de toute autre religion, en dépit de l’aversion des associateurs.
ô vous qui avez cru ! Vous indiquerai-je un commerce qui vous sauvera d’un châtiment douloureux ?
Vous croyez en Allah et en Son messager et vous combattez avec vos biens et vos personnes dans le chemin d’Allah, et cela vous est bien meilleur, si vous saviez !
Il vous pardonnera vos péchés et vous fera entrer dans des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, et dans des demeures agréables dans les jardins d’Eden ? Voilà l’énorme succès
et il vous accordera d’autres choses encore que vous aimez bien : un secours [venant] d’Allah et une victoire prochaine. Et annonce la bonne nouvelle aux croyants.
ô vous qui avez cru ! Soyez les alliés d’Allah, à l’instar de ce que Jésus fils de Marie a dit aux apôtres : “ Qui sont mes alliés (pour la cause) d’Allah ? ” - Les apôtres dirent : “Nous sommes les alliés d’Allah”. Un groupe des Enfants d’Israël crut, tandis qu’un groupe nia. nous aidâmes donc ceux qui crurent contre leur ennemi, et ils triomphèrent.
Sadaq Allahu al 3adhim

Thursday, March 29, 2007

Israel est le Terrorisme


Le 911 et l'évidence,



Par Paul Craig Roberts, le 26 mars 2007


Le professeur David Ray Griffin est la Némésis de la conspiration officielle du 911. Dans son le dernier livre, Debunking 9/11 Debunking, Griffin détruit la crédibilité du National Institute of Standards and Technology (NIST) et des rapports de Popular mecanics, réduit à néant ses critiques, et s'avère être meilleurs scientifique et ingénieur que les défenseurs de l'histoire officielle.


Le livre de 385 pages de Griffin est divisées en quatre chapitres et contient 1.209 annotations. Sans aucun doute, ce livre est la présentation et l'examen les plus complets de tous les faits connus sur les attaques du 911. Griffin est une personne sensible à l'évidence, à la logique, et au raisonnement scientifique. Il n'y a aucun équivalent du côté officiel de l'histoire qui soit comme lui aussi pleinement au courant de tous les aspects des attaques.


Au début, Griffin précise que le lecteur a le choix entre deux théories de conspiration : L'une que des fanatiques Musulmans, qui n'étaient pas qualifiés pour voler en avion, ont vaincu l'appareil de sécurité des USA et réussi trois attaques sur quatre en utilisant les passager des jets comme armes. L'autre est que la sécurité a échoué d'un bout à l'autre de l'affaire, pas seulement partiellement mais totalement, grâce à la complicité d'une certaine partie du gouvernement des USA.


Griffin précise qu'il n'y a eu aucune recherche indépendante sur le 911. Ce que nous avons sont : un rapport d'une commission politique dirigée par Philip Zelikow, l'homme à tout faire de l'administration Bush ; un rapport du NIST produit par le ministère du commerce de l'administration Bush ; et un exposé journalistique produit par Popular Mecanics. Divers scientifiques travaillant pour le gouvernement fédéral ou dépendants des subventions gouvernementales ont publié des rapports spéculatifs au nom de la théorie de conspiration officielle, mais n'ont produit aucune preuve significative en son nom.


Les sceptiques pertinents de l'histoire officielle forment à peu près cent chercheurs indépendants, des experts et des professeurs dont les carrières ont exigé d'eux de composer avec les preuves et leurs analyses. Leurs différentes contributions au analyses du 911 peuvent être trouvées en ligne.


Griffins a entrepris de s'absorber dans les arguments et les preuves de l'exposé officiel et dans les arguments et les preuves contre lui. Dans son dernier livre, qui vient d'être rendu public, il présente le cas de l'exposé officiel et son insuffisance manifeste.


Les sondages montrent que 36% des étasuniens ne croient pas à l'histoire officielle. En mettant de côté les 25% du public qui sont très mal informés ou indifférents, qui pensent que Saddam Hussein était responsable des attaques du 911, il reste 39% du public qui croit à l'histoire officielle. Cependant, ces 39% font essentiellement confiance à l'adhésion des médias dominants à l'histoire officielle. Griffin croit, peut-être naïvement, que la vérité peut prévaloir, et c'est son engagement pour la vérité qui l'a poussé à endosser l'énorme tâche.


Tous ceux qui croient à l'intégrité du gouvernement US ou de l'administration Bush trouveront le livre de Griffin dérangeant. Les lecteurs devront confronter des questions comme : pourquoi les autorités ont saisi les expertises médico-légales résultant de la destruction des trois bâtiments du WTC, de l'attaque contre le Pentagone et de l'avion de ligne écrasé en Pennsylvanie et ont empêché tout examen légal de toutes les parties des attaques du 911.


En dépit de la croyance largement répandue qu'Oussama Ben Laden était responsable des attaques, la preuve que nous avons est une vidéo suspecte déclarée être « fausse » par Bruce Lawrence, peut-être le premier expert étasunien sur Ben Laden. Le gouvernement n'a jamais produit le rapport promis sur la responsabilité de Ben Laden. Quand les Talibans ont offert de remettre Ben Laden sur présentation de preuves, le gouvernement n'en avait aucune à remettre ; donc l'invasion de l'Afghanistan.


La fragilité du rapport du NIST est étonnante. Le rapport a marché parce que les gens ont accepté ses affirmations sans examen.


Griffin prouve que le rapport de Popular Meccanics consiste en plaidoyers particuliers, en raisonnements circulaires, en appels à l'autorité du rapport du NIST, en hommes de paille, et en contradictions internes dans le rapport lui-même.


Il n'y a pas de place dans une revue pour présenter les preuves que Griffin a rassemblées. Quelques points culminants devraient suffire à alerter les lecteurs sur la possibilité que l'administration Bush a menti à propos des armes de destruction massive de Saddam Hussein.

Les deux tours du WTC ne se sont pas effondrées. Elles ont explosé et se sont désagrégées, de même que le WTC 7. Il y a un énorme déficit en énergie dans chaque compte excluant l'usage d'explosifs. L'énergie de la gravité est insuffisante pour expliquer la pulvérisation des bâtiments et de leur contenu et le sectionnement des 47 colonnes d'acier de l'énorme noyau central de chacune des tours à des longueurs commodes pour être prises et chargées sur des camions ; bien moins d'énergie due à la pesanteur ne peut expliquer la pulvérisation des étages supérieurs des tours et l'éjection horizontale des poutrelles d'acier sur des centaines de pieds juste avant la désintégration des étages du dessous.


Les dommages provoqués par les avions de ligne et les feux limités de courte durée ne peuvent expliquer la désintégration des bâtiments. Les énormes charpentes d'acier des tours consistaient en un radiateur colossal qui dissipait par convection la chaleur produite quelle qu'elle soit par les feux limités.

Le rapport final du NIST déclarait que dans l'acier qui lui a été disponible pour examen, « seules trois colonnes avaient des preuves que l'acier avait atteint des températures au-dessus de 250°C » Les fours autonettoyants dans nos cuisines à la maison atteignent des températures plus hautes que ça, et les fours ne fondent ni ne se déforment.

L'acier commence à fondre à 1.500°C. Des températures de 250°C n'auraient aucun effet sur la solidité de l'acier. Expliquer que les bâtiments se sont effondrés parce que le feu a affaibli l'acier est spéculatif. Les feux en plein air n'engendrent pas une température suffisante pour priver l'acier de son intégrité structurelle. Des bâtiments à charpente d'acier ont brûlé 22 heures dans des enfers terribles, et les charpentes d'acier sont restées debout. Les feux dans les tours ont duré environ une heure et ont été limités à quelques étages. De plus, il est impossible qu'ils expliquent la désintégration soudaine, totale et symétrique de bâtiments solidement construits, et encore moins à la vitesse de chute libre que permet seulement la démolition contrôlée.

Griffin fournit des citations de sapeurs-pompiers, de policiers, et d'occupants, qui ont entendu et ressenti une série d'explosions avant la désintégration des tours. Les dépositions pareilles des témoins sont en général ignorées par des défenseurs de la théorie de conspiration officielle.

De l'acier fondu a été trouvé dans les niveaux souterrains du WTC des semaines après la destruction des buildings. Comme chacun convient que les feux n'ont pas approché le point de fusion de l'acier, une explication possible est des explosifs puissants utilisés dans les démolitions qui produisent des températures de 2760°C. La possibilité que des explosifs ont été utilisés reste non envisagée excepté par les chercheurs indépendants.


Les contradictions dans la théorie de conspiration officielle bondissent des pages et frappent le lecteur au visage. Par exemple, la preuve que le vol 77, un Boeing 757, s'est écrasé sur le Pentagone est la déclaration que le gouvernement a obtenu dans l'épave assez de corps et de débris de corps dont l'ADN correspond à chaque personne de la liste des passagers et de l'équipage du vol. Simultanément, l'absence des bagages des passager, du fuselage, des ailes et de la section de queue -- à vrai dire l'absence d'un avion de ligne de 45 tonnes -- est attribuée à la vaporisation de l'avion due à l'accident à grande vitesse et à l'incendie violent. L'incompatibilité du métal vaporisé avec la chair et le sang récupérés est restée inaperçue jusqu'à ce que Griffin la signale.


Une autre contradiction frappante dans la théorie de conspiration officielle est la différence des impacts des avions de ligne entre le Pentagone et les tours du WTC. Dans le cas du Pentagone, l'insistance est mise sur pourquoi l'avion de ligne a aussi peu endommagé le bâtiment. Dans le cas des tours, l'accent est mis sur pourquoi les avions de ligne les ont autant endommagées.

Peut-être n'est-ce qu'une coïncidence que juste avant le 911 Cathleen P. Black, qui a des accointances avec la CIA et le Pentagone et est président de Hearst Magazines, et propriétaire de Popular Mecanics, ait congédié le rédacteur en chef du magazine et plusieurs membres supérieurs chevronnés du personnel puis installé James B. Meigs et Benjamin Chertoff, un cousin de Michael Chertoff, l'homme à tout faire de l'administration Bush. C'étaient Meigs et Benjamin Chertoff qui ont produit le rapport de Popular Mecanics que Griffin a vidé.

Dans sa conclusion Griffin nous rappelle que les attaques du 911 ont servi aux USA pour commencer des guerres en Afghanistan et en Irak, pour projeter une attaque sur l'Iran, pour restreindre les protections constitutionnelles et les libertés civiles, pour augmenter radicalement les budgets militaires et le pouvoir de l'exécutif, et pour enrichir des intérêts enracinés. Griffin est absolument juste à ce sujet sans se soucier de savoir si une hypothèse crédible pourra jamais être établie à propos de la version de la conspiration du 911 du gouvernement.


Wednesday, March 28, 2007

UN INCIDENT GENRE « GOLFE DE TONKIN » DANS LES EAUX IRANIENNES ?

Le 23 mars, quinze marins de la Royal Navy britannique ont été capturés dans le Golfe par les autorités iraniennes, puis transférés à Téhéran pour interrogation. Selon les Iraniens, les marins, qui procédaient à une opération de contrôle sur un navire marchand, se trouvaient dans les eaux iraniennes, mais le premier ministre britannique Tony Blair affirme le contraire. Le Chatt el-Arab est effectivement un territoire disputé entre l’Iran et l’Irak. Toujours est-il que beaucoup y voient une tentative d’orchestrer un incident type « golfe de Tonkin ».

Pour évaluer cet incident, il faut tenir compte de plusieurs facteurs :

Le Conseil de sécurité de l’ONU venait d’adopter une résolution prévoyant de nouvelles sanctions. L’ambassadeur russe Vitali Tchourkine a souligné que le texte avait été soigneusement rédigé pour exclure les contrats existants des sanctions financières. En outre, précisa-t-il, il ne s’agit pas d’une interdiction, mais d’un appel aux institutions de renoncer à de nouveaux engagements financiers. Cette résolution, en dépit de son langage diplomatique, représente une escalade contre l’Iran.

En réponse, l’Iran a menacé de revoir sa coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique et confirmé la poursuite de son programme énergétique.

L’Independent de Londres du 25 mars affirme que la politique américaine, en cas d’interpellation de ses militaires par les Iraniens, aurait été de tirer sur eux, ce qui démontre le niveau de tension et de provocation découlant d’une si forte présence navale dans la région. Selon ce quotidien, « Le commandant Erik Horner - qui collaborait avec le groupe auquel appartiennent les 15 Britanniques capturés - s’est dit "surpris" que les marins britanniques n’aient pas été plus agressifs. » Lorsqu’on lui demanda si ses troupes auraient ouvert le feu, il répondit par l’affirmative. Sans vouloir remettre en cause la décision britannique, dit-il, « nos règles d’engagement nous laissent une plus grande latitude. » L’entraînement des équipes américaines d’accostage est « davantage orienté sur l’auto-préservation ». Un officier de l’USS Underwood, qui travaille avec le HMS Cornwall, est également cité : « Les règles d’engagement de l’US Navy précisent que nous n’avons pas seulement le droit de recourir à l’auto-défense, mais c’est une obligation. A mon sens, ils [les Britanniques] avaient tout à fait le droit et la justification pour se défendre au lieu de se laisser capturer. Notre réaction fut : "Pourquoi ne vous êtes-vous pas défendu " ?. »

Le journal de gauche allemand, Junge Welt, estime que cet incident pourrait être une provocation délibérée, étant donné que le navire britannique est un « bâtiment de guerre bien armé, de première classe, certainement supérieur aux bateaux iraniens. Il est difficile d’imaginer que ceux-ci auraient pu se déployer autour du frégate, si telle n’était pas l’intention des britanniques. » Le HMS Cornwall est également fort bien équipé pour les opérations de surveillance. La question se pose donc de savoir s’il s’agissait d’une provocation délibérée.
De son côté, le gouvernement iranien a indiqué qu’il soupçonnait une provocation. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mohammad Ali Hosseini, a condamné l’« entrée illégale » des Britanniques dans les eaux iraniennes. Cette opération est, selon lui, « douteuse et contraire aux règles internationales ». Les autorités iraniennes précisent d’ailleurs que ce n’est pas la première fois que les Britanniques violent la souveraineté iranienne, au cours d’opérations tant navales que terrestres.

L’incident coïncide avec le début d’importantes manœuvres navales iraniennes.
Certains pensent que Téhéran entend échanger les 15 marins britanniques contre cinq diplomates iraniens arrêtés par les Américains en janvier à Erbil, en Irak.

Étroite collaboration Otan – Israel pour une guerre contre l’Iran

par Claudine Pôlet


Le sommet de Riga n’avait certes pas discuté ni entériné publiquement l’adhésion d’Israël à l’Otan, il n’avait pas débattu non plus d’une possible agression nucléaire contre l’Iran. Les divergences et les craintes de certains pays membres risquaient de s’étaler trop ouvertement. La règle du consensus devait être sauvée dans la forme. Il n’empêche que dans les cercles dirigeants de l’Otan, à l’abri des institutions et des opinions publiques, Israël fait déjà partie de l’Otan et les plans de guerre inclus nucléaire s’élaborent contre l’Iran.Comme nous ne sommes pas dans le secret des dieux militaires ou agents de renseignements, les simples citoyens n’ont d’autres éléments que les informations distribuées au compte-goutte par la presse internationale, par les conférences politiques publiques pour étayer leur opinion. Ces informations sont édifiantes même si on ne sait pas la part « d’intox » et la part « d’infos ».

On peut lire dans le Jérusalem Post (29.12.06) « l’Otan commence à faire preuve d’un grand intérêt envers les renseignements relatifs au programme nucléaire iranien… Cet intérêt découle de l’inquiétude grandissante face à l’éventualité de l’échec de la voie diplomatique et de la nécessité d’engager une action militaire pour stopper la course de l’Iran aux armements nucléaires… Une conférence de l’Otan a été organisée au cours du mois de décembre par les services de renseignements de Tsahal autour du terrorisme mondial et des renseignements. A la suite de cette conférence, des hauts gradés des Renseignements ont déclaré qu’Israël prévoyait de mettre en place un mécanisme d’échanges de renseignements avec l’Otan ».

La TV Fox News (USA) présentait une information à la une le 10.1.07 : « Israël envisage l’utilisation d’armes nucléaires en Iran – Israël a dressé des plans secrets pour détruire les installations d’enrichissement de l’uranium avec des armes tactiques nucléaires. Deux escadrons de la force aérienne s’entraînent pour faire exploser une installation iranienne en utilisant des "bunker-busters" à faible taux nucléaire. … Selon les plans, des bombes conventionnelles guidées au laser ouvriraient des tunnels vers les cibles. Des armes nucléaires minis seraient alors immédiatement tirées dans une installation à Natanz, explosant profondément dans le sol pour réduire le risque de retombées nucléaires…. Les autorités israéliennes et américaines se sont rencontrées plusieurs fois pour considérer une action militaire…Des pilotes israéliens ont volé à Gibraltar ces dernières semaines pour s’entraîner pour un voyage aller-retour de 2.000 miles vers les cibles iraniennes. Trois itinéraires possibles ont été envisagés, y compris un au-dessus de la Turquie. Des escadrons israéliens basés à Hatzerim dans le désert du Neguev et à Tel Nof, au sud de Tel Aviv, se sont entraînés pour utiliser les armes tactiques nucléaires d’Israël pour la mission. … Des sources proches du Pentagone ont dit qu’il était hautement improbable que les Etats-Unis donnent leur approbation à l’utilisation d’armes tactiques nucléaires. Israël devrait chercher cette approbation après l’événement, comme il l’avait fait après avoir paralysé le réacteur nucléaire de Osirak en Irak avec des frappes aériennes en 1981. Des scientifiques ont calculé que, bien que la contamination par des bunker-busters pouvait être limitée, des tonnes de composés radioactifs seraient libérés…..Le Dr Ephraim Sneh, le ministre israélien adjoint de la Défense a dit le mois dernier que le moment approche où Israël et la communauté internationale devront décider s’ils doivent entreprendre une action militaire contre l’Iran ».

On apprend aussi (1) que le Centre interdisciplinaire d’Herzliya, université privée israélienne, a tenu sa conférence annuelle sur la sécurité d’Israël à la fin janvier. Parmi les invités, l’américain Richard Perle (…….) y déclare « une fois que l’Iran aura des armes nucléaires, il ne sera pas facile de le dissuader ou de le contenir. Il n’est pas facile de menacer de tuer une vaste population civile en réplique et de toutes manières, c’est trop tard. Alors, quand l’Iran aura-t-il la bombe ? Vous ne pouvez attendre des preuves pour prendre la décision… Il faut attaquer avec précision pour infliger des dommages critiques aux installations nucléaires, avec efficacité et rapidité. Les bombardiers B-2 et les missiles de croisière peuvent le faire. Israël devra le faire, s’il est clair qu’il y a une menace existentielle. Israël devra le faire et le Président (Bush) s’y joindra ».

Il ne s’agit donc pas de scénarios pour films de fiction ni de jeux video ! En toute discrétion, les « cercles décideurs » de l’Otan préparent le terrain pour une possible participation de l’Otan à une attaque nucléaire de l’Iran. Tout cela donne un autre éclairage à la campagne médiatique contre « le régime iranien » qui bat son plein actuellement. Le Président Ahmadinedjad y est qualifié d’ultra-conservateur, de fou des armes nucléaires, il aurait aussi fait des appels délirants à jeter tous les juifs à la mer, et nié l’existence du génocide des juifs par le nazisme etc.. Ce n’est pas l’objet de cet article de démonter toute cette propagande anti-iranienne, mais on ne peut ignorer le but poursuivi par les medias quand ils lancent ainsi mensonges, semi-vérités et amalgames. Par exemple : Ahmadinedjad n’a jamais appelé à détruire la population d’Israël, il a attaqué l’Etat d’Israël comme un Etat pratiquant l’apartheid, basé sur la doctrine raciste du sionisme. Il a estimé que ce régime est condamné à disparaître. D’autres en Europe trouvent tout à fait normal le démantèlement de la Yougoslavie, de l’Union Soviétique… pourquoi ne pourrait-on pas envisager la perspective de la disparition du régime actuel israélien et la constitution d’une fédération d’Etats souverains, incluant juifs et palestiniens, au Moyen Orient ? D’autre part, le président iranien n’a pas nié le génocide des juifs, il a dénoncé l’usage qu’en ont fait les successifs gouvernements israéliens pour se poser en peuple victime, entretenir la paranoïa sécuritaire dans la population israélienne et qualifier de défensif l’armement à outrance d’Israël.

Israël est devenu une gigantesque base militaire servant les intérêts des cercles les plus réactionnaires et va-t-en guerre des USA et de l’OTAN.

la France balayee du Moyen Orient ?

A Quel Jeu dangereux joue Chirac à la veille de son Départ de l'Elysée ?

Le chef de l'état en France est aussi le chef des armées et en matière de défense n'a de compte à rendre à personne, il est seul a décidé. Dangereux ?! Mercredi dernier, le porte avion Charles De Gaulle, et son escorte de vaisseaux de guerre avaient rendez vous avec le porte avion américain le USS John C. Stennis dans la mer d'Arabie pour soi disant des missions conjointes dans la « guerre mondiale contre le terrorisme », à l'opposé de la côte sud de l'Iran. Son arrivée porte à 3 le nombre des porte avions occidentaux stationnant dans la zone et susceptibles d'attaquer l'Iran. Les deux autres portes avions sont le USS Eisenhower et le USS Boxer.
Le Charles De Gaulle est accompagné de son escorte de vaisseaux de guerre composant la Force 473 comprenant 5 navires de guerre : le contre torpilleur FNS Cassard porteur de missiles guidés, la frégate anti- sous marin le FNS Tourville, le contre torpilleur FNS Dupleix adapté pour escorter des pétroliers et le FNS Marne, un vaisseau de commandement et d'approvisionnement. Le capitaine de cette escorte est l'amiral Xavier Magne. Les bombardiers de combat Rafale stationnés sur le porte avion doivent accomplir des missions au dessus de l'Afghanistan dans le cadre des actions de l'OTAN. Mais pour atteindre l'Afghanistan de là ou stationne le Charles de Gaulle il faut survoler l'Iran ?! Rappelons que le Charles De Gaulle est porteur de têtes nucléaires. Alors pourquoi maintenant une telle démonstration de force de la marine de guerre française dans la zone la plus dangereuse au monde, les eaux du Golfe, une zone encombrée d'une véritable Armada de navires de guerre occidentaux, où le moindre incident pourrait dégénéré en guerre mondiale ? Pour faire pression sur l'Iran, dans la bataille qui se joue au Conseil de Sécurité de l'ONU sur le programme nucléaire civil iranien ? Chirac, que beaucoup ont salué pour sa décision de refuser de partir en guerre contre l'Irak, va-t-il privilégier la force à la diplomatie, juste avant de quitter l'Elysée, dans un acte politique du type : « après moi le déluge, », histoire de semer le chaos sur la scène politique française ? L'arraisonnement d'un bateau britannique vendredi et la capture de 15 marins accusés par Téhéran d'avoir pénétré dans les eaux territoriales iraniennes et soupçonnés d'espionnage par les autorités iraniennes sont un facteur de plus de tension dans cette partie du monde où il vaut mieux éviter de séjourner.
Les familles des marins français sont elles au courant des risques encourus par leurs proches, notamment ceux de se retrouver au milieu d'un conflit armé que nul ne veut et certainement pas le peuple français et leurs représentants démocratiquement élus, à qui Chirac n'a rien dit et rien demandé. Le précédent de la guerre du Liban l'année dernière, où Chirac a donné son feu vert aux israéliens pour attaquer le Liban et la Syrie, semble-t-il, plus par esprit de revanche et débordement émotionnel suite à l'assassinat de son ami libanais le milliardaire Rafik Hariri, qu'après mûre réflexion sachant qu'il engageait la France et le peuple français, est inquiétant. Sachant ce que nous savons maintenant sur ce précédent libanais, est-il raisonnable de laisser faire Chirac, le laisser jouer à ce jeu dangereux à proximité des eaux territoriales iraniennes ? Enfin, il est urgent pendant cette campagne électorale de ramener sur le devant de la scène politique la question de la suprématie du président en matière de défense, toujours verrouillée du sceau du « secret défense » y compris pour les parlementaires. Un homme seul peut-il décider du sort de la Nation en matière de défense, du sort de millions de vie, en l'occurrence les nôtres, et de celles de nos « ennemis potentiels », puisqu'il est le seul a pouvoir déclencher une attaque nucléaire ? Chirac se plaît souvent à répéter son mantra habituel : « il faut raison garder », mais était ce bien raisonnable de pousser l'année dernière les israéliens à attaquer, sachant qu'ils n'attendaient que le feu vert de certaines grandes puissances occidentales pour mener leur campagne aérienne barbare, et est ce bien raisonnable d'aller positionner nos vaisseaux de guerre dans cette poudrière maritime que sont devenues les eaux du Golfe? Il faut raison garder, oui ! Alors, Exigeons de Chirac de faire rentrer le Charles De Gaulle à la Maison. Les informations militaires contenues dans cet article proviennent du site israélien debka.com.

Tuesday, March 27, 2007

La fin d'une epoque

Connaissez-vous Amar Saïfi, dit El Fara ?

On connaissait Amar Saïfi dit El Para. Voici maintenant Amar Saïfi, dit El Fara pour des raisons qui deviendront évidentes d’ici trois ou quatre lignes. D'après sa page publicitaire sur El-Chorouk du 24 Mars 2007, El Fara nous propose une « biographie » de Boutef, intitulée, excusez l'excès d’humilité : "Le Géant de la Politique Mondiale, le Génial Président Bouteflika".
Dans le sommaire de la "biographie" du premier volume, on peut lire, en autres débilités :
- Les grandes réalisations de Bouteflika ;
- le règlement de la dette algérienne ;- la liquidation de la mafia politique ;
- la volonté du peuple algérien d'immortaliser Bouteflika ;
- Bouteflika sera immortel ;- l'amour du peuple pour Bouteflika ;
- le peuple ne permettra pas à Bouteflika de quitter le pouvoir.
On aurait pensé qu’El Fara – de part ses prédispositions à quitter tout bateau qui menace de couler - devrait se sentir assez honteuse pour s’arrêter là, ramasser les quelques os jetés par le petit prince, et se barrer très loin… mais hélas pour toi peuple Algérien, voici qu’El Fara te menace de quatre autres volumes de la même veine…
Apparemment, même chez les rongeurs, il y a du « horr » et du « barhouch »…
On ne sait pas si les généraux Toufik et Smain ont pu lire le « livre », mais en tous cas, ils devraient quand même trouver hautement arrogante l’affirmation d’El Fara que « le scénario de l'assassinat du Président Boudiaf ne se répètera pas ». Les encenseurs d’alors avaient bien dit au pôvre Boudiaf que tout le peuple était derrière lui...
D’après le rapport du « professeur » Riddouh, c’est le seul Boumaarafi qui se trouvait « derrière » Boudiaf au théâtre de Annaba… Après ce « livre » qui propose à Boutef l’immortalité contre quelques viles bénéfices terrestres, il serait intéressant pour El Fara de plancher sur la « biographie » d’un autre grand patriote, le dénommé £’Harki Belkheir. On ose lui suggérer le sommaire qui suit :
- Le règlement de la dette de £’Harki Belkheir et la saturation de ses comptes en Suisse ;- Par vases communicants: l’explosion de la dette de la RADP ;
- La volonté du peuple de ne pas laisser Belkheir au Maroc, mais de le juger à Alger pour haute trahison ;
- Le peuple ne permettra pas à Belkheir de quitter le pouvoir… normalement ;
- L'amour de Belkheir pour l’argent des indigènes.
Pour le bien de l’Algérie, espérons seulement que le « livre » d’El Fara sur Boutef sera un oiseau de mauvais augure pour le principal intéressé. D’autant plus que des sources journalistiques habituellement bien informées nous apprennent que le général £’Harki Belkheir, sentant la khmira des 80 milliards lever, s’apprête à quitter Rabat pour rentrer à Alger. Est-ce pour amener Boutef au musée ou bien au « théâtre » ?

Mounir Sahraoui
27 mars 2007
http://institut.hoggar.org/modules.php?name=News&file=article&sid=236

Monday, March 26, 2007

Que sais-tu du noble Livre ?

Au Nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Certes, la Louange est à Allah. Nous Le remercions, nous Lui implorons secours, nous Lui demandons le pardon et nous nous repentons auprès de Lui. Nous Lui demandons de nous protéger contre le mal qui existe en nous et contre les mauvaises actions que nous commettons. Celui qu’Allah guide (vers le droit chemin), nul ne pourra l’égarer, et celui qu’Il égare, nul ne pourra le guider. Et j’atteste (je témoigne) qu’il n’y a de divinité digne d’être adorée qu’Allah l’Unique, nul associé à Lui. Et j’atteste que Mohammed est Son adorateur et Son messager, que la Paix et le Salut d’Allah soient sur lui, sa famille, ses compagnons et ceux qui les ont parfaitement suivis. Assurément, la science de l'unicité d’Allah est la plus noble, celle qui a le plus de valeur et que l’on doit le plus rechercher ; elle est aussi la plus fondamentale de toutes les sciences, car c'est celle qui nous permet de connaître Allah, Ses Noms et Ses Caractères et ainsi que les droits qu’Il a sur Ses serviteurs.



Al Quran
Uploaded by NASHECOL


Au Nom d'Allah le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux
As-Salamou 'Alaykoum wa rahmatoullahi wa barakatouhou Que la Paix d'Allah Le Tout Miséricordieux et Sa Miséricorde vous accompagne
Au Nom d'Allah, Aidons nos frères et soeurs qui souffrent, par nos invocations et nos biens « Tout ce que vous dépensez au service de Dieu, II vous le remplace » [ Sourate 34 - verset 39 ] Seigneur, Tu entends nos prières, Tu connais nos secrets, et ce que cachent nos coeurs ne peut T’être dissimulé. Nous T’adressons la supplique de ceux qui sont dans le besoin et affaiblis; nous n’avons d'autre Dieu que Toi auquel nous nous adressons, ni d’autre Miséricordieux duquel nous espérons Sa Miséricorde Seigneur, Embellis-nous par la beauté de la foi, et Fais de nous des guides bien guidés. Seigneur, Ouvre nos coeurs à l’Islam et à la foi. Seigneur, Fais dans nos oeuvres une facilité, Fais qu'après la diffculté vienne la facilité et facilite nous toutes nos affaires. Jazakoum Allahou kheyr - Qu'Allah vous récompense grandement


Tawhid
Uploaded by NASHECOL

Sunday, March 25, 2007

Pasqua, Sarkosy, Bruguiere, la DST, Lamari S., Tewfik et les moines de Tibherines


Quand est-ce que Armand Veilleux deposera plainte contre Tewfik, Smain Lamari, leurs maitres de la DST dont Nicolas Sarkosy pour obstruction faite au deroulement de l'enquete ? Quand est-ce que le cinema de Sarkosy et Bruguiere prendra fin ? Pourquoi les moines trappistes ne demandent-ils pas l'audition de monseigneur Luciano Guerrato du Vatican ? A quoi jouez-vous Monsieur Armand Veilleux ? Quelle difference faites-vous entre le DRS et la DST ? Vous savez qu'il n'y en a pas ....

Les intentions de prière du ministre Sarkozy et du cardinal Barbarin

État de l’enquête sur l’assassinat des moines de Tibhirine


Armand Veilleux, 23 mars 2007


Dans la France républicaine, fière de sa laïcité, il arrive que des circonstances se présentent où franchir la ligne rouge entre l’État et l’Église semble servir les intérêts de tout le monde. C’est ainsi qu’un ministre de la République et un cardinal de l’Église de France, très proches l’un de l’autre, se sont rendus récemment en Algérie, l’un après l’autre. En novembre 2006, le ministre n’a pas manqué de donner à l’étape de sa campagne électorale en France qu’était cette visite en Algérie une dimension religieuse par une visite hautement médiatisée à Tibhirine. Et en février 2007, la visite du cardinal de Lyon, bien qu’ayant très clairement une intention œcuménique et religieuse, n’a pas manqué de revêtir une dimension politique hautement désirée par le pouvoir algérien.

Crainte, en Algérie, d’une enquête internationale sur les années de violence
Le cycle infernal de violence dans lequel l’Algérie a été engouffrée durant une bonne dizaine d’années s’est très heureusement fortement calmé ces dernières années. Il ne reste plus que ce que le régime appelle une « violence résiduelle » – à peine quelques dizaines de victimes par-ci par-là – et qui, d’ailleurs, servent à convaincre la communauté internationale de l’importance de poursuivre la lutte contre le terrorisme avec les mêmes armes que par le passé. Mais de nombreux organismes internationaux de défense des droits de l’homme, à commencer par Amnistie Internationale, ont demandé à plusieurs reprises par le passé que soit ouverte une enquête internationale sur les crimes contre l’humanité commis durant cette longue guerre civile (car c’en était bien une, même si le régime interdit de le dire), aussi bien par les islamistes que par les forces de sécurité. Le régime algérien s’est donné une loi d’amnistie fort bien cadenassée ; mais les responsables savent bien qu’il n’y a pas de prescription concernant les crimes contre l’humanité. Aussi est-il d’une extrême importance pour eux de « tourner la page » sur cette douloureuse période, de faire rentrer l’Algérie dans la communauté des nations « démocratiques », se montrant d’ailleurs à la tête du peloton de la grande coalition internationale contre le « terrorisme ». Et la France, qui n’a jamais surmonté son sentiment (d’ailleurs bien fondé) de culpabilité concernant l’Algérie, voudrait aussi que cette page soit tournée, et surtout avant qu’elle ne soit lue jusqu’au bout.

Instruction de la justice française en cours

Dans ce contexte, une chose ennuie terriblement aussi bien le régime algérien que les politiciens français. C’est que l’État français s’est trouvé en quelque sorte piégé par l’indépendance de sa Justice, lorsqu’une plainte avec constitution de partie civile ayant été déposée, une instruction a été ouverte il y a plus de trois ans sur la mort des moines de Tibhirine. Que presque aucune des quelque 200 000 victimes algériennes n’ait bénéficié d’une enquête sur les conditions de sa mort, cela ne trouble pas le régime algérien. D’ailleurs, la récente loi d’amnistie et surtout ses décrets d’application interdisent – sous peine d’amendes et de prison – aux familles des quelques dizaines de milliers de disparus de mentionner l’enlèvement des leurs par les forces de sécurité. Mais l’Algérie ne pouvait empêcher qu’une enquête soit ouverte en France sur la mort des moines de Tibhirine. Et pour la France, une fois que cette enquête a été ouverte, il faut bien jouer le jeu ; et ce jeu est quand même soumis à certaines normes qu’un État de droit se doit de respecter.

C’est pourquoi, pour le moment, la grande préoccupation des autorités algériennes est d’enfoncer le clou de la « version officielle » et non seulement de répéter mais de faire répéter par des autorités étrangères, civiles et ecclésiastiques, que ces admirables moines chrétiens ont été éliminés par de fanatiques islamistes. Plus cette affirmation sera répétée, plus on oubliera qu’elle n’est qu’une partie de la vérité et moins on jugera nécessaire de se demander par qui étaient téléguidés les islamistes en question.

Même la presse catholique française semble désormais préférer que cette question soit classée une fois pour toutes. Consciemment ou inconsciemment, certains de ses plus importants médias font en tout cas aujourd’hui objectivement le jeu des généraux algériens. C’est ainsi que, le 8 mars 2007, à la grande stupeur de ceux qui connaissent un peu de l’intérieur la situation algérienne, le quotidien La Croix – jusque-là pourtant beaucoup plus circonspect et prudent sur les affaires algériennes, et notamment l’assassinat des moines – donnait l’hospitalité à une interview de Mounir Boudjemâa (sur le thème « La violence terroriste est-elle en train de renaître en Algérie ? »), présenté comme un « spécialiste des questions de sécurité » en Algérie, mais considéré dans les milieux de la presse comme un journaliste très lié au DRS, dans la grande tradition d’une presse algérienne « indépendante » relayant complaisamment la désinformation des « services ».

Visite du ministre Sarkozy à Tibhirine

Monsieur Sarkozy a bien joué le jeu. Tout en se rendant à Tibhirine pour y lire le Testament de Christian de Chergé, il a bien précisé qu’il ne le faisait pas en tant que chrétien, mais en tant que responsable de la France républicaine (« ce n’est pas la démarche d’un Français ou d’un chrétien, mais celle d’un homme de paix, de rencontre, entre l’Algérie, la France, des musulmans et des chrétiens »). Dans le discours qu’il prononça le 14 janvier 2007 lors de son auto-sacre comme candidat de l’UMP à la présidence de la République française, il instrumentalisa Christian (en même temps que Pascal, Voltaire, Jaurès, l’abbé Pierre et bien d’autres) allant jusqu’à présenter Christian de Chergé comme faisant « honneur à la France laïque et républicaine ». Monsieur Sarkozy prétend avoir beaucoup appris de Christian. On se demande quoi. Car que peut-il y avoir de commun entre la préoccupation brûlante qu’avait Christian du respect de la « différence » et la froide cruauté aussi bien des propos que de l’attitude de Nicolas Sarkozy à l’égard ceux qu’il appelle de la « racaille » et qu’il traite en conséquence ?
D’ailleurs, il est de tradition chez certains politiciens français de récompenser les autorités algériennes pour leurs largesses à leur égard. Ainsi, après le faux enlèvement, parfaitement bien réussi, des trois fonctionnaires du consulat français à Alger (Jean-Claude et Michèle Thévenot et Alain Fressier), le 24 octobre 1993, et l’arrivée de sommes importantes dans les caisses électorales du RPR, Charles Pasqua s’empressa de faire rafler une centaine d’Algériens dissidents présents en France (sur la liste de six cents réclamés par la Sécurité militaire algérienne). De même, depuis son retour d’Alger, Monsieur Sarkozy s’est mis au travail et, le 22 février 2007, par un décret ministériel, ignorant totalement l’avis de la justice, il expulsait Lahouari Mohamedi, un Algérien de trente-cinq ans, vivant en France depuis près de quinze ans, marié à une Française et père de trois enfants.

Tout de suite après la tragédie de Tibhirine, l’Ordre cistercien forma le désir de retourner à Tibhirine même. Une petite communauté s’établit à Alger, dans la résidence du cardinal Duval, attendant que le retour à Tibhirine soit possible. Devant la volonté constante des autorités algériennes de les instrumentaliser, en ne leur permettant de visiter Tibhirine que sous une protection militaire tellement élaborée et dramatique qu’elle relevait plus du folklore et du vaudeville que de la sécurité, l’Ordre renonça à ce retour à Tibhirine au moins aussi longtemps que les circonstances ne seraient pas radicalement différentes. On savait qu’en se pliant à cette prétendue protection, qu’avaient toujours refusée les moines de Tibhirine, on s’aliénerait la population locale.

Lors du dixième anniversaire de la mort des moines de Tibhirine, plusieurs membres de l’Ordre cistercien et des familles des moines assassinés avaient prévu un pèlerinage à Tibhirine. Ce pèlerinage fut annulé à cause de la volonté du gouvernement de ne laisser aucun de ces « pèlerins » circuler en Algérie sans protection militaire et aussi à cause de la loi sur l’amnistie qui pouvait facilement être utilisée contre quiconque aurait eu une parole déplaisant au régime. Lors de la visite du ministre Sarkozy et à l’approche de la visite du cardinal Barbarin, des journalistes algériens téléguidés par le pouvoir eurent la malhonnêteté de comparer le courage de ces « pèlerins » d’aujourd’hui à la crainte qui aurait empêché les moines et les familles d’aller à Tibhirine l’an dernier. La différence est plutôt dans le fait que, l’an dernier, les moines et les membres des familles refusèrent de se laisser instrumentaliser.

Pèlerinage du cardinal Barbarin à Tibhirine

Le pèlerinage conjoint d’un groupe de Musulmans de France, sous la direction d’Azzedine Gaci, président du Conseil régional du culte musulman (CRCM) de Rhône-Alpes, et d’un groupe de Chrétiens sous la direction du cardinal Barbarin est certes un geste œcuménique dont on doit se réjouir. Mais l’empressement du gouvernement à les accueillir, prenant à sa charge leur voyage, et à leur faciliter l’accès aux lieux à visiter, n’était peut-être pas totalement désintéressé. D’ailleurs, les autorités algériennes n’ont pas hésité à souligner plus d’une fois dans leurs discours l’importance que revêtait ce voyage pour « restaurer l’image de l’Algérie » ternie par des années de violences. D’autres auraient aimé mieux faire la distinction entre restaurer l’image de l’Algérie et légitimer un régime qui a beaucoup de sang sur les mains. Et puis, quoi de plus touchant que de voir des Musulmans et des Chrétiens prier ensemble sur la tombe de Chrétiens assassinés par des islamistes ! Une fois de plus on enfonce le clou de la version officielle.

Une chose dans ce pèlerinage reste fort troublante. À Rome, depuis l’incident de Ratisbonne en septembre 2006, on s’est remis à parler à qui mieux mieux de « dialogue avec l’Islam », mais en situant ce dialogue essentiellement sur les plans culturel et humanitaire. D’ailleurs, le jésuite Samir Khalil Samir, à qui l’on attribue l’introduction de la malencontreuse citation dans le discours du pape à Ratisbonne, ne manque plus sa chance d’écrire que le dialogue avec l’Islam « a commencé à Ratisbonne », balayant d’un revers de main tout ce qui a existé auparavant et qui se considérait comme « dialogue ». Or, dans ce récent pèlerinage à Tibhirine, l’occasion en or se présentait de souligner le fait que si le dialogue au niveau des idées théologiques et philosophiques est difficile et peut-être impossible, comme on le croit à Rome actuellement, le dialogue au niveau de l’expérience spirituelle est fort possible, comme nos frères de Tibhirine l’ont démontré par de longues années de communion avec la population musulmane qui les entourait. Célébrer nos frères de Tibhirine comme des martyrs en ne soulignant que leur mort aux mains d’extrémistes, c’est oublier leur véritable témoignage, leur véritable martyre. Malheureusement, aussi bien le ministre Sarkozy que le cardinal Barbarin et tous ceux qui les accompagnaient, y compris les journalistes, ont été soigneusement et hermétiquement protégés de tout contact avec la population locale, donc de tout contact avec ceux avec qui nos frères avaient vécu le dialogue durant de nombreuses années. Les rangées de soldats le long de la route à l’approche du monastère, au cours de ces deux récents pèlerinages, rappelaient tristement le folklore qui accompagna notre voyage à Tibhirine, il y a onze ans, pour l’enterrement des restes de nos frères. Déjà alors, nous étions bien conscients que nous n’avions à être protégés de personne sinon de nos protecteurs.

État de l’instruction du juge Bruguière

Rien de cela n’est étranger à l’enquête judiciaire confiée prudemment par la Justice française au juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière. L’étape algérienne de cette enquête est terminée depuis plusieurs mois. Le juge Bruguière avait transmis aux autorités algériennes une liste très détaillée de questions touchant tous les aspects de l’affaire ; et les autorités algériennes ont répondu très consciencieusement. En lisant les centaines de pages que constituent ces dépositions, on en retire comme principal constat que désormais on a des preuves de ce qu’on savait. On savait depuis le début qu’on nous mentait. On en a maintenant des preuves. Ces preuves résident dans les contradictions que comportent ces dépositions.

Ainsi, dans une des dépositions faites par les services algériens, l’armée algérienne, lors d’une opération de ratissage et de fouille menée dans les monts de Bougara, aurait découvert, le 24 novembre 2004, dans une casemate qui était utilisée par le GIA des documents appartenant aux sept moines, et qu’on nous décrit en détail. Or, beaucoup plus loin, dans le même dossier, une autre déposition nous décrit comment ces mêmes objets (avec description détaillée identique) ont été découverts à Médéa en mai 1996, dans une pochette en plastique, accrochée à une clôture, avec les têtes des frères.

On nous dit aussi de Mohamed Ben Ali, le gardien du monastère, que « s’agissant d’un témoin des faits, aucune procédure judiciaire ne l’a concerné, ni ne le concerne à présent ». C’est faux, car nous savons que Mohamed a été arrêté quelque temps après l’événement, gardé prisonnier durant plusieurs mois, avant d’être soumis à un procès au terme duquel il fut relâché comme innocent. On a vraiment l’impression que le but de ce procès était de faire apparaître tout à coup un « témoin », Larbi Benmiloud, qui aurait été enlevé avec les frères, et aurait ensuite réussi à s’enfuir. Il a donc pu, à ce procès, décrire en détail les divers endroits où les frères auraient été conduits. Sa mémoire, qui semble beaucoup trop précise pour être vraie, le trahit cependant parfois. Ainsi, dans une déposition, il dit que les frères ont été emportés dans une voiture de marque Daewoo ; et dans une autre déposition, il affirme n’avoir pu identifier la voiture à cause de l’obscurité.

On nous donne à quelques reprises les noms des islamistes venus enlever les moines. Évidemment, ils sont tous morts depuis et ne pourraient donc pas témoigner ! On connaît les circonstances dans lesquelles chacun d’eux a été éliminé, sauf un. De l’un d’entre eux en effet, un certain « Maïzi Mohamed », toujours placé en tête de la liste, on dit, avec une ingénuité incroyable, que « les circonstances de sa neutralisation sont indéterminées ». On peut probablement traduire qu’il a réintégré les rangs des services secrets.

La figure obscure de Djamel Zitouni

L’opération de l’enlèvement des moines, selon ce qu’on a toujours dit, a été dirigée par Djamel Zitouni, l’« émir national » des GIA. Il n’y a probablement pas de raison d’en douter. Mais des témoignages nombreux et concordants apportés depuis plus de dix ans, dans des enquêtes et des procès divers, affirment que Djamel Zitouni était utilisé et manipulé par les services secrets de l’armée algérienne (le DRS, ex-Sécurité militaire). C’est là le point principal sur lequel devrait se concentrer l’enquête judiciaire. La question à laquelle l’enquête devrait trouver une réponse est celle-ci : dans l’enlèvement des moines, Djamel Zitouni a-t-il travaillé en son nom propre, par fanatisme religieux, ou agissait-il sous les ordres d’autres personnes pour des motifs plus politiques que religieux ? Tout au long des dépositions faites en Algérie, dans le cadre de l’enquête Bruguière, un malaise se perçoit autour de ce personnage. D’ailleurs, un certain nombre des personnes qui font leur déposition, comme par exemple Ali Benhadjar, ne peuvent s’empêcher de répéter ce qu’ils avaient dit auparavant, tout en mesurant un peu plus leurs mots (vu les dangers qu’ils courent en parlant ainsi depuis la promulgation de la loi d’amnistie), à savoir que les services secrets étaient impliqués et que Zitouni avait des liens avec eux.

Le témoin Abdelkader Tigha

Le rôle – qui n’est contesté par personne – de Zitouni dans l’enlèvement des moines et ses liens avec les services secrets algériens demeurent l’élément central de l’enquête. Mais il y a aussi en cette affaire un témoignage additionnel de grande importance. C’est celui de Abdelkader Tigha, un ex-sous-officier du DRS, posté à Blida à l’époque du drame de Tibhirine et qui a choisi l’exil fin 1999 : tout au long d’un périple souvent dramatique d’un pays à l’autre, il n’a cessé d’affirmer sa volonté de témoigner sur les terribles exactions du DRS dont il a été témoin, et notamment sur le rôle de ses agents dans l’enlèvement des moines (ce qu’il a fait notamment dans une déclaration circonstanciée donnée au quotidien français Libération en décembre 2002). Dans les dépositions faites en Algérie pour l’enquête du juge Bruguière, on est surpris de l’acharnement avec lequel on s’efforce de décrédibiliser ce témoin – utilisant d’ailleurs les mêmes arguments employés pour décrédibiliser quiconque a fait défection des services secrets : c’était un voleur, etc. Depuis 2000, les autorités algériennes poursuivent ce témoin qu’elles disent sans valeur, à travers tous les pays où son odyssée l’a conduit, essayant par tous les moyens d’empêcher quelque pays que ce soit de lui attribuer l’asile politique et essayant de le faire rapatrier en Algérie, pour lui faire subir un sort que l’on peut facilement deviner. On voit difficilement comment expliquer cet acharnement – plus grand à son égard qu’à l’égard de tout autre dissident – s’il n’avait pas des choses inquiétantes à révéler. De même, on comprend un peu pourquoi le juge Bruguière ne s’est pas précipité pour l’interroger ou le faire interroger, même si l’on sait les difficultés liées à une audition dans un autre pays. Au moment où j’écris ces lignes, Tigha est en France depuis quelques semaines, ayant fui les Pays-Bas tout juste avant de se faire expulser. Tigha ayant demandé l’asile en France, on tremble à la pensée que son sort – et sans doute, en définitive, sa vie – dépende du ministre Sarkozy.

Le mystère du journaliste Didier Contant

Peu après le dépôt de la plainte (en décembre 2003) demandant l’ouverture d’une enquête judiciaire, un journaliste français indépendant, Didier Contant, avait enquêté en Algérie sur les circonstances de l’enlèvement et l’assassinat des moines et sur Abdelkader Tigha. Sans que l’on en connaisse les raisons (et les éventuels commanditaires), de nombreux éléments indiquent que la mission qu’il s’était donnée était de décrédibiliser Tigha. Après avoir enquêté essentiellement dans les milieux des services secrets et avoir effrayé la famille de Tigha en la visitant avec un journaliste algérien notoirement proche du DRS, Contant revint à Paris, où il se suicida quelques jours plus tard en se défenestrant, le 15 février 2004. L’enquête de la Brigade criminelle (qui ignorait tout de l’« affaire Tibhirine ») attesta, témoignages incontestables à l’appui, la réalité du suicide, lequel avait très vraisemblablement des motifs personnels sans rapport direct avec l’enquête menée en Algérie. Pourtant, curieusement, les autorités algériennes et toute la presse téléguidée par le régime n’ont cessé depuis lors de faire de Didier Contant une victime de ceux qui n’acceptent pas comme du bon pain la version officielle concernant l’assassinat des moines de Tibhirine. On a même parlé de la « huitième victime de Tibhirine » : cette expression – quelque peu choquante pour les proches des sept moines de Tibhirine -- est devenue le titre d’un livre publié par une amie de Didier Contant en février 2007, simultanément en France et en Algérie – circonstance parfaitement exceptionnelle au regard de l’extrême faiblesse de l’édition algérienne, et qui suppose nécessairement l’implication directe des « décideurs » des services secrets. Sans nécessairement avoir à mettre en cause la sincérité des motivations de son auteure, force est de constater que ce livre arrive en tout état de cause à point nommé dans les efforts concertés pour enterrer l’enquête du juge Bruguière.

Qu’attendre de l’instruction du juge Bruguière (ndlr: Franchement rien, il couvre les criminels de guerre qui ont cree le GIA, deposez plainte contre lui...)

Que faut-il attendre de l’enquête judiciaire en cours ? Il est à craindre qu’à plus ou moins brève échéance elle soit close par le juge d’instruction avec un verdict de « non-lieu », tous les coupables officiels connus étant morts et le juge Jean-Louis Bruguière ayant annoncé le 16 mars 2007 sa décision de se présenter aux élections législatives sous l’étiquette de l’UMP, le parti de Nicolas Sarkozy, et de « se mettre en disponibilité afin de pouvoir mener sa campagne électorale dans le respect de la loi ». Et d’ailleurs, comment ce juge, qui expliquait récemment à Christophe Lucet du journal Sud Ouest Dimanche (édition du 7 janvier 2007) son étroite collaboration avec les services secrets du Maghreb aussi bien qu’avec la DST, pourrait-il mettre en accusation ses amis ? Comment le général Philippe Rondot – haut responsable de la DST française quand il tenta vainement, en 1996, d’obtenir la libération des moines – pourrait-il soupçonner de quoi que ce soit le général Smaïn Lamari (le numéro deux du DRS, soupçonné d’avoir joué un rôle central dans l’enlèvement des moines), à qui il doit en 1994 de lui avoir mis entre les mains le tueur Illich Ramirez Sanchez, alias « Carlos », recherché mondialement, et d’avoir ainsi sauvé sa carrière ? Comment la DGSE et la DST, les deux services secrets français, accepteraient-ils de décrire comment ils se sont court-circuités en cette affaire (ce dont ils s’accusent depuis mutuellement de façon ouverte) ? Mais lorsque le juge Bruguière aura publié ses conclusions, si celles-ci n’aboutissent pas à une mise en accusation, il y aura lieu de faire appel. Alors on peut espérer qu’une deuxième étape, toute différente, de l’enquête commencera.

http://www.algeria-watch.org/fr/article/news/etat_enquete.htm

Saturday, March 24, 2007

La fin des croises sionistes au Moyen Orient


L’ascension et le déclin des Néo-conservateurs



Voici le deuxième volet de la série de Jim Lobe sur les néoconservateurs, couvrant la période allant du « Clean Break », un mémo s’opposant au processus d’Oslo adressé à Bibi Netanyahou, jusqu’au 11 septembre qui leur a permis de mettre en oeuvre leur programme.



Par Jim Lobe & Michael Flynn


Une rupture nette : Nouvelle stratégie pour sécuriser le royaume
[A Clean Break : A New Strategy for Securing the Realm]

A peu prés au même moment ou Kristol et Kagan développaient leurs idées et créaient une structure institutionnelle (le PNAC) pour les faucons partageant leurs idées, un groupe de travail de néoconservateurs pro-Likoud mené par Perle à l’AEI et organisé par l’Institut pour les Etudes Stratégiques et Politiques Avancées- Institute for Advanced Strategic and Political Studies basé en Israel travaillait sur une stratégie pour affranchir Israel du processus de paix d’Oslo et de la formule de « la terre en échange de la paix » qui avaient présidé à la politique des États-Unis depuis la guerre Israelo-Arabe de 1967. Rédigé par David Wurmservec l’appui d’un ensemble de conseillers néoconservateurs, y compris le protégé de Perle (et plus tard sous-secrétaire pour la politique de défense) Douglas Feith, le document intitulé “Clean Break” cherchait essentiellement a persuader le premier ministre israélien nouvellement élu Netanyahou de « déstabiliser et faire reculer » le gouvernement Baasiste en Syrie afin de transformer l’équilibre des forces régionales.


Le document soulignait que le but serait atteint plus facilement si Saddam était remplacé par un gouvernement pro-Occidental : « [chasser] Saddam Hussein du pouvoir en Irak [est] un objectif stratégique israélien important en soi. » Wurmser, qui sous Bush a occupé des postes essentiels au Pentagone, au Département d’Etat, et qui depuis la fin 2003 a servi comme un de conseillers principaux de Cheney sur le Moyen-Orient, a plus tard longuement développé ce thème dans des publications ultérieures.


Le PNAC a efficacement incorporé la stratégie régionale Moyen-Orientale « Clean Break » du groupe dans ses premiers rapports publics. En 1998, le PNAC publiait deux lettres ouvertes concernant l’Irak : une au Président Bill Clinton en janvier, et plusieurs mois après, une autre au leadership républicain du congrès. Ces missives affirmaient que la stratégie de retenue contre l’Irak n’était ni efficace ni soutenable. « La seule manière de protéger les Etats-Unis et ses alliés contre la menace des armes de destruction massive [est] de mettre en place des politiques qui mèneraient à chasser Saddam et son régime du pouvoir, » notait la deuxième lettre. Parmi les signataires de ces lettres se trouvaient Rumsfeld, Wolfowitz, Rodman, Abrams, Khalilzad, Bennett, Perle, Bolton, Woolsey, et deux personnes faisant partie de l’élite de la tendance réaliste en politique étrangère, Richard Armitage et Robert Zoellick, qui plus tard regretteront leur association avec les néoconservateurs. Les deux lettres ouvertes sur l’Irak devenaient une partie de l’effort de lobbying intense mené par les néoconservateurs pour un changement en la matière - Perle et Wolfowitz ont joué un rôle majeur dans cet effort- qui a eu comme conséquence le passage au Congrès plus tard dans la même année du Iraq Liberation Act, faisant du « changement de régime » en Irak la politique officielle des États-Unis.


Pendant les années ayant précédé l’élection de George W. Bush, le PNAC a publié un certain nombre de lettres ouvertes et d’ouvrages supplémentaires sur un éventail de sujets, touchant à tout, de la défense de Taiwan à la nécessité de renverser Slobodan Milosevic, qui semblent en partie avoir servi de tremplin pour atteindre d’autres horizons du paysage politique des États-Unis. Comme les premières lettres ouvertes du PNAC, elles ont été soutenues par une brochette variée de l’élite politique. Ces alliances ont aidé à légitimer les objectifs définis dans l’agenda du PNAC et se sont révélées critiques quant au soutien de l’agenda néoconservateur à la suite du 11 septembre.

Bush et le 11 septembre


Dans la course aux élections de 2000, le PNAC publiait “Rebuilding America’s Defenses” [Reconstruire les défenses de l’Amérique] et Present Dangers [les dangers actuels], un mémorandum et un livre conçus pour créer une plateforme de politique étrangère pour le candidat présidentiel républicain. Quand George W. Bush a gagné les primaires républicaines, cependant, le PNAC et ses leaders néoconservateurs ont été déçus : Bush avait fait campagne sur l’idée que les Etats-Unis devraient être une puissance globale « humble ». Cette vue du candidat Bush est le fait de Condoleezza Rice, une protégée de l’ancien conseiller de sécurité nationale et réaliste notoire, Brent Scowcroft. Dans un article de 2000 dans le Foreign Affairs, Rice écrivait : « La réalité est que peu de grandes puissances peuvent radicalement affecter la paix, la stabilité, et la prospérité internationales. » Cette perspective était en désaccord flagrant avec l’agenda néoconservateur. Comme William Kristol l’a indiqué : « Nous n’avions pas de grands espoirs concernant Bush en tant que président de politique étrangère. »

Mais comme les premiers rendez-vous du Président Bush l’ont montré clairement, les néoconservateurs avaient peu de raison de désespérer. Sa déférence évidente pour Cheney a offert aux faucons un biais exceptionnellement influent pour agir, en particulier après que Cheney choisisse Libby comme chef d’un personnel exceptionnellement grand de sécurité nationale. C’était sous la suggestion de Cheney qu’un deuxième membre fondateur du PNAC, Rumsfeld, a été choisi comme secrétaire de la défense. De même, ce fut à la demande de Cheney que Wolfowitz- plutôt que Armitage, le candidat du secrétaire d’état Colin Powell- a été nommé député du secrétaire de la défense. Grâce a un lobbying appuyé de Perle, Feith a obtenu d’être le porte-parole de la politique du Pentagone- un poste exceptionnellement influent dans l’optique de la Guerre d’Irak - tandis que Rodman se voyait propulsé secrétaire adjoint pour les affaires de sécurité internationale. Pendant les premiers mois de la nouvelle présidence, la question-clé était : qui donc Bush qui est un débutant en politique étrangère, écoutait-il finalement ? Les réalistes, vraisemblablement menés par les favoris de son père, Rice et Powell, ou les faucons, Rumsfeld, Cheney, et leurs conseillers essentiellement néoconservateurs ?

Le fait qu’il existait une profonde scission au sein de l’administration est bientôt devenu absolument clair. Ce fossé est peut-être apparu de la façon la plus ouverte en début mars 2001 au moment d’une visite du Président de la Corée du sud Kim Dae Jung, quand Bush a publiquement contredit le soutien explicite de Powell à la « politique lumineuse » de Kim envers la Corée du Nord et de l’ Agreed Framework de Clinton de 1994. Cette division a encore émergé après l’incident d’Hainan d’avril 2001, une collision entre un avion de guerre chinois et un avion espion des États-Unis qui a eu comme conséquence la détention par Pékin de l’avion et de l’équipage américains pendant 10 jours sur l’île de Hainan. En réponse aux déclarations d’excuse de Bush vers la Chine pour la mort du pilote chinois, dont l’appareil s’était brisé, et pour l’atterrissage forcé [de l’avion américain] sur Hainan, les néoconservateurs ont fortement réprimandé le président pour avoir essayé d’apaiser Pékin. Écrivant dans le Weekly Standard, Kristol et Kagan ont fustigé l’épisode dans son entier comme étant « une humiliation nationale » et ont considéré que les efforts diplomatiques pour désamorcer la crise menés par Powell, qu’ils avaient choisi de blâmer, « ont représenté une capitulation partielle, avec des conséquences réelles. »

Bien que Powell et les réalistes aient eu gain de cause dans cette crise - comme c’est depuis généralement le cas en ce qui concerne les relations avec la Chine - Le 11 septembre provoquera une bascule définitive de l’équilibre du pouvoir dans l’administration en faveur des faucons. Plus que toute autre faction politique aux Etats-Unis, les néoconservateurs ne pouvaient être mieux préparés a cet évènement dramatique, leur permettant de répondre rapidement d’une manière conforme a leur agenda. Comme déjà indiqué ci-dessus, neuf jours seulement après le 11 septembre, le PNAC a publié sa lettre la plus provocatrice, invitant le président à renverser Saddam Hussein « même si les preuves ne relient pas directement l’Irak à l’attaque. »


Mais les membres du PNAC n’étaient pas les seuls à partager l’idée que le 11 septembre pouvait être utilisé comme tremplin au remodelage du Moyen-Orient. En effet, dans les heures qui ont suivi les attaques, Rumsfeld a suggéré à un assistant que le 11 septembre pourrait être employé pour justifier le renversement de Saddam, selon des notes rendues publiques depuis. Le partisan le plus bruyant pour s’en prendre à l’Irak restait Wolfowitz, qui avait fait pression dans ce sens à plusieurs reprises lors des réunions de camp David pendant la première semaine critique qui avait suivi les attaques. Pendant ce temps, Perle a rassemblé le DPB pour recommander des options politiques. De façon pour le moins inattendue, il avait invité l’exilé irakien Ahmed Chalabi à participer à ces démarches très secrètes. Il apparaît qu’après le 11 septembre, le réseau des faucons et des néoconservateurs qui avaient fusionné autour de l’agenda fondateur du PNAC s’était mobilisé d’une manière solidement coordonnée pour façonner la réponse de l’administration aux attaques terroristes et pour rassembler le public derrière leur nouvel agenda.


Plusieurs mesures initiales adoptées par l’administration au niveau global pendant les semaines qui ont suivi le 9/11 portaient la marque du projet DPG. Les déploiements des forces des États-Unis ont été remarquablement disséminés - allant des Philippines, de la Géorgie, et à Djibouti - sachant que la cible principale de la guerre contre la terreur a été déclarée comme étant l’Afghanistan. Et bien que la sécurisation de l’accès aux bases militaires en Ouzbekistan et au Kyrgyzstan semblait notablement plus appropriée quant a l’éloignement des Talibans du pouvoir et la chasse des chefs d’Al-Qaida, elle a également atteint l’objectif géopolitique plus vaste d’établir une présence militaire potentiellement permanente au coeur de l’Asie centrale, près de la Chine et de la Russie. Le rejet effectif de l’OTAN par Washington et sa préférence avouée pour la « coalition de la volonté » menée par les États-Unis - représentaient deux dispositifs que l’on peut attribuer au projet DPG. Les idées de ce projet DPG avaient également fait leur chemin dans la rhétorique de l’administration peu de temps après le 11 septembre, y compris la préoccupation de l’administration concernant les efforts d’acquisition d’ADM par les « états voyous », qui a été répété par Bush dans son discours sur l’Etat de l’Union de janvier 2002, quand il a prononcé sa fameuse phrase énumérant l’Irak, l’Iran, et la Corée du Nord comme formant un « axe de mal. » Le concept de préemption s’est également glissé dans ce discours ; le président avait averti que les Etats-Unis « n’attendraient pas les événements alors que les dangers s’amoncelaient » ou bien si d’autres pays étaient « timides face à la terreur. » Juste un an après le 11 septembre, les concepts principaux du projet DPG devenaient la politique officielle des États-Unis avec la publication de la première stratégie de sécurité nationale de Bush en septembre 2002.

Les plans des faucons au niveau régional avaient également commencé à démarrer peu de temps après le 9/11, comme indiqué par la réaction immédiate de Rumsfeld aux attaques et l’exhortation de Wolfowitz au cours des réunions de camp David quelques jours plus tard. La planification active d’une invasion de l’Irak commençait - au plus tard- en début 2002. Sans « plan militaire immédiatement disponible (Bob Woodard) » pour répondre à une attaque comme celle du 11 septembre, l’administration fut sensible a des idées qui apparaissaient avoir peu de liens avec le 11/9 - y compris des idées du « Clean Break » écrit le journaliste George Packer : « L’idée d’un remodelage du Moyen-Orient en renversant Saddam Hussein a été proposée la première fois par un groupe de décisionnaires politiques et d’intellectuels juifs qui étaient proches du Likoud. Et quand le deuxième Président Bush a regardé autour de lui pour trouver une manière d’appréhender l’ère inconnue qui s’était ouverte le 11 septembre 2001, il y en avait déjà une de disponible. » [1]


Le changement de régime en Irak, s’il était réalisé d’une manière suffisamment prononcée et décisive, transformerait non seulement l’équilibre des forces régionales, pensait-on, mais affirmerait également la puissance des États-Unis au coeur même du Moyen-Orient, démontrant aussi bien aux « états voyous » comme l’Iran qu’aux rivaux comme la Chine, que les États-Unis pouvaient intervenir unilatéralement dans une région riche en ressources dont dépendaient leur économie et leur puissance militaire.

Alors que les néoconservateurs fournissaient l’essentiel de l’agenda politique, ils dépendaient cependant fortement de Cheney et de Rumsfeld - tous deux des nationalistes agressifs ayant des liens étroits et anciens avec les néoconservateurs depuis l’administration Ford - quant à la manipulation du processus par lequel ce programme pouvait devenir une politique effective. Cet effort a été considérablement favorisé par l’impuissance de Rice, en tant que conseiller de sécurité nationale, à assurer le respect du processus traditionnel d’élaboration des politiques grâce a la collaboration entre les différentes agences, avec pour résultat que les décisions prises lors des réunions du Conseil de Sécurité Nationale [National Security Council] ont été souvent contournées ou tout simplement ignorées, en particulier par le Pentagone. En conséquence, le Département d’Etat s’est souvent trouvé marginalisé par ce que le chef de personnel de Powell, le colonel à la retraite Lawrence Wilkerson, a appelé plus tard une « cabale » menée par Cheney et Rumsfeld (qui ont été à leur tour soutenus et conseillés par des néoconservateurs de premier ordre comme Feith, Wolfowitz, et Libby).


Le même réseau a travaillé pour manipuler les renseignements - grâce, d’une part à l’établissement de bureaux afin de rassembler ou passer en revue des renseignements bruts sélectionnés qui étaient envoyés directement à la Maison Blanche sans analyse préalable par les analystes professionnels et d’autre part en harcelant et en faisant pression sur la communauté officielle du renseignement, notamment la CIA, pour qu’elle présente des analyses qui soient conformes à l’agenda du PNAC. Dans le même temps, les membres de l’administration et le DPB ont utilisé des médias sympathisant ou crédules - notamment le Weekly Standard, le Washington Times, Fox News et la page éditoriale du Wall Street Journal - et des journalistes (tels que Judith Miller du New York Times) pour la publication de fuites sélectionnées des évaluations des menaces par les services de renseignement afin de rallier l’opinion à la guerre.

Les progrès rapides réalisés dans l’accomplissement de l’agenda du PNAC reflétaient le degré de domination par les faucons et leurs collaborateurs néoconservateurs sur les processus de prise de décisions en politique étrangère des États-Unis après le 11/9. Pratiquement sans bruit, Powell et les réalistes ont été marginalisés, alors que les attentistes comme Rice approuvaient graduellement ou permettaient passivement au processus d’être détourné. Au mois de mai 2003, peu de temps après l’invasion et juste au moment ou l’insurrection en Irak a commencer à s’affirmer, les néoconservateurs atteignaient le zénith de leur puissance. Mais l’incertitude demeurait quant à la durée de leur maintien au sommet.

A suivre


Cet article est le deuxième d’une série en trois volets


Tuesday, March 20, 2007

Les nouveaux fronts Africains de la France-Yisrael : Algerie, Somalie, Soudan, Cote d'Ivoire, Nigeria, Sierra Leone, Ex-Zaire...


L'Afrique: c'est là qu'auront lieu les prochaines guerres du pétrole



par Bruce Dixon
Black agenda report




Le 7 février dernier, George Bush a annoncé la création d'AFRICOM, un nouveau commandement du Pentagone qui, sous prétexte de "Guerre mondiale contre le terrorisme" va organiser et mettre à exécution ses guerres du pétrole et des ressources naturelles sur le continent africain. Qu'est-ce que cela implique-t-il pour la population noire en Amérique? Et pour les Africains?``C'est au sujet du pétrole. Et des diamants. Et du coltan. Mais c'est surtout pour le pétrole`.`


Le Pentagone refuse de reconnaître qu'une série de bases militaires américaines ont été installées ou sont en passe de l'être dans toute l'Afrique. Mais, nul doute, le processus de formation d'une force militaire américaine sur le continent africain est bien enclenché. Depuis le Nord de l'Angola, riche en pétrole, jusqu'au Nigeria, depuis le Golfe de Guinée jusqu'au Maroc et en Algérie, depuis la Corne de l'Afrique jusqu'au Kenya et en Ouganda, et le long des circuits des oléoducs depuis le Tchad jusqu'au Cameroun à l'ouest, et du Soudan à la Mer Rouge à l'est, les amiraux et les généraux américains ont atterri partout, à la rencontre des responsables locaux. Ils ont effectué des études de faisabilité, conclu des accords secrets et dépensé des millions de dollars sur leurs budgets occultes.


Leurs nouvelles bases ne sont pas du tout des bases, d'après les dires des autorités militaires. Ce sont plutôt des "avant-zones de transit"et des "étapes maritimes pour les camions" pour le transport du matériel dont ont besoin les forces terrestres américaines sur le continent africain. Ce sont des lieux d'ancrage protégés, des "feuilles de nénuphar" (NDLT: dans le texte: "lily pads", sortes de bases virtuelles), depuis lesquels ils comptent mener leur prochaine série de guerres du pétrole et des autres ressources naturelles pour les cent prochaines années.
Prexy Nesbitt, de Chicago, l'un des architectes du mouvement anti-apartheid aux Etats-Unis dans les années 70 et 80, explique l'importance pour les Noirs américains de cette annonce, faite par Bush le 7 février, de la création d'AFRICOM, le nouveau commandement du Pentagone pour le continent africain.


"Cela a une importance énorme pour les Africains parce que tous les Africains, depuis les modestes travailleurs jusqu'aux élites universitaires, suivent avec beaucoup d'intérêt ce que font les Etats-Unis, partout où ils sont dans le monde. De plus en plus de Noirs américains s'intéressent de près aux agissements des Etats-Unis en Afrique, mais pas assez encore … Ce que nous constatons (c'est) … l' implantation militaire des Américains sur le continent africain et que cette implantation est motivée par la quête de nouvelles sources de pétrole et d'autres minéraux".


En d'autres termes, c'est une affaire de pétrole. Et de diamants, d'uranium et de * coltan (*NDLT: minerai utilisé en électronique et en aéronautique). Mais essentiellement de pétrole. L'Afrique Occidentale possède à elle seule 15% des réserves mondiales, et est censée fournir, d'ici 2015, plus d'un quart de la consommation domestique en Amérique. La plus grande partie du pétrole d'Arabie Saoudite et du Moyen Orient échoue en Europe, au Japon, en Chine et en Inde. C'est le pétrole africain qui, de plus en plus, permet aux Etats-Unis de fonctionner.


Pour avoir une idée des projets des Américains pour les cent prochaines années à l'égard des populations et des ressources en Afrique, il suffit de voir ce qui se passe au Nigeria Oriental. Les compagnies pétrolières américaines et les multinationales comme Shell, BP et Chevron (qui avait appelé un de ses pétroliers du nom d'un des membres de son conseil d'administration, Condoleezza Rice) ont pillé impitoyablement le delta du Niger pendant toute une génération. Là où il y avait des populations pauvres mais autonomes économiquement avec des terres agricoles et des pêcheries prospères, se développe aujourd'hui un désastre écologique aux proportions épouvantables. La terre, l'air et l'eau sont de plus en plus pollués, mais la population de la région n'a pas d'autre endroit où aller. D'après les chiffres de la Banque Mondiale, 20% des enfants meurent avant l'âge de 5 ans. Et selon un rapport en 2005 d'Amnesty Interantional, l'extraction du pétrole a permis d'encaisser des centaines de milliards de dollars.


"(Mais ses habitants) sont les plus déshérités des régions pétrolières du monde (70% d'entre eux vivent de moins d'un dollar US par jour). Et malgré cette manne, le prix du pétrole ayant plus que doublé ces deux dernières années, le gouvernement a été incapable de créer les services, les infrastructures et les emplois nécessaires à la région".


Preuve de leur mépris à l'égard de la vie des populations locales africaines et de leurs moyens de subsistance, le gaz naturel qui se trouve dans les réservoirs de pétrole, dont les coûts d'exploitation sont plus élevés que pour le pétrole, est tout bonnement brûlé sur des sites en Afrique.


On estime à près de 900000 mètres cubes par jour la quantité de gaz naturel ainsi brûlé pendant les années 90. De nombreux sites de brûlage de gaz, d'après la population locale du Delta du Niger, brûlent sans discontinuer depuis plus de 20 ans, engendrant des brouillards et des pluies acides, des dépôts de suie et de produits chimiques qui anémient ou tuent les poissons de l'océan et des cours d'eau et le bétail, et polluant le peu qui reste de production agricole. (Foe.co.uk)


Pour cette raison, aux Etats-Unis, il est interdit depuis longtemps de brûler le gaz sur les sites pétroliers (ens-newswire.com). Mais de nombreux villages sur le delta d'un des plus grands fleuves du monde dépendent totalement aujourd'hui de l'eau qui est acheminée par camion.Selon le professeur Nesbitt: "Il y a des années de cela, des membres de l'"American Committee on Africa" ont ramené une série de diapositives qui montraient la vie de populations sur des terrains recouverts de boues visqueuses de pétrole et qui buvaient de l'eau contenant de la boue de pétrole. C'était épouvantable de voir ça … Pour autant qu'on sache, il n'y a pas eu de changement notable (en 15 ans environ) sauf que maintenant, un mouvement pour la justice est en train de se créer.Mais le commandement militaire américain a indiqué … s'est associé, en réalité, avec le gouvernement d'Obasanjo … pour contrôler ce mouvement pour la justice. Certains propos très explicites ont été tenus par les responsables militaires américains; ils seront préparés militairement à entrer dans l'arène … afin d'assurer la protection de cette source de pétrole pour les Américains".


Les populations africaines locales veulent être respectées et avoir leur part de ce qui après tout est leur propre pétrole. Elles sont actuellement souvent violemment réprimées au Nigeria oriental, en Guinée Equatoriale et ailleurs, par des troupes africaines entraînées et équipées grâce à l'argent du contribuable américain. Si la résistance se poursuit, et cela sera probablement le cas, l'Amérique est prête à investir dans du matériel supplémentaire, avec les conseillers militaires et civils qui vont avec, et puis des bombes, des balles et s'il le faut, des victimes américaines. C'est ça AFRICOM, et c'est ce à quoi il va s'occuper au cours des cent prochaines années.L'empire en Afrique: des opportunités pour les Noirs américains?
Doug Lyons, chroniqueur noir américain au "Sun Sentinel" d'Orlando est un de ces Noirs américains abominables qui voient dans ces investissements destinés à l'exploitation sans merci du berceau de l'humanité de grandes opportunités professionnelles et commerciales pour quelques hommes (et femmes) de main noirs. (sun-sentinel.com)


"AFRICOM ne devrait pas être rejeté comme étant un nouvel élément du complexe industriel militaire de notre pays. Il offre également une chance exceptionnelle à l'Amérique noire…
Il donne la possibilité à ceux qui s'intéressent à l'héritage africain et afro-américain d'en apprendre davantage sur l'Afrique et sur ses liens avec l'Amérique…


Ces connaissances devraient permettre une meilleure appréhension des cultures et donner de plus grandes possibilités d'échanges commerciaux des deux côtés de l'Atlantique, et par ailleurs d'élargir les possibilités pour les Afro-américains de s'investir dans le commerce mondial et dans le corps diplomatique…


(Imaginez) les possibilités. Ce système est sur le point d'être mis en place et quelques privilégiés triés sur le volet vont avoir la chance d'écrire un nouveau chapitre de l'histoire des Noirs"…
AFRICOM, c'est certain, va ouvrir de nouveaux horizons dans les hautes sphères de l'entreprise, de l'armée et des services secrets à une poignée de Noirs américains hautement qualifiés.


Ceux qui ont un peu d'imagination n'ont pas besoin d'aller voir plus loin que "Good Work International ", la compagnie de conseillers en management créée par Andrew Young, l'ancien maire d'Atlanta, ambassadeur de l'ONU et collègue de Martin Luther King.


La firme GoodWorks ajoute en effet un chapitre à l'histoire des Noirs, en même temps qu'elle récolte des caisses de dollars grâce à des clients comme Barrick Gold, une entreprise en liaison avec Bush et dont les mines au Congo servent à alimenter une guerre civile sanglante qui a fait à ce jour 5 millions de morts . La compagnie de Young bénéficie de relations étroites et lucratives avec le mystérieux Maurice Templesman, qui joue un rôle important depuis des dizaines d'années dans le commerce sanglant des diamants. Lobbyiste attitré du gouvernement nigérian à Washington, il est impliqué dans au moins une affaire de blanchiment d'argent pour le compte d'Obasanjo, le président nigérian, et sert par ailleurs de façade à diverses multinationales de pétrole et de ressources minérales sur le continent africain.


"Il y a un nombre croissant d'une certaine catégorie de Noirs américains qui … n'ont aucun sens de leurs responsabilités vis-à-vis du continent africain, qui n'éprouvent aucune honte, qui sont sans attaches, et qui sont incapables de jouer un quelconque rôle. Je pense que nous voyons cela avec Condoleezza Rice. Nous voyons cela de façon encore plus évidente avec certaines autres nominations récentes, comme par exemple, la nouvelle secrétaire d'état aux Affaires Africaines. Elle semble se soucier énormément, étant donné son passé et son expérience en matière militaire, du genre de rôle qu'elle va jouer dans le système. Donc, nous voyons souvent émerger des Noirs américains au service du système, les gendarmes, si vous voulez, de ce système qui vise à recoloniser l'Afrique, à la fois militairement et commercialement".


Nesbitt semble être d'accord avec Doug Lyons, à sa façon. AFRICOM va en effet ouvrir de nouveaux horizons à une poignée de Noirs américains diplômés dans les domaines de l'entreprise, de l'armée et des services secrets. Andy et Condi ont été les premiers mais peut-être pas les derniers. Il y a encore plein de mines d'or en Afrique, de pétroliers et de charniers auxquels les Noirs américains pourront donner leur nom.


Nous avons demandé au Professeur Nesbitt ce que le "Congressional Black Caucus" (NDLT: comité regroupant les membres noirs – démocrates, du moins - du congrès américain) et le Noir américain ordinaire devraient faire ici pour stopper l'intervention militaire américaine imminente sur le continent africain:


"Il faut que du Congressional Black Caucus s'élève une voix plus forte. Il faudrait que le Comité milite activement contre ces projets et contribue à sensibiliser et à éduquer les masses de Noirs américains dans tout le pays afin d'empêcher que ne s'écrivent les mêmes pages d'histoire des Etats-Unis en leur laissant croire qu'ils n'ont pas à se soucier de répercussions éventuelles sur la population la plus concernée … c'est-à-dire, nous, qui faisons partie de la diaspora africaine. Je pense que nous sommes à un tournant important des relations entre les Noirs américains en général et le continent africain.L'Afrique est une partie du monde qui possède d'immenses richesses et d'énormes ressources. Mais au cours de l'histoire, elle n'a connu que le système capitaliste qui s'est employé à la dépouiller de ses richesses. Je pense que le défi qu'ont à relever les Américains (les Américains qui se soucient des autres, ceux qui se soucient de la planète) c'est: quelles actions mener pour aider les Africains à faire cesser ce viol et ce pillage perpétuels du continent africain".


George Bush, les grosses compagnies pétrolières, Andy Young et le Pentagone mettent déjà en œuvre leur dessein pour l'Afrique. Il ressemble au Nigeria, cas classique d'un pays riche peuplé de pauvres. Il ressemble beaucoup à cette décharge stérile, polluée et purulente du Delta du Niger, où ils ont eu les mains libres pendant des dizaines d'années.Et quand les Africains chercheront à résister, comme ils vont certainement le faire, ils utiliseront le plan B, c'est-à-dire qu'ils traiteront de "terroristes" les Africains qui veulent avoir la maîtrise de leurs propres ressources, et grâce à AFRICOM, ils déploieront les forces militaires américaines pour dompter les Africains et mettre leurs ressources sous clé. Il est temps que l'Amérique noire et que le Comité suivent les conseils du Dr Nesbitt: il nous faut élaborer nos propres plans pour faire cesser plus de 500 ans de pillage de l'Afrique par les Occidentaux et empêcher l'armée américaine et AFRICOM de pénétrer sur le continent africain.


Bruce Dixon est gérant de Black Agenda Report. Bruce.Dixon@BlackAgendaReport.com.

Article original en anglais, Black Agenda Report Africa: Africa- Where the Next US Oil War will be


La fin du sionisme et du mythe 'd'Eretz Yisrael'


La fin de l’empire et le nouvel ordre mondial : les USA après la défaite


par Mike Whitney
Mondialisation.ca, Le 13 mars 2007


Les Etats-Unis ont été défaits en Irak. Cela ne signifie pas qu’il y aura un retrait des soldats de si tôt, mais cela signifie qu’il n’y a aucune chance d’atteindre les objectifs politiques de la mission. L’Irak ne sera pas une démocratie, la reconstruction sera minimale, et la situation sécuritaire continuera à se détériorer à l’avenir.



Les buts véritables de l’invasion sont tout autant inatteignables. Alors que les USA ont établi un de nombreuses bases militaires au coeur de la région clé de l’énergie mondiale, la production pétrolière a diminué à 1.6 million de barils par jour, presque la moitié de la production d’après-guerre. Plus important encore, l’administration n’a aucune stratégie claire pour la protection des oléoducs, des navires pétroliers et des équipements essentiels. La production de pétrole restera irrégulière pendant les années à venir même si la sécurité s’améliore. Ceci aura des effets graves sur l’avenir du pétrole, en déclenchant des hausses erratiques sur les prix et sèmera le trouble sur le marché mondial de l’énergie. Si la contagion s’étend aux autres états du Golfe, comme le prévoient maintenant de nombreux analystes politiques, plusieurs pays dépendants par rapport au pétrole traverseront des cycles délétère de récession/dépression.



L’échec de l’Amérique en Irak n’est pas simplement une défaite pour l’administration Bush. C’est également une défaite pour le « modèle unipolaire » de l’ordre mondial. La situation en Irak apporte la preuve que le modèle de la superpuissance ne peut garantir ni la stabilité, ni la sécurité ni le respect des droits de l’homme, choses essentielles pour recueillir le soutien des 6 milliards d’habitants qui occupent maintenant la planète. L’essaimage de groupes armés en Irak, en Afghanistan et, maintenant, en Somalie annonce une confrontation plus étendue et plus violente entre les légions américaines déployées au maximum de leurs possibilités numériques et leurs ennemis qui sont de plus en plus adaptables et meurtriers. La résistance à l’ordre impérial s’accroît partout.


Les Etats-Unis n’ont pas les ressources ou le soutien du public pour sortir en vainqueurs dans un tel conflit. Ni l’autorité morale pour persuader le monde des mérites de leur cause. Les actions illégales de l’administration Bush ont enflammé la majorité des peuples contre les Etats-Unis. L’Amérique est devenue une menace pour les droits de l’homme et les libertés civiques avec lesquels elle était habituellement identifiée. De fait, il y a bien peu de soutien populaire pour l’emprisonnement des ennemis sans accusations, pour la torture des suspects en toute impunité, pour les enlèvements dans les rues des capitales, ou pour les invasions de nations souveraines désarmées sans approbation des Nations Unies.


Ce sont des violations fondamentales du droit international, tout autant que des principes généralement acceptés par tous. L’administration Bush défend ses activités illégales comme étant une part essentielle du nouvel ordre mondial ; un modèle de gouvernance globale qui permet à Washington de maintenir l’ordre du monde selon sa vision des choses. La grande majorité des peuples ont rejeté ce modèle et les sondages indiquent clairement la baisse du soutien à la politique des USA presque partout. En tant qu’ancien conseiller de sécurité nationale de Jimmy Carter, Zbigniew Brzezinski a noté : « La puissance américaine peut être plus grande en 2006 qu’en 1991, (mais) la capacité du pays de mobiliser, de guider, d’aller dans une direction commune et de donner forme ainsi à des réalités globales, a sensiblement diminué. Quinze ans après son couronnement en tant que leader global, l’Amérique devient une démocratie craintive et isolée dans un monde politiquement antagoniste. »
Les Etats-Unis sont une nation dans un état de déclin irréversible ; ses principes fondamentaux ont été abandonnés et ses centres de pouvoir politique sont dans un état de délabrement. Moralement,.la présidence Bush touche le fond pour l’histoire américaine.
Les États-Unis sont maintenant face à une lutte pouvant durer plusieurs décennies qui submergera le Moyen-Orient et l’Asie centrale et entraînera l’érosion régulière et inéluctable de la puissance militaire, politique et économique de l’Amérique.



Ce n’est certes pas le « nouveau siècle » que Bush et ses amis avaient envisagé.
Il reste des jusqu’au-boutistes au sein de l’administration Bush qui croient que nous gagnons la guerre. Le Vice-président Dick Cheney a célébré l’ « énorme succès » de l’occupation irakienne, mais il se retrouve de plus en plus isolé. Les gens raisonnables conviennent que la guerre a été une catastrophe sur le plan stratégique et moral. Les USA ont payé un prix très lourd pour leur imprudence, en perdant plus de 3.000 soldats tout en compromettant sérieusement leur position dans le monde. Un petit groupe de guérillas irakiennes a démontré qu’il peut tenir en échec les efforts de l’armée la mieux équipée, la plus qualifiée, à la pointe de la technologie militaire dans le monde. Ils ont fait de l’Irak un bourbier ingouvernable, ce qui, selon les normes de la guerre asymétrique, est la définition même du succès.



Mais que se serait-il passé si les plans de Bush avaient réussi ? Que se serait-il passé si sa sombre vision de la « victoire » avait été réalisée et que les USA pouvaient subjuguer les irakiens, contrôler leurs ressources, et créer un pouvoir « à l’apparence arabe » a travers laquelle l’administration pourrait effectuer ses politiques ?



Existe t-il le moindre doute que Bush aurait alors marché rapidement sur Téhéran et Damas ? Y a-t-il un doute que Guantanamo et les autres « prisons secrètes » de la CIA autour du monde auraient augmentés en nombre et en taille ? Y a-t-il un doute que le réchauffement global, l’utilisation maximale de pétrole, la non-prolifération nucléaire, la pauvreté, la faim et le SIDA auraient continué à être ignorés par les élites financières et des entreprises de Washington ? Y a-t-il un doute qu’un succès en Irak renforcerait plus avant un système tyrannique qui laisse les prises de décision sur toutes les questions d’importance globale, y compris la survie même de la planète, entre les mains d’une petite société fraternelle de ploutocrates et de gangsters ?



Le « nouvel ordre mondial » promet le despotisme et non pas la démocratie
Beaucoup de gens croient que l’Amérique a subi un coup d’état silencieux et a été accaparée par une cabale de politiques et de va t-en guerre. Mais c’est seulement partiellement vrai. Les USA ont une longue histoire d’activités secrètes, et d’autres violations sans équivoques du droit international. Peut-être, sommes nous peu disposés à accepter la vérité parce qu’il est plus facile d’enfoncer nos têtes sous le sable et de laisser les mauvais coups se poursuivre. La vérité c’est qu’il existe une ligne droite qui va de la fondation de ce pays jusqu’aux massacres de Bagdad. Cette ligne peut être interrompue par des périodes d’éclaircie et de paix, mais elle trace un chemin ininterrompu du Congrès Continental à Abu Ghraib, de Bunker Hill à Fallouja, de Valley Forge à la baie de Guantanamo. Tout ceci se développe à partir de la même racine.



Les Etats-Unis font face maintenant à une résistance accrue aux quatre coins du monde. La Russie, la Chine, et les pays d’Asie centrale se sont associés ensemble au sein de l’organisation de coopération de Shanghai (OCS) pour se défendre de l’influence de l’Otan et des américains dans la région. Et en Amérique latine, une alliance de gouvernements de gauche (Mercosur) s’est formée sous la conduite de Hugo Chavez. L’Afrique reste politiquement divisée et reste ouverte à l’exploitation occidentale, bien que les interventions maladroites en Somalie, au Nigeria et au Soudan suggèrent que l’empire devra faire face à une escalade de résistance là aussi. Ces nouvelles coalitions sont une indication des changements géopolitiques massifs qui sont déjà en cours. Le monde se réaligne en réaction aux agressions de Washington. Nous pouvons nous attendre à voir ces groupes continuer à se renforcer parallèlement à guerre pour les matières premières poursuivie par l’administration à la force des armes. Cela signifie que le « vieil ordre »—les Nations Unies, l’OTAN et l’alliance transatlantique - subira de plus en plus de tensions jusqu’à un point où les relations seront finalement coupées.



L’ONU est déjà devenue inappropriée à cause de son soutien aveugle de la politique des USA au Moyen-Orient. Son silence pendant l’agression destructrice d’Israël contre le Liban, comme son manque a reconnaître les « droits inaliénables » de l’Iran en vertu du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) a révélé que l’ONU est un organe qui ne sert qu’à avaliser aveuglément la politique belliciste de l’alliance Américano-Israélienne. Une attaque sur l’Iran représenterait la fin de l’ONU, une institution sur laquelle reposait de grands espoirs pour le monde, mais qui ne sert plus aujourd’hui que de couverture a l’agenda de l’élite occidentale. Tout bien pesé, l’ONU facilite plus les guerres qu’il ne les arrête. Et l’ONU ne sera pas regrettée.
L’Afghanistan constitue le facteur clef pour comprendre ce qui attend l’UE, l’OTAN et l’alliance transatlantique. Il n’y a aucune possibilité de succès en Afghanistan. Si les hommes qui ont projeté l’invasion avaient eu la moindre compréhension de l’histoire du pays ils auraient su comment la guerre évoluerait. Ils se seraient rendus compte que les Afghans prennent traditionnellement leur temps avant de répliquer ; (Eric Margolis avait prévu que la vraie guerre ne débuterait que 4 a 5 ans après l’invasion initiale) mesurant d’abord la force de leur ennemi et renforçant leur soutien dans la population. Ensuite ils procèdent par étapes délibérées pour débarrasser leur pays des envahisseurs. C’est un peuple férocement nationaliste et indépendant qui a déjà eu à combattre l’occupation auparavant et sait ce qu’il faut faire pour gagner.



Nous nous trompons quand nous pensons que la guerre en Afghanistan est simplement une insurrection « terroriste » des Talibans. Le conflit actuel représente un soulèvement général des ressortissants Pachtounes qui cherchent à mettre fin à l’occupation étrangère. Ils savent pertinemment que la politique US-OTAN a renforcé les seigneurs de guerre, augmenté le commerce de la drogue, réduit la sécurité, et accru le terrorisme. Selon le rapport du Conseil Senlis, l’occupation a déclenché « une crise humanitaire de famine et de pauvreté... Les politiques des USA en Afghanistan ont recréé un asile pour le terrorisme que l’invasion de 2001 visait à détruire. »



La résistance armée afghane est inventive et intraitable et a un nombre de plus en plus important de recrues qui viennent gonfler ses rangs. Au bout du compte, ils l’emporteront. C’est leur pays et ils y seront bien longtemps après que nous soyons partis.



Une défaite de l’Amérique en Afghanistan pourrait être la faille qui brisera l’OTAN. Le schéma global de l’administration US dépend fortement de l’appui de l’Europe, et du fait de persuader les nations principalement blanches et occidentales de se joindre à la bataille et de sécuriser les oléoducs et les approvisionnements en énergie dans l’ensemble de l’Asie centrale. UN échec en Afghanistan créerait des secousses dans le paysage politique de l’Europe et provoquerait l’apparition d’une génération d’hommes politiques anti-Américains qui chercheront à défaire les relations entre les deux alliés traditionnels. Mais une rupture semble inévitable. Après tout, l’Europe n’a aucune aspiration à jouer un rôle impérial et ses économies sont prospères. Ses nations n’ont pas besoin d’envahir et d’occuper de pays pour obtenir l’accès aux ressources essentielles. Ils peuvent simplement les acheter sur le marché libre.



Du fait que les Européens commencent à voir que leurs intérêts nationaux sont mieux servis par le dialogue et l’amitié, (avec les fournisseurs des ressources d’Asie centrale et de Russie) les liens qui lient l’Europe à l’Amérique se desserreront et les deux continents s’éloigneront encore plus l’un de l’autre. La fin de l’OTAN est la fin de l’Amérique en tant que puissance globale. L’aventurisme actuel n’est pas soutenable « unilatéralement » et sans la feuille de vigne servant de couverture de l’ONU. L’Amérique a besoin de l’Europe, mais l’abîme entre les deux se développe progressivement.



Il est impossible de prévoir l’avenir avec certitude, mais l’état de ces coalitions suggère fortement qu’un nouvel ordre mondial émerge. Il n’est cependant pas celui que Bush et les néoconservateurs ont prévu. L’intervention de l’Amérique en Irak et en Afghanistan continuera à l’empêcher de s’occuper des poussées de fièvre qui pourraient gagner l’Amérique Latine et la Russie, renforçant encore plus les rivaux des USA et précipitant des changements macro-économiques qui pourraient broyer la classe moyenne américaine. La probabilité d’une récession économique importante n’a jamais été plus grande qu’en ce moment où les dépenses irresponsables consacrées a la défense, les réductions d’impôts somptueuses, et le déficit commercial, ont tracé la voie pour que le dollar américain soit détrôné comme « monnaie de réserve » du monde. Les trois piliers de la puissance impériale américaine—politique, économique et militaire— reposent sur la fondation bancale du billet de banque américain. Si le dollar tombe, comme nombre d’agents de change le prévoient maintenant, alors la valeur des devises étrangères montera, et l’Amérique glissera dans une phase de récession/dépression profonde.



La déconfiture militaire et économique de l’Amérique prendra probablement une décennie ou plus, selon la situation en Irak. Si l’administration Bush peut exercer son contrôle sur le pétrole du Moyen-Orient, alors la valeur du dollar continuera à être liée aux ressources vitales et la suprématie américaine persistera.



Si, cependant, les conditions sur le terrain se détériorent, alors les banques centrales du monde diminueront leurs possessions en dollar, les Américains feront face à une hyper-inflation chez eux, et les USA perdront leur maîtrise du système économique global. L’administration Bush doit, donc, s’assurer que le commerce du pétrole continue à se faire en Dollars et que l’économie mondiale demeure entre les mains des élites occidentales, des banques géantes et des corporations.



Les chances de succès en Irak diminuent graduellement. Les USA ont prouvé qu’ils sont incapables d’établir la sécurité, de fournir les services sociaux de base, ou de maintenir la paix. La guérilla continue à s’intensifier tandis que les militaires déployés à leur maximum ont été poussés au point de rupture. Nous nous attendons à ce que l’occupation de l’Irak devienne insoutenable dans un délai de 5 ans si les tendances actuelles se poursuivent.



Le recul militaire et économique de l’Amérique sera assurément douloureux, mais il peut produire une plus grande égalité parmi les nations, ce qui serait un développement positif. Le modèle de la superpuissance a été un échec abyssal. Il a limité les libertés civiles chez nous et a propagé la guerre et l’instabilité à travers le monde. Le système actuel a besoin d’un sérieux coup de balai de sorte que le pouvoir puisse être distribué de manière plus égale selon les normes démocratiques traditionnelles. Le déclin de l’Amérique présente une occasion unique de reconstituer la République, restructurer le paradigme global existant, et commencer à établir un consensus sur le défi de la menace des espèces qui nous concerne tous.




Traduction Karim Loubnani pour Contre Info.