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Quand l'Algerie fera-t-elle payer son gaz et son petrole au prix du marche a la France ?

Le Niger obtient un accord tout à fait satisfaisant d’AREVA

(Nouvelle Solidarité) - Après un bras de fer qui a duré plus de 8 mois entre le gouvernement du Niger et la compagnie nucléaire française AREVA, un excellent accord a été conclu entre les deux, à l’avantage des deux parties. Le Niger, dont les gisements fournissent à AREVA 40 % de son uranium, a obtenu une augmentation conséquente de prix de 50 % pour les années 2008 et 2009, ainsi que la possibilité de commercialiser plus de 300 tonnes d’uranium par lui-même. AREVA s’est aussi engagée à investir 1 milliard d’euros dans le développement du gisement géant d’Imouraren. Selon une source d’AREVA, Imouraren serait “le plus grand projet industriel qui ait jamais été envisagé au Niger, le mettant au deuxième rang dans le monde avec une production de 5000 tonnes » d’uranium par an, 1400 employés permanents et beaucoup d’autres emplois indirects. Un crédit de 22 millions d’euros complète le « package » obtenu par le Niger.

Quel chemin parcouru ! Depuis l’indépendance, la France a exploité l’uranium de ce pays dans des conditions tout à fait coloniales. Comme Ibrahim Loutou, ancien ministre et éminence grise de différents gouvernements de ce pays, l’a rapporté à Nouvelle Solidarité au cours d’une interview (25/10/2007 voir ICI), la compagnie française payait une somme forfaitaire par an, quelle que soit la quantité d’uranium extraite et son prix du marché. De plus, pour des raisons de sécurité, le Niger n’avait pas le droit de commercialiser lui-même sa matière première.
Au cours de ces derniers trente ans, lorsque les autorités de ce pays, parmi les plus pauvres du monde, ont voulu exiger de justes conditions d’échange, des coups d’Etats au bon moment ont écarté les gêneurs alors que d’autres étaient purement et simplement éliminés.

C’est la forte présence commerciale de la Chine en Afrique qui permet actuellement aux pays les plus pauvres, comme le Niger, de négocier des meilleurs contrats avec les anciennes puissances coloniales. Car, même si tout n’est pas parfait dans les pratiques commerciales ou sociales du géant asiatique, sa seule présence dans le continent assure à ces pays une plus grande marge de manoeuvre. En n’acceptant pas les zones d’influence fixées par les ex-puissances de tutelle, elle bouscule totalement les règles du jeu. Dans le cas du Niger, des compagnies canadiennes sont également rentrées dans le jeu de façon importante.

Mais sans sortir le grand jeu, le Niger n’aurait sans doute pas obtenu gain de cause. Profitant de la période de fin de contrats, il a exigé de meilleurs prix et dénoncé des connivences pouvant exister entre AREVA et la rébellion Touarègue - à l’origine de la guerre civile qui ravage le nord du pays - allant jusqu’à expulser Dominique Pin, le PDG d’AREVA, désormais remplacé par Serge Martinez. Pour une fois, le résultat de ce bras de fer est bon pour les deux parties : entre l’augmentation considérable des revenus pour le Niger et les grands projets lancés par AREVA sur place, les conditions sont désormais réunies pour un véritable décollage économique du pays.
Maintenant, c’est à l’élite nigérienne de tout faire pour que les nouveaux revenus engrangés ne se détournent pas de leur objectif essentiel : créer les conditions d’un futur digne de ce nom pour les jeunes générations. Sans oublier la revitalisation du Lac Tchad sans lequel les progrès du désert pourraient balayer tous les espoirs suscités par la nouvelle manne de l’uranium.

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