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Friday, July 04, 2008

WARNING OF AN ISRAELI FALSE FLAG ATTACK IN UAE AND/OR KOWEIT, QATAR, BAHREIN FOR JULY 2008


L'Administration Bush intensifie ses manœuvres secrètes contre l'Iran


Par Seymour Hersh
New Yorker, le 30 juin 2008


Selon des sources militaires, des services secrets et p+/+/

arlementaires, actuelles et anciennes, le Congrès a accepté, en fin d'année dernière, une requête de Président Bush pour financer une escalade majeure des opérations secrètes contre l'Iran. Ces opérations, pour lesquelles le Président a cherché à obtenir jusqu'à 400 millions de dollars étaient décrites dans une Conclusion Présidentielle [Presidential Finding] signée par Bush, sont destinées à déstabiliser la direction religieuse du pays. Ces activités secrètes impliquent le soutien à la minorité arabe Ahwazi et aux groupes Baloutchis et autres organisations dissidentes. Ils incluent aussi la collecte de renseignements sur le programme nucléaire iranien présumé.

Les opérations clandestines contre l'Iran ne sont pas nouvelles. Les Forces d'Opérations Spéciales des Etats-Unis mènent depuis l'année dernière des opérations transfrontalières depuis le sud de l'Irak, avec l'autorisation présidentielle. Celles-ci ont inclus la capture de membres d'Al Quds, l'aile commando de la Garde Révolutionnaire Iranienne, leur transfert en Irak pour les interroger et la recherche de "cibles de haute valeur" dans la guerre contre la terreur du Président. Ces cibles peuvent être capturées ou tuées. Mais la taille et l'étendue de ces opérations en Iran, qui impliquent la CIA et le JSOC (Joint Special Operations Command, le commandement des opérations spéciales interarmes), se sont désormais accrues de façon significative, selon d'anciens et actuels officiels. Un grand nombre de ces activités ne sont pas spécifiées dans la nouvelle Conclusion et des leaders parlementaires se sont posés de sérieuses questions quant à leur nature.

Selon la loi fédérale, une Conclusion Présidentielle, qui est classée secrète, doit être émise lors du lancement d'une opération des services secrets et, au minimum, les leaders Démocrates et Républicains de la Chambre et du Sénat doivent en être informés, ainsi que les membres de haut rang de leurs commissions respectives des renseignements - ce que l'on appelle l'Equipe des Huit. L'argent pour cette opération peut alors être reprogrammé à partir des affectations précédentes, autant que nécessaire, par les commissions parlementaires idoines, qui peuvent aussi être informées.

"Cette Conclusion se concentre à saper les ambitions nucléaires de l'Iran et à essayer d'ébranler le gouvernement de Téhéran au moyen d'un changement de régime", a dit une personne au courant de leur contenu, et implique "de travailler avec des groupes d'opposition et de passer de l'argent". Celle Conclusion envisageait tout un éventail nouveau d'activités au sud de l'Iran et dans les zones, à l'est, où l'opposition baloutche est forte, a-t-il dit.

Bien que certains parlementaires aient été troublés par des aspects de cette Conclusion - et "il y a eu un grand nombre discussions importantes à haut niveau" à ce sujet, selon cette source bien informée -, le financement de cette escalade a été approuvé. En d'autres termes, certains membres de la direction Démocrate - le Congrès est sous contrôle Démocrate depuis les élections de 2006 - étaient d'accord, en secret, pour se joindre à l'Administration, afin d'étendre les activités secrètes dirigées contre l'Iran, tandis que le candidat présumé du parti Démocrate à l'élection présidentielle, Barack Obama, a dit préférer des pourparlers directs et la diplomatie. La demande de financement est arrivée à la même période où l'Administration assumait le NIE (l'Evaluation nationale des renseignements), publié en décembre, qui concluait que l'Iran avait arrêté ses travaux sur les armes nucléaires en 2003.

L'Administration a minimisé la signification du NIE et, tout en disant qu'elle était engagée dans la voie diplomatique, elle a continué à mettre l'accent sur le fait qu'une action urgente était essentielle pour contrer la menace nucléaire iranienne. Le Président Bush a mis en doute les conclusions du NIE, et des responsables de la sûreté nationale, dont le Secrétaire à la Défense Robert Gates et la Secrétaire d'Etat Condoleeza Rice, firent des déclarations similaires. (Tout comme le Sénateur John McCain, le présumé candidat présidentiel républicain.) Pendant ce temps, l'Administration a aussi ravivé les accusations selon lesquelles la direction iranienne a été impliquée dans les tueries de soldats américains en Irak : à la fois directement, en envoyant des unités commandos à l'intérieur de l'Irak, et indirectement, en fournissant des équipements utilisés pour la pose de bombes au bord des routes et autres produits de mort. (La véracité de ses accusations a été mise en doute ; le Times, parmi d'autres, a rapporté qu'il "reste des incertitudes importantes sur l'étendue de cette implication.")

Les dirigeants militaires et civils du Pentagone partagent la préoccupation de la Maison Blanche au sujet des ambitions nucléaires de l'Iran, mais il y a un désaccord sur le fait qu'une frappe militaire serait la solution. Certains officiels du Pentagone pensent, ainsi qu'ils l'ont fait savoir au Congrès et aux médias, que bombarder l'Iran n'est pas une réponse viable à la question de la prolifération nucléaire et que plus de diplomatie est nécessaire.

Un sénateur démocrate m'a dit qu'en fin d'année dernière, lors d'un déjeuner de réunion à huis clos, le Secrétaire de la Défense Robert Gates a rencontré le groupe Démocrate du Sénat. (De telles réunions ont lieu régulièrement.) Gates a mis en garde sur les conséquences si Bush lançait une frappe préventive contre l'Iran, disant, comme le rappelle ce sénateur, "Nous créerons des générations de Djihadistes et nos petits-enfants se battront contre nos ennemis, ici-même, en Amérique." Lors de ce déjeuner, les commentaires de Gates ont étonné les Démocrates et un autre sénateur a demandé à Gates s'il s'exprimait pour Bush et le Vice-président Cheney. Voici la réponse de Gates, m'a dit le sénateur: "Disons juste que je suis ici pour exprimer mon point de vue." (Un porte-parole de Gates a confirmé que celui-ci, lors de cette réunion, avait discuté des conséquences d'une frappe mais qu'il n'avait pas voulu en dire plus sur ses propos, à part contester l'interprétation du sénateur.

La personne bien au courant de cette Conclusion m'a dit que l'état-major interarmées, dont le président est l'Amiral Mike Mullen, "exerçait une très forte pression en sens contraire" à la pression de la Maison Blanche pour entreprendre une frappe militaire contre l'Iran. De la même manière, un conseiller du Pentagone qui est impliqué dans la guerre contre la terreur a dit "qu'au moins dix officiers généraux, dont des commandants aux combats" - les généraux quatre-étoiles qui dirigent les opérations militaires dans le monde entier - "ont pesé le pour et le contre sur cette question".

Le plus critique de ces officiers est l'Amiral William Fallon, qui, jusqu'à récemment, était le chef du Commandement Central des Etats-Unis (CENTCOM) et donc en charge des forces américaines en Irak et en Afghanistan. En mars, Fallon a été forcé de démissionner après avoir donné une série d'interviews exposant ses réserves vis-à-vis d'une attaque armée contre l'Iran. Par exemple, en fin d'année dernière, il avait déclaré au Financial Times que "l'objectif réel" de la politique des Etats-Unis était de changer l'attitude des Iraniens et que "les attaquer, comme moyen d'obtenir ce changement, m'étonne comme n'étant pas le[ur] premier choix."

L'Amiral Fallon a reconnu, lorsque je lui ai parlé en juin, qu'il avait entendu dire que des personnes à la Maison Blanche avaient été contrariées par ses déclarations publiques. "Trop de gens pensent que l'on doit être, soit pour, soit contre les Iraniens", m'a-t-il dit."Soyons sérieux ! Quatre-vingt millions de personnes vivent là-bas et elles sont toutes différentes. L'idée selon laquelle ils sont tous à mettre dans le même panier est un non-sens."

A propos de la guerre d'Irak, Fallon a dit : "Ai-je pesté contre certaines choses qui étaient proposées ? Vous pouvez en être sûr ! Certaines étaient vraiment très stupides."

L'accord donné par les dirigeants Démocrates pour engager des centaines de millions de dollars, en vue de plus d'opérations secrètes en Iran, vaut la peine d'être noté, étant donnée l'inquiétude générale d'officiels tels que Gates, Fallon et de nombreux autres. "Le processus de supervision n'a pas tenu le rythme - il a été coopté" par l'Administration, a dit cette personne au courant du contenu de cette Conclusion. "Le processus est rompu et c'est un truc dangereux que nous sommes en train d'autoriser".

Des Démocrates de premier plan au Congrès m'ont dit qu'ils étaient préoccupés par la possibilité que leur compréhension de l'implication de ces nouvelles opérations diffère de celle de la Maison Blanche. Il y a une question relative à une référence qui se trouve dans les Conclusions, rappelle la personne au courant : une potentielle action létale défensive par les agents américains en Iran. (Début mai, le journaliste Andrew Cockburn a publié des éléments de cette Conclusion dans CounterPunch, le magazine et lettre d'information en ligne.)

Ce langage a été inséré dans cette Conclusion sur l'insistance de la CIA, a dit un ancien agent des renseignements. Les opérations secrètes qui sont exposées dans cette Conclusion se déroulent essentiellement en parallèle à celles du corps expéditionnaire militaire secret, opérant maintenant en Iran, qui se trouve sous le contrôle du JSCO. Selon l'interprétation de la loi par l'Administration Bush, les activités militaires clandestines, contrairement aux opérations secrètes de la CIA, n'ont pas besoin d'être décrites dans une Conclusion, parce que le Président a le droit constitutionnel de commander les forces de combat sur le terrain sans interférence du Congrès. Mais la frontière entre ces opérations ne sont pas toujours claires : en Iran, les agents de la CIA et les correspondants régionaux ont les compétences linguistiques et la connaissance du terrain pour prendre des contacts pour le compte des agents du JSOC, et ils ont travaillé avec eux pour envoyer le personnel, le matériel et l'argent en Iran depuis une base obscure dans l'ouest de l'Afghanistan. En conséquence, le Congrès n'a reçu qu'une vue partielle de la façon dont est utilisé l'argent qu'il a alloué. L'une des missions du corps expéditionnaire du JSOC, la recherche de "cibles de haute valeur", n'était pas directement exposée dans cette Conclusion. Certains parlementaires réalisent de plus en plus que l'Administration Bush, ces dernières années, a regroupé ce qui correspond à une opération de renseignements avec ce qui correspond à une opération militaire, afin d'éviter d'informer complètement le Congrès sur ses agissements.

"C'est une grosse affaire", a dit la personne au courant de cette Conclusion. "La CIA avait besoin de cette Conclusion pour faire son boulot habituel, mais la Conclusion ne s'applique pas au JSOC. Le Président a signé un Décret Présidentiel après le 11 septembre donnant au Pentagone l'autorisation de faire des choses qu'il n'avait jamais pu faire auparavant sans en notifier le Congrès. Il était prétendu que l'armée 'préparait l'espace de bataille' et, en utilisant ce terme, ils pouvaient contourner la surveillance parlementaire. Tout est justifié dans la sémantique pour livrer la guerre mondiale contre la terreur". Il a ajouté, "L'Administration a brouillé les pistes ; d'habitude, il y avait des nuances" - entre les opérations dont les hauts dirigeants parlementaires devaient être informés et celles qui ne devaient pas l'être - "mais maintenant, c'est de la bouillie pour les chats".

"L'agence dit que nous ne nous mettrons pas en position d'aider à tuer des gens sans une Conclusion", m'a dit l'ancien officiel des services secrets. Il se référait à la menace légale à laquelle certains agents sont confrontés pour leur implication dans l'interprétation et les accusations de torture de suspects dans la guerre contre la terreur. "Ceci a fait sauter au plafond les militaires", a-t-il dit. En ce qui concerne la CIA, l'ancien officiel des services secrets a dit : "l'autorisation globale inclut cette de tuer, mais ce n'est pas comme si c'était ce qu'ils se préparaient à faire. C'est une question de collecte d'information, de recrutement de soutiens". La Conclusion envoyée au Congrès était un compromis, apportant une couverture légale à la CIA, tout en se référant à l'utilisation de la force létale en termes ambigus.

Ce langage létal-défensif a conduit certains Démocrates, selon des sources parlementaires au courant de leurs points de vue, à appeler le directeur de la CIA, le général de l'armée de l'Air, Michael V. Hayden, pour un briefing spécial. Hayden a réassuré aux parlementaires que ce langage ne faisait rien d'autre qu'autoriser les agents des Forces Spéciales sur le terrain en Iran à tirer pour s'échapper ou s'ils risquaient d'être capturés ou blessés.

Les Parlementaires furent loin d'être convaincus. Dans la foulée, un député a écrit personnellement au Président Bush insistant sur le fait qu' "aucune action létale, point final" avait été autorisée à l'intérieur des frontières iraniennes. Pour l'instant, il n'a toujours pas reçu de réponse.

Par le passé, des membres du Congrès ont exprimé leur scepticisme sur l'information fournie par la Maison Blanche. Le 15 mars 2005, David Obey, alors le Démocrate de haut rang à la Commission des Affectations de la Chambre, à majorité Républicaine, annonça qu'il mettait de côté un amendement qu'il avait eu l'intention de proposer ce jour-là et qui aurait supprimé tout financement pour les programmes d'espionnage national, à moins que le Président n'accepte de tenir le Congrès complètement informé sur les activités militaires clandestines entreprises dans la guerre contre la terreur. Il avait changé d'avis, dit-il, parce que la Maison Blanche avait promis une meilleure coopération. "L'Exécutif comprend que nous n'essayons pas de leur dicter ce qu'ils doivent faire", a-t-il dit à l'époque dans un discours prononcé depuis l'hémicycle. "Nous essayons simplement de nous assurer que ce qu'ils font est en accord avec les valeurs américaines et qu'ils ne font pas courir d'ennuis au pays."

Obey a décliné tout commentaire sur les spécificités des opérations en Iran, mais il m'a bien dit que la Maison Blanche est revenue sur sa promesse de consulter le Congrès plus à fond. Il a dit : "Je soupçonne que quelque chose est en cours, mais je ne sais pas quoi en penser. Cheney a toujours voulu attaquer l'Iran et s'il disposait de plus de temps il trouverait un moyen de le faire. Nous n'obtenons toujours pas suffisamment d'informations de la part des agences [de renseignement] et j'ai très peu confiance qu'ils nous donnent des informations sensibles."

Pas un seul Démocrate de l'Equipe des Huit - le chef de la majorité au Sénat, Harry Reid, la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, le président de la Commission sénatoriale des renseignements, John D Rockefeller IV, et le président de la Commission des Renseignements de la Chambre, Silvestre Reyes - n'a voulu faire de commentaire sur cette Conclusion, certains disant qu'il s'agissait d'un dossier hautement secret. L'assistant [parlementaire] de l'un des membres de la direction Démocrate a répondu pour lui en indiquant les limites du processus de l'Equipe des Huit. La notification d'une Conclusion, a dit l'assistant, "n'est que cela - une notification et pas une approbation des activités. Une surveillance correcte des activités d'espionnage en cours se fait en informant complètement les membres de la commission des renseignements." Cependant, le Congrès a vraiment les moyens de défier la Maison Blanche une fois qu'une Conclusion lui a été envoyée. Il a le pouvoir de suspendre le financement de toute opération du gouvernement. Les membres Démocrates de haut-rang, de la Chambre et du Sénat, qui ont accès à la Conclusion peuvent aussi, s'ils choisissent de le faire, et s'ils partagent les mêmes préoccupations, parvenir à exercer une influence sur la politique de l'Administration. (Un porte-parole de la CIA a déclaré, "La règle est que nous ne commentons pas dans un sens ou dans l'autre les allégations d'activités secrètes ou de prétendues conclusions." La Maison Blanche a aussi décliné tout commentaire.)

Un membre de la Commission aux Affectations de la Chambre des Députés a reconnu que, même avec une victoire Démocrate en novembre, "cela prendra encore une année avant que nous puissions contrôler les activités des services secrets". Il a poursuivit : "Nous contrôlons l'argent et ils ne peuvent rien faire sans argent. L'argent est le nerf de la guerre. Mais je me méfie beaucoup de cette Administration." Il a ajouté : "Cette Administration a été si secrète."

Une des ironies du départ de Fallon est qu'il était, dans de nombreux domaines, en accord avec le Président Bush sur la menace posée par l'Iran. Ils avaient une bonne relation de travail, m'a dit Fallon, et lorsqu'il gérait CENTCOM, ils étaient en communication régulière. Le 4 mars, une semaine après sa démission, Fallon a témoigné devant la Commission sénatoriale aux Armées, en disant qu'il était "encouragé" par les situations en Irak et en Afghanistan. Concernant le rôle joué par les dirigeants iraniens, il avait déclaré : "Ils n'ont été absolument d'aucune utilité, très nuisibles, et je ne tolère absolument aucune de leurs activités. Et je n'ai toujours pas vu le moindre signe, depuis que je fais ce boulot, qu'une action publique de l'Iran ait pu être d'utilité dans cette région."

Fallon a bien fait comprendre au cours de nos conversations qu'il considérait comme inapproprié de faire publiquement des commentaires sur le Président, le Vice-président ou les Opérations Spéciales. Mais il a dit qu'il avait entendu que des gens à la Maison Blanche s'étaient "battus" contre ses points de vue concernant l'Iran. "Lorsque je suis arrivé à CENTCOM, les Iraniens finançaient toutes les entités à l'intérieur de l'Irak. Il était dans leur intérêt de nous faire partir et ils ont donc décidé de tuer autant d'Américains qu'ils pouvaient. Et pourquoi pas ? Ils ne savaient pas qui prendrait les rênes mais ils voulaient nous voir partir. J'ai décidé que je ne pouvais pas résoudre la situation en Irak sans ses voisins. Pour résoudre ce problème en Irak, nous avons dû, d'une manière ou d'une autre, impliquer l'Iran et la Syrie. J'ai dû travailler le voisinage."

Fallon m'a raconté qu'il ne s'était pas concentré sur la question nucléaire iranienne ou sur un changement de régime là-bas, mais que sa préoccupation avait été d' "éteindre les incendies en Irak". Il y avait des discussions constantes à Washington et sur le terrain sur la manière de s'engager contre l'Iran et, concernant l'option du bombardement, Fallon a dit qu'il pensait que "cela se produirait seulement si les Iraniens faisaient quelque chose de stupide."

La mise à la retraite anticipée de Fallon semble toutefois avoir été provoquée, non seulement par ses commentaires négatifs concernant le bombardement de l'Iran, mais aussi par sa croyance très forte en la chaîne de commandement et son insistance pour être informé sur les Opérations Spéciales dans son domaine de responsabilité. L'un des défenseurs de Fallon est le général de la Navy à la retraite, John J. (Jack) Sheehan, dont la dernière affectation était celle de commandant en chef du Commandement Atlantique Américain, où Fallon était son adjoint. L'année dernière, Sheehan a rejeté une proposition de la Maison Blanche de devenir le "tsar" du Président pour les guerres en Irak et en Afghanistan. "L'une des raisons pour laquelle la Maison Blanche l'avait choisi pour CENTCOM était qu'il est connu pour être un penseur stratégique et qu'il avait démontré ces qualités dans le Pacifique", m'a confié Sheehan. (Fallon a servi comme commandant en chef des forces armées dans le Pacifique de 2005 à 2007.) "Il fut chargé de trouver une stratégie d'ensemble cohérente pour l'Iran, l'Irak et l'Afghanistan et, en vertu de la loi, le commandant des combats est responsable de toutes les opérations militaires dans sa zone d'opération. Cela ne s'est pas produit", a dit Sheehan. "Lorsque Fallon a essayé de comprendre toutes les activités secrètes manifestes menées par l'armée dans sa zone de responsabilité, un petit groupe à la Maison Blanche l'en a empêché".

La loi citée par Sheehan est le Defense Reorganization Act de 1986, connu sous le nom de Goldwater-Nichols, qui définissait la chaîne de commandement : du Président au Secrétaire à la Défense, en passant par le président de l'état-major interarmées et ensuite vers les différents commandants des combats, auxquels étaient confiée la charge de tous les aspects des opérations militaires, y compris les entraînements interarmes et la logistique. Cette autorité, exposait la loi, ne devait pas être partagée avec d'autres échelons du commandement. Mais l'Administration Bush, dans sa guerre mondiale contre la terreur, a institué une nouvelle politique qui sapait l'autorité des commandants en chef ; par exemple, elle donnait aux équipes des Opérations Spéciales, au niveau du commandement militaire partout dans le monde, la plus grande priorité pour assurer le soutien et l'équipement. Ces dernières années, la dégradation de la chaîne traditionnelle de commandement a été un point de tension entre la maison Blanche et les militaires en uniforme.

"La cohérence de la stratégie militaire s'érode à cause de l'influence civile indue et de la direction des opérations militaires non conventionnelles", a dit Sheehan. "Si vous avez des petits groupes qui planifient et conduisent des opérations militaires sans que le commandant des combats le sache et le contrôle, par défaut, vous ne pouvez pas avoir une stratégie militaire cohérente. Vous finissez avec un désastre, comme le sont les efforts de reconstruction en Irak."

L'Amiral Fallon, qui est connu sous le nom du Renard (Fox), avait conscience qu'il serait confronté à des difficultés particulières en tant que premier commandant de la Navy à diriger CENTCOM, qui avait toujours été dirigé par un commandant de l'Armée de terre, m'a dit l'un de ses collègues militaires. Il avait aussi conscience que la communauté des Opérations Spéciales serait un problème. "Le Renard m'a dit qu'il y avait plein de trucs pas nets qui se déroulaient aux Opé Spéciales et je lui ai dit qu'il devait se faire une idée sur ce qu'ils tramaient vraiment", a dit le collègue de Fallon. "Les types des Opé Spéciales finirent par se rendre compte qu'ils avaient besoin du Renard et ils ont donc commencé à lui parler. Le Renard aurait remporté son combat contre les Opé Spéciales s'il n'y avait eu Cheney".

Le conseiller du Pentagone a dit la chose suivante : "Fallon a été éliminé parce que, à sa manière, il essayait de prévenir une guerre contre l'Iran et on doit l'admirer pour cela."

Ces derniers mois, selon les médias iraniens, il y a eu une montée en puissance de la violence en Iran. Cependant, à ce stade précoce il est impossible d'en attribuer le crédit aux activités de la CIA ou du JSOC ou d'évaluer leur impact sur la direction iranienne. Les reportages de presse sur l'Iran sont minutieusement contrôlés par le Colonel de l'Armée de l'Air à la retraite, Sam Gardiner, qui a enseigné la stratégie au National War College et qui conduit à présent des jeux de guerre centrés sur l'Iran, par le gouvernement fédéral, les groupes de réflexion et les universités. La presse iranienne "est très ouverte pour décrire les tueries qui ont lieu à l'intérieur du pays", a dit Gardiner. C'est, dit-il, "une presse contrôlée qui considère qu'il est plus important de publier ces choses. Nous commençons à voir à l'intérieur du gouvernement." Il a ajouté, "Pratiquement, pas un seul jour ne se passe aujourd'hui où nous ne voyons pas d'affrontement quelque part. Il y a eu trois ou quatre incidents au cours d'un des derniers week-ends et les Iraniens donnent même les noms des officiers des Gardes Révolutionnaires qui ont été tués."

Au début de l'année, un groupe Ahwazi, partisan de la lutte armée, a revendiqué avoir assassiné un colonel de la Garde Révolutionnaire, et le gouvernement iranien a reconnu qu'une explosion avait eu lieu dans un centre culturel à Shiraz, au sud du pays, qui avait tué au moins douze personnes et en avait blessé plus de deux cents et que c'était un acte terroriste et non pas, comme il avait insisté plus tôt, un accident. On ne pouvait pas savoir s'il y avait une implication américaine dans un incident spécifique en Iran, mais, selon Gardiner, les Iraniens ont commencé à accuser publiquement les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et, plus récemment, la CIA, pour certains de ces incidents. La CIA a été impliquée dans un coup d'Etat en Iran en 1953 et son soutien au régime impopulaire du Shah Mohammed Reza Pahlavi - qui fut renversé en 1979 - a été condamné pendant des années par les mollahs au pouvoir à Téhéran, ce qui a eu un grand effet. "Le nec plus ultra pour les Iraniens - accuser la CIA", a dit Gardiner. "C'est nouveau et c'est une escalade - une augmentation de la tension. Cela renforce le soutien au régime et montre au peuple qu'il y a une menace continue de la part du 'Grand Satan'." Selon le point de vue de Gardiner, la violence, plutôt que l'affaiblissement du gouvernement religieux iranien, pourrait lui générer un soutien.

Beaucoup de ces activités pourraient être entreprises sur le terrain par les dissidents en Iran et non pas par les Américains. Un problème pour "passer l'argent" (pour reprendre l'expression de la personne qui connaît cette Conclusion) dans un cadre secret est qu'il est difficile de contrôler où va l'argent et à qui il bénéficie. Néanmoins, l'ancien responsable des renseignements a dit : "Nous sommes exposés, à cause de notre transfert d'armes et de notre matériel de communication. Les Iraniens auront la capacité de prendre pour argument que l'opposition a été inspirée par les Américains. Combien de fois avons-nous essayé ceci sans poser les bonnes questions ? Le jeu en vaut-il la chandelle ?" Une conséquence possible de ces opérations seraient des mesures sévères violentes iraniennes contre les groupes dissidents, ce qui donnerait à l'Administration Bush une raison d'intervenir.

La stratégie consistant à utiliser les minorités ethniques pour ébranler l'Iran est viciée, selon Vali Nasr, qui enseigne la politique internationale à la Tufts University et qui est aussi membre du comité de direction du CFR (Council on Foreign Relations). "Ce n'est pas parce que le Liban, l'Irak et le Pakistan ont des problèmes ethniques que cela signifie que l'Iran est confronté à la même question", m'a dit Nasr. "L'Iran est un vieux pays - comme la France ou l'Allemagne - et ses citoyens sont tout aussi nationalistes. Les Etats-Unis surestiment la tension ethnique en Iran." Les groupes minoritaires avec lesquels les Etats-Unis établissent le contact sont soit bien intégrés soit petits et marginaux, sans beaucoup d'influence sur le gouvernement ou beaucoup de capacité à représenter un challenge politique, a dit Nasr. "On peut toujours trouver des groupes militants qui iront tuer un policier, mais travailler avec les minorités se retournera contre nous et nous aliènera la majorité de la population."

Il se peut que l'Administration ait été d'accord pour compter sur les organisations dissidentes en Iran, même lorsqu'il y avait une raison de croire que ces groupes avaient monté dans le passé des opérations contre les intérêts américains. L'utilisation des éléments baloutchis, par exemple, est problématique, m'a dit Robert Baer, un ancien agent secret de la CIA qui a travaillé pendant près de deux ans en Asie du Sud et au Moyen-Orient. "Les Baloutchis sont des fondamentalistes sunnites qui haïssent le régime de Téhéran, mais on peut les décrire comme faisant partie d'Al-Qaïda", m'a dit Baer. "Se sont des types qui coupent la tête des incroyants - et dans ce cas, [les incroyants] sont les Chiites iraniens. L'ironie est qu'une nouvelle fois, nous travaillons avec des fondamentalistes sunnites, exactement comme nous l'avons fait en Afghanistan dans les années 80." Ramzi Youssef, qui a été condamné pour son rôle dans l'attentat à la bombe du World Trade Center en 1993, et Khaled Cheikh Mohammed, qui est considéré comme l'un des planificateurs des attaques du 11 septembre, sont des fondamentalistes sunnites baloutchis.

L'un des groupes le plus actif et le plus violent aujourd'hui contre le régime en Iran est le Djoundallah, connu aussi sous le nom de Mouvement de la Résistance du Peuple Iranien, qui se décrit lui-même comme une force de résistance qui se bat pour les droits des Sunnites en Iran. "C'est une organisation salafiste vicieuse dont les fidèles ont suivi les cours de la même madrasa que les Taliban et les extrémistes pakistanais. Ils sont soupçonnés d'avoir des liens avec Al-Qaïda et on pense aussi qu'ils sont liés à la culture du pavot." Le Djoundallah a endossé la responsabilité de l'attentat à la bombe d'un bus rempli de soldats de la Garde Révolutionnaire, en février 2007. Au moins 11 membres de la Garde ont été tués. Selon Baer et les reportages de presse, le Djoundallah fait partie des groupes en Iran qui bénéficient du soutien américain.

Les communautés de la CIA et des Opérations Spéciales ont aussi des liens de longue date avec deux autres groupes dissidents en Iran : le Moudjahidin-e-Khalq, connu en Occident sous le sigle M.E.K., et un groupe séparatiste kurde, le Parti pour une Vie Libre au Kurdistan, le PJAK.

Le M.E.K. est sur la liste terroriste du Département d'Etat depuis plus de dix ans. Pourtant, ces dernières années, ce groupe a reçu des armes et des renseignements, directement ou indirectement, des Etats-Unis. Une partie de ces fonds secrets nouvellement autorisés, m'a dit le conseiller du Pentagone, pourrait très bien atterrir dans les coffres du M.E.K. "Le nouveau corps expéditionnaire travaillera avec le M.E.K. L'Administration attend désespérément des résultats". Il a ajouté, "Le M.E.K. n'a pas d'expert-comptable qui vérifie ses comptes et l'on pense que ses dirigeants se sont remplis les poches pendant des années. Si les gens savaient ce que touche le M.E.K. et les sommes qui atterrissent sur ses comptes bancaires ! Et pourtant, cela est pratiquement inutile pour les objectifs qu'attend l'Administration."

Le parti kurde, le PJAK, que l'on a aussi rapporté comme bénéficiant secrètement des largesses des Etats-Unis, mène des actions contre l'Iran depuis des bases au Nord de l'Irak, depuis au moins trois ans. (L'Iran, comme l'Irak et la Turquie, a une minorité kurde, et le PJAK et les autres groupes ont recherché l'autodétermination sur un territoire qui est à cheval sur ces trois pays.) Ces dernières semaines, selon Sam Gardiner, le stratège militaire, il y a eu une nette augmentation des engagements armés du PJAK contre les Iraniens et des attaques terroristes contre des cibles iraniennes. Début juin, l'agence de presse Fars a rapporté qu'une douzaine de membres du PJAK et quatre gardes frontières iraniens avaient été tués dans un affrontement près de la frontière irakienne ; une attaque similaire en mai avait tué trois Gardes Révolutionnaires iraniens et neuf combattants du PJAK. Le PJAK a aussi soumis la Turquie, un membre de l'OTAN, a des attaques terroristes répétées et le soutien américain dont bénéficierait ce groupe a été une source de friction entre les deux gouvernements.

Gardiner a aussi mentionné un voyage que le Premier ministre irakien, Nouri al-Malaki, a fait à Téhéran en juin. A son retour, Maliki a annoncé que son gouvernement interdirait tout contact entre des étrangers et le M.E.K. - une gifle pour les Etats-Unis qui traitent avec ce groupe. Maliki a déclaré que l'Irak ne voulait pas être le terrain où se préparent les opérations secrètes contre les autres pays. C'était un signe, a dit Gardiner, que "Maliki choisit de plus en plus les intérêts de l'Irak plutôt que ceux des Etats-Unis." En ce qui concerne les accusations américaines de l'implication iranienne dans la mort de soldats américains, a-t-il dit, "Maliki est réticent à jouer le jeu consistant à accuser l'Iran." Gardiner a ajouté que le Pakistan venait juste d'accepter de remettre un dirigeant du Djoundallah au gouvernement iranien. Les opérations secrètes de l'Amérique, dit-il, "semblent nuire aux relations avec les gouvernements, à la fois de l'Irak et du Pakistan, et pourraient bien renforcer le lien entre Téhéran et Bagdad."

La dépendance de la Maison Blanche sur des agents douteux et sur des plans impliquant une action létale possible à l'intérieur de l'Iran a soulevé tant la colère que l'inquiétude au sein des Opérations Spéciales et des communautés du renseignement. On pense que les opérations du JSOC en Iran sont façonnées sur un programme qui a, avec quelques réussites, utilisé des mandataires pour viser la direction Taliban dans les territoires tribaux du Waziristân, le long de la frontière pakistano-afghane. Mais les situations au Waziristân et en Iran ne sont pas comparables.

Au Waziristân, "ce programme marche parce qu'il est petit et que des types intelligents le gèrent", m'a raconté l'ancien responsable des renseignements. "Il est exécuté par des professionnels. La NSA, la CIA et la DIA" - l'Agence des Renseignements Militaires - "sont là, sur le terrain, avec les Forces Spéciales et les renseignements pakistanais, et ils s'occupent de types vraiment méchants." Il a ajouté, "Nous devons vraiment faire très attention lorsque nous demandons l'intervention des missiles. Nous devons toucher certaines maisons à certains moments. Les gens sur le terrain observent à la jumelle à une distance de quelques centaines de mètres et donnent les localisations, en latitude et en longitude. Nous laissons rôder le Prédateur, jusqu'à ce que les cibles localisent une maison et nous devons nous assurer que nos hommes sont suffisamment loin afin de ne pas être touchés." L'une des victimes la plus importante de ce programme, m'a dit l'ancien responsable, était Abou Laith al-Libi, un haut commandant Taliban, qui aurait été tué le 31 janvier dans une frappe de missile qui a tué aussi onze autres personnes.

Une dépêche publiée le 26 mars par le Washington Post faisait état d'un nombre croissant de frappes couronnées de succès contre les Taliban et d'autres unités d'insurrection dans les zones tribales du Pakistan. Un article complémentaire faisait remarquer qu'en riposte les Taliban avaient tué "des douzaines de personnes" soupçonnées d'avoir donné des informations aux Etats-Unis et à leurs alliés sur les allées et venues des dirigeants Taliban. On pense qu'un grand nombre de ces victimes étaient des espions américains et leurs exécutions - dans un cas, une décapitation - furent enregistrées sur vidéo et distribuées par DVD pour mettre en garde les autres.

Il n'est pas simple de reproduire ce programme en Iran. "Tout le monde se querelle sur la liste de cibles de haute valeur", a dit l'ancien responsable des renseignements. "Les gars des Opé Spéciales sont énervés parce que le cabinet de Cheney fixe les priorités sur des catégories de cibles et il est désormais impatient et exerce des pressions pour obtenir des résultats. Mais cela prend beaucoup de temps pour que les bonnes personnes soient en place."

Le conseiller du Pentagone m'a dit, "Nous avons eu d'excellents résultats dans la Corne de l'Afrique avec l'utilisation d'indicateurs et de leurres - des tactiques basiques de contre-espionnage et de contre-insurrection. Et nous avons commencé à les embrouiller en Afghanistan. Mais la Maison Blanche va tuer ce programme si elle l'utilise contre l'Iran. C'est une chose de s'engager dans des frappes et des assassinats sélectifs au Waziristân et cela en est une autre en Iran. La Maison Blanche pense que la même chose peut s'appliquer partout, mais les questions légales entourant les assassinats extrajudiciaires au Waziristân sont moins un problème parce qu'Al-Qaïda et les Taliban traversent la frontière pour entrer en Afghanistan et en revenir, souvent avec les forces de l'OTAN à leur poursuite. La situation n'a rien d'aussi clair dans le cas de l'Iran. Toutes les considérations - judiciaires, stratégiques et politiques - sont différentes en Iran."

Il a ajouté, "Il y a une immense opposition au sein de la communauté des renseignements à l'idée de livrer une guerre secrète à l'intérieur de l'Iran et d'utiliser les Baloutchis et les Ahwazis comme substituts. Les dirigeants de notre communauté des Opérations Spéciales ont tous un courage remarquable, mais ils sont moins enclins à exprimer leur opposition à cette politique. L'Iran n'est pas le Waziristân."

Un sondage de l'institut Gallup réalisé en novembre dernier, avant que le NIE ne soit rendu public, trouvait que 73% de ceux qui avaient été interrogés pensaient que les Etats-Unis devaient utiliser l'action économique et la diplomatie pour stopper le programme nucléaire iranien, tandis que 18% seulement étaient favorables à une action militaire directe. Les Républicains sont deux fois plus disposés que les Démocrates à soutenir une frappe militaire. La lassitude avec la guerre en Irak a sans aucun doute affecté la tolérance du public pour une attaque contre l'Iran. Toutefois, l'humeur pourrait changer rapidement. Le potentiel pour une escalade est devenu clair début janvier, lorsque cinq bateaux patrouilleurs iraniens, que l'on pense avoir été sous le commandement des Gardes Révolutionnaires, ont fait une série de gestes agressifs en direction de trois navires de guerre de la Navy qui naviguaient à travers le Détroit d'Ormuz. Les reportages initiaux de cet incident, rendu public par le bureau de presse du Pentagone, disaient que les Iraniens avaient proféré des menaces par radio de bateau à bateau, de "faire sauter" les navires américains. Lors d'une conférence de presse de la Maison Blanche, le Président, le jour de son départ pour un voyage de huit jours au Moyen-Orient, a dit que cet incident est une "dangereuse provocation" et il y a eu, très brièvement, un sentiment de crise et d'indignation vis-à-vis de l'Iran. "NOUS SOMMES A DEUX MINUTES DE LA GUERRE" a titré un quotidien britannique.

Cette crise fut rapidement désamorcée par le vice-Amiral Kevin Cosgriff, le commandant des forces navales dans la région. Aucun tir de semonce n'a eu lieu, a déclaré l'Amiral au corps de presse du Pentagone le 7 janvier, via une téléconférence depuis son QG à Bahreïn. "Oui, c'est plus sérieux que ce que nous avions considéré, mais, pour remettre les choses dans leur contexte, nous communiquons vraiment régulièrement avec les Gardes Révolutionnaires et leur Marine ", a dit Cosgriff. "Je n'ai pas eu le sentiment en lisant les rapports que je recevais qu'il y avait une raison d'être effrayé par ces cinq bateaux."

La prudence de l'Amiral Cosgriff était parfaitement fondée : en une semaine, le Pentagone a reconnu qu'il ne pouvait pas identifier avec certitude les bateaux iraniens comme source de la transmission radio scandaleuse. Des reportages de presse ont suggéré à la place que leur provenance était celle d'un farceur, connu depuis longtemps pour envoyer de faux messages dans la région. Néanmoins, le comportement de Cosgriff mit Cheney en colère, selon l'ancien responsable des renseignements. Mais une leçon a été apprise de cet incident : le public avait soutenu l'idée d'une riposte et demandait même pourquoi les Etats-Unis n'en avaient pas fait plus. Cet ancien responsable a dit que, quelques semaines plus tard, une réunion a eu lieu dans le bureau du vice-Président. "Le sujet était comment créer un casus belli entre Téhéran et Washington," a-t-il dit.

En juin, le Président Bush s'est rendu en Europe pour une tournée d'adieu. Il a pris le thé avec la Reine Elizabeth II [d'Angleterre] et a dîné avec Nicolas Sarkozy et Carla Bruni. Les affaires sérieuses se sont déroulé à huis clos et ont impliqué une série de réunions sur un nouvel effort diplomatique pour persuader les Iraniens d'arrêter leur programme d'enrichissement d'uranium. (L'Iran soutient que son programme d'enrichissement n'a que des objectifs civils et qu'il est légal, en vertu du Traité de Non-Prolifération Nucléaire - le TNP.) [N. du T. : Ce qui est parfaitement exact] La Secrétaire d'Etat Rice a été impliquée pour développer un nouvel ensemble de mesures d'encouragement. Mais la position essentielle de négociation de l'Administration a semblé inchangée : des pourparlers ne peuvent avoir lieu tant que l'Iran n'a pas arrêté son programme. Les Iraniens ont régulièrement et catégoriquement rejeté cette condition préalable, laissant la situation diplomatique dans l'impasse ; ils n'ont pas encore répondu officiellement à ces nouvelles offres.

L'impasse continue alarme de nombreux observateurs. Joschka Fischer, l'ancien ministre allemand des affaires étrangères, a écrit récemment dans un article de presse qu'il pourrait "être possible de ne pas geler le programme nucléaire iranien pour la durée des négociations, afin d'éviter une confrontation militaire avant qu'elles ne soient achevées. Si cette nouvelle tentative devait échouer, les choses deviendraient rapidement sérieuses. Mortellement sérieuses." Lorsque je lui ai parlé la semaine dernière, Fischer, qui a des contacts étendus dans la communauté diplomatique, a dit que la toute dernière approche européenne incluait un nouvel élément : que les Européens et les Etats-Unis étaient prêts à accepter quelque chose de moins qu'un arrêt complet de l'enrichissement comme étape intermédiaire. "Cette proposition dit que les Iraniens doivent cesser de fabriquer des centrifugeuses et l'autre camp mettra un terme à toutes les activités supplémentaires de sanction au sein du Conseil de Sécurité des Nations Unies", a dit Fischer, bien que l'Iran doive toujours geler ses activités d'enrichissement lorsque les négociations officielles commenceront. "Ceci pourrait être acceptable pour les Iraniens - s'ils font preuve de bonne volonté."

La grande question, a ajouté Fischer, se trouve à Washington. "Je pense que les Américains sont profondément divisés sur la question de ce qu'il fait faire au sujet de l'Iran", a-t-il dit. "Certains officiels sont préoccupés par les retombées d'une attaque militaire et d'autres pensent qu'une attaque est inévitable. Je connais les Européens, mais je n'ai aucune idée jusqu'où iront les Américains sur cette question."

Il y a une autre complication : la politique présidentielle américaine. Barack Obama a déclaré que s'il est élu, il entamerait des pourparlers avec l'Iran sans conditions préalables qui "iraient à l'encontre du but recherché" (toutefois, seulement après que le terrain diplomatique aura été balisé). Cette position a été vigoureusement critiquée par John McCain. Le Washington Post a cité récemment Randy Scheunemann, le directeur de campagne de McCain pour les questions de sûreté nationale, qui a exposé que McCain soutient la position de la Maison Blanche et que ce programme doit être suspendu avant d'entamer les pourparlers. Ce qu'Obama propose, dit Scheunemann, "est une politique unilatérale de rencontre au sommet façon cow-boy."

Scheunemann, qui est connu pour être un néoconservateur, est aussi le canal le plus important de communication avec la Maison Blanche pour la campagne de McCain. Il est un ami de David Addington, le chef de cabinet de Dick Cheney. J'ai entendu des comptes-rendus qui diffèrent sur l'influence de Scheunemann sur McCain ; Bien que certaines personnes proches de la campagne de McCain parlent de lui comme d'un possible conseiller à la sûreté nationale, d'autres disent qu'il n'est pas une personne prise au sérieux tandis "qu'il dit à Cheney et aux autres ce qu'ils veulent entendre". C'est ce qu'affirme l'un des conseillers de McCain.

On ne sait pas si McCain, qui est le Républicain de plus haut rang à la Commission sénatoriale sur les forces armées, a été officiellement informé des opérations en Iran. Lors de la conférence annuelle de l'AIPAC [le tout-puissant lobby d'Israël aux Etats-Unis] en juin, Obama a répété son engagement pour une "stricte diplomatie de principe". Mais il a aussi dit, comme McCain, qu'il garderait la menace d'une action militaire contre l'Iran sur la table.

http://questionscritiques.free.fr/dossiers/Seymour_Hersh/Iran_Etats-Unis_Cheney_guerre_300608.htm

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