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Sunday, June 28, 2009

Exclusivité mondiale : de nouvelles révélations concernant la torture de Ibn al-Shaykh al-Libi


En exclusivité mondiale, Andy Worthington, l'auteur de "Guantánamo Files", révèle de nouvelles informations, provenant d'une source en Libye, au sujet de Ibn al-Shaykh al-Libi, l'ancien « prisonnier fantôme » Usaméricain qui est mort dans une prison libyenne le mois dernier, se focalisant, en particulier, sur les prisons dans lesquelles il a été détenu et la manière dont la torture était utilisée par ses interrogateurs

AUTEUR: Andy WORTHINGTON


Traduit par Isabelle Rousselot. Édité par Fausto Giudice

Depuis l'annonce de la mort de Ibn al-Shaykh al-Libi (dont le vrai nom était Ali Abdul Hamid al-Fakheri), dans une prison libyenne, le mois dernier, les rumeurs sont allées bon train sur le journal libyen Oea, qui prétendait qu'il s'était suicidé et qui dissimulait la réalité qu'il avait en fait été assassiné.



Al-Libi, le plus célèbre « prisonnier fantôme » durant l'administration Bush, avait été à la tête du camp d'entraînement de Khaldan en Afghanistan ; sa notoriété ne provenait pas de ses activités propres mais du fait que, après sa capture en décembre 2001, il fut détenu par la CIA en Égypte, où, sous la torture, il fit de faux aveux selon lesquels deux membres d'Al Qaïda avaient reçu des informations de Saddam Hussein sur l'utilisation d'armes chimiques et biologiques, ce qui a ensuite été utilisé pour justifier de l'invasion de l'Irak en mars 2003.



La mort de Ibn al-Shaykh al-Libi



Plusieurs signes indiquaient que la version donnée de la mort d'al-Libi était suspecte. Oea appartient à l’un des fils du colonel Kadhafi et, comme Hafed al-Ghwell, un Libyen-Américain et éminent détracteur du régime de Kadhafi, l'a expliqué à Newsweek, « cette idée de se suicider dans sa cellule est une vieille histoire en Libye. » Il a ajouté que, durant les 40 années du gouvernement Kadhafi, il y a eu plusieurs exemples où il était rapporté que des prisonniers politiques s'étaient suicidés mais lorsque « les familles récupéraient les corps, elles découvraient que les prisonniers avaient été abattus d'une balle dans le dos et torturés à mort. »



De plus, deux enquêteurs de Human Rights Watch (HRW) avaient brièvement rencontré al-Libi dans la cour de la prison Abu Salim de Tripoli, à peine deux semaines avant sa mort, et bien qu'il ait refusé de leur parler, ils ont indiqué qu'il avait « l'air d'aller bien » et il a été également découvert quelques jours après sa mort, que des avocats d’Abu Zoubaydah, un autre ancien « prisonnier fantôme », envoyé à Guantánamo en septembre 2006, avaient essayé de prendre contact avec al-Libi pour qu'il apparaisse comme témoin éventuel dans un futur procès impliquant leur client.



Une semaine après sa mort, Newsweek signale que l'administration US « est sceptique sur le supposé suicide » et que l'administration d'Obama « insiste pour que le gouvernement libyen explique » la mort d'al-Libi. Parlant de façon anonyme, un employé de l'administration, « familier de l'affaire », a déclaré à Newsweek, « Nous voulons des réponses. Nous voulons savoir ce qui s'est réellement passé ici. »



L'article de Newsweek explique également que les officiels usaméricains craignent que la mort d'al-Libi « puisse remettre en cause l'Extraordinary Rendition Program (de la CIA) et ne vienne compliquer plus encore les projets du président de fermer le centre de détention de Guantánamo Bay. » Je n'ai aucune idée de l'impact possible de la mort d'al-Libi sur les projets du président Obama de fermer Guantánamo, mais concernant les points embarrassants du programme de l' « extraordinary rendition » (transferts extraordinaires) et sur la torture sous l'administration Bush, qui impliquent les prisons secrètes dirigées par la CIA et les autres prisons de pays tiers, l'article de Newsweek me paraît tout à fait exact.



De nouvelles révélations au sujet de la torture d'al-Libi



Suite à la mort d'al-Libi, des détails troublants sur sa détention dans au moins sept lieux différents dans le monde sont apparus dans des déclarations issues d'une source à l'intérieur de la Libye. Cette source, qui souhaite rester anonyme pour sa propre sécurité et celle de sa famille, a affirmé avoir rencontré al-Libi en prison avant sa mort, et qu’al-Libi lui aurait expliqué ce qui lui était arrivé pendant les quatre ans et trois mois qui se sont déroulés entre sa capture et sa remise aux autorités libyennes au printemps 2006.



L'histoire qu’al-Libi a racontée à sa source à la prison d'Abu Salim m'a été rapportée par un ancien prisonnier de Guantánamo, Omar Deghayes, qui n'était encore qu'un adolescent quand il est arrivé en Grande-Bretagne dans les années 1980, depuis la Libye, où son père, un avocat et un militant syndicaliste, avait été assassiné par le régime Kadhafi. Bien entendu, je ne peux pas vérifier les détails de l'histoire que m'a racontée Deghaves via la source en Libye, puisque la mort d'al-Libi a mis fin à toute possibilité de connaître un jour ce qui lui est arrivé face aux forces fsaméricaines, aux autorités libyennes et aux autres impliqués dans sa détention et sa torture, mais tant de détails correspondent aux faits déjà établis à travers d'autres recherches, qu'il me semble certain que l'histoire est véridique.



Selon Deghayes, la source libyenne a expliqué que al-Libi lui avait dit avoir d’abord été brièvement détenu en Afghanistan après sa capture, (dans la prison usaméricaine de l'aéroport de Kandahar et sur le porte-hélicoptères d'assaut USS Bataan, selon un rapport précédent), puis avoir été transféré en Egypte, en Mauritanie, au Maroc et en Jordanie. Il fut ensuite ramené en Afghanistan où il fut détenu dans trois prisons différentes dirigées par la CIA ou sous son contrôle. Il a également expliqué qu'il avait subi des tortures dans tous ces lieux, et il a fourni des détails troublants sur la façon dont il était manipulé par ses interrogateurs.



Torture en Égypte et en Mauritanie



Ces pays ont tous été cités dans des rapports précédents, mais certains nouveaux détails sont apparus. L'époque où al-Libi était en Égypte est, bien entendu, le moment où est sorti le célèbre mensonge au sujet d'Al Qaïda et Saddam Hussein qui devrait d'ailleurs être lancé à la face de l'ancien vice-président Cheney, à chaque fois qu'il est invité à une émission télévisée pour y répéter ses affirmations selon lesquelles la torture a sauvé les USA d'autres attaques terroristes et où il fait semblant d'ignorer le rôle crucial qu'il a joué en utilisant la torture pour lancer une guerre illégale.



Après l'Égypte, selon la source libyenne, al-Libi fut envoyé dans une prison en Mauritanie. Ceci aussi avait été cité auparavant, dans un article de Seymour Hersh dans le New Yorker en juin 2007, qui a suivi des révélations du Washington Post en novembre 2005, indiquant que la CIA avait utilisé une prison secrète en Pologne pour les « détenus de grande valeur » (et apparemment une autre en Roumanie pour les prisonniers de moindre importance, originaires d'Afghanistan et d'Irak). En décembre 2005, ABC News rapportait que onze « détenus de grande valeur » - dont al-Libi – étaient emprisonnés en Pologne (une liste est d'ailleurs disponible) et dans leNew Yorker, Hersh expliquait qu'on lui avait dit que la Mauritanie avait été désignée comme le nouveau lieu de détention après que l'existence de la prison polonaise eut été découverte :



« J'ai été informé par l'ancien responsable des renseignements et par un conseiller au gouvernement que, une fois l'existence des prisons secrètes de la CIA révélée dans le Washington Post, fin 2005, l'Administration avait réagi en ouvrant un nouveau centre pénitentiaire en Mauritanie. Après qu'un nouveau gouvernement, ami des USA, eut pris le pouvoir par un coup d'État sanglant en août 2005, il fut beaucoup plus facile pour la communauté du renseignement de cacher des vols secrets dans ce pays. »



Le problème avec cette histoire se trouve dans la chronologie car comme l'a décrit sa source libyenne, al-Libi n'a pas du tout mentionné avoir été détenu en Pologne mais il a indiqué avoir été transféré en Mauritanie après sa détention en Égypte, vraisemblablement en 2002 ou 2003. Il se peut que la source se soit trompée mais il est également possible que l'administration usaméricaine soit parvenue à un accord à l'époque, car les représentants des renseignements travaillaient étroitement avec le gouvernement mauritanien après les attaques du 11 septembre. Mohamedou Ould Slahi, un ressortissant mauritanien qui habitait en Allemagne et avait été en contact avec les protagonistes du 11 septembre, fut livré aux agents US en novembre 2001, ce qui l’a amené à déclarer, lors de son procès à Guantánamo : « Mon pays m'a livré comme on donne un bonbon, aux USA, écourtant ainsi toutes possibilités de jugement en bonne et due forme. » Slahi a également indiqué que les agents US l'avaient interrogé en Mauritanie, un mois plus tôt, et que l'un d'eux l'avait menacé d'appeler les « noirs » pour le torturer.



Torture au Maroc et en Jordanie



Depuis la Mauritanie, al-Libi a déclaré avoir été transféré au Maroc. On ne sait pas grand-chose de ce qui s'est passé au Maroc bien que l'auteur et journaliste, Peter Bergen, ait noté dans une étude majeure sur le « protocole exceptionnel de détention » l'année dernière, que le Maroc était un des pays dans lequel al-Libi était détenu et s'il était bien détenu là-bas fin 2002 ou au cours de 2003, cela aurait correspondu à la période où le résident en Grande-Bretagne, Binyam Mohamed y était détenu (entre juillet 2002 et janvier 2004), et au moment où il existait manifestement une relation active impliquant l'utilisation de la torture qui était négociée entre le gouvernement des USA et celui du Maroc.



Du Maroc, al-Libi a déclaré, avoir été transféré en Jordanie, dans un centre de détention dirigé par le célèbre GID (les services de renseignements jordaniens). Dans un rapport datant d'avril 2008 intitulé Double Jeopardy , Human Rights Watch a découvert qu'au moins 14 prisonniers non jordaniens avaient été mis en détention en Jordanie par la CIA, entre 2001 et 2004 et un ancien prisonnier détenu en 2004-2005 avait dit à un enquêteur qu'un « gardien avait parlé d'un prisonnier libyen qui avait été livré par les USA, » et qu'il « pensait que le nom du prisonnier était Ibn al-Sheykh al-Libi, mais il n'en était pas sûr. » L'ex-prisonnier a également expliqué que ce prisonnier libyen était « détenu au dernier étage du bâtiment du GID, loin de tous les autres prisonniers, » et qu'un gardien lui avait dit :



« Ils cachaient un certain gars libyen qui avait été livré par les Américains pour être interrogé. Ils ne voulaient pas que le Comité International de la Croix Rouge en ait connaissance. Et ils ne voulaient pas que les Libyens sachent où il se trouvait. Alors ils ont choisi des gardiens à la peau noire, et ils les ont habillés avec des pantalons verts et des chemises jaunes afin que le Libyen pense qu'il se trouvait en Afrique. »



Human Rights Watch a également noté qu'une autre source, qui avait été en contact avec al-Libi, avait indiqué qu'il croyait être détenu en Jordanie « pendant quelques mois » et je trouve cette mention « quelques mois » particulièrement intéressante parce qu'elle correspond à la supposition de la source libyenne selon laquelle al-Libi n'aurait pas été détenu plus de deux ans en Égypte, comme les rapports précédents semblent l'indiquer, mais qu'il aurait en fait, été déplacé pendant une période de deux ans, entre l'Égypte, la Mauritanie, le Maroc et la Jordanie jusqu'à ce que, si l'auteur et journaliste Stephen Grey dit vrai, il soit à nouveau détenu à Bagram à partir du 22 novembre 2003, dans une partie secrète de la prison, dirigée par la CIA, et connue sous le nom de « Hangar. »



Identification d'autres prisonniers à travers l'utilisation de la torture



Ce qui rend ce scénario encore plus terrible est le commentaire de la source libyenne – qui n'avait encore jamais été rapporté jusqu'à présent – qui dit que, dans chaque prison, d'autres « suspects terroristes » étaient amenés devant al-Libi et qu'il était tenu d'identifier ceux qu'il connaissait – ou, sous la torture, ceux qu'il ne connaissait pas.



Ce qui concorde en partie avec le rapport de sa mort dans le journal Oea, qui notait qu' »il avait quitté la Libye en 1986 pour voyager au Maroc, en Mauritanie puis en Arabie Saoudite où il fut recruté en 1990 pour s'engager avec les militants islamistes en Afghanistan » (en d'autres mots, qu'il avait passé quelques temps dans deux des pays où il fut ensuite détenu par la CIA), et qui indiquait aussi qu'on lui avait essentiellement fait faire une tournée de la torture dans les prisons d'Afrique et du Moyen-Orient pour identifier ceux qui avaient reçu un entraînement à Khaldan – ou encore une fois, ceux qui se retrouvaient impliqués par des aveux soutirés sous la torture.



Dans des conditions non coercitives, avec des interrogateurs qualifiés comme les employés du FBI qui ont interrogé al-Libi au départ, juste après sa capture (avant que les agents de la CIA ne prennent le relais, l'enferment dans une minuscule boite et l'envoient en Égypte, tandis qu'un autre agent lui disait : « Tu vas au Caire, tu sais. Avant que tu arrives là-bas, je vais trouver ta mère et je vais la b*** »), il est possible que cette approche ait pu produire des renseignements sincères, mais dans les circonstances qui ont effectivement prévalu – comme la torture par simulacre de noyade (waterboarding) qui a produit les faux aveux sur le lien entre Al Qaïda et Saddam Hussein – la vision évoquée est celle d'une terrifiante chasse aux sorcières internationale, aussi éloignée des notions de justice, de poursuite de la vérité et de responsabilités gouvernementales qu'il soit possible d'imaginer.



De plus, l'histoire devient encore plus effrayante quand on découvre qu'il avait été demandé aux prisonniers, à plusieurs reprises, d'identifier des "suspects terroristes" à partir de photographies. Aucun rapport ne confirme que c'est également arrivé à al-Libi mais il est inconcevable que ça n'ait pas eu lieu, et de façon régulière, car c'est arrivé à chaque autre prisonnier considéré comme ayant une valeur informative. Un de ces prisonniers était Ali al-Hajj al-Sharqawi (également identifié sous le nom de Abdou Ali Sharqawi), un Yéménite arrêté à Karachi en février 2002.



Livré par la CIA à la Jordanie, où il a été détenu pendant deux ans avant d'être transféré en Afghanistan puis à Guantánamo où il se trouve toujours, al-Sharqawi a expliqué, dans une note qu'il a écrite lorsqu'il était détenu par le GID en 2002, et qu'il a ensuite fait sortir de prison clandestinement :



« J'étais interrogé tout le temps, le soir et la journée. On me montrait des milliers de photos, littéralement des milliers, je n'exagère pas... Et en plus de tout ça, vous subissiez la torture, les mauvais traitements, les injures, les humiliations. Ils m'ont menacé de sévices sexuels et d'électrocution. Ils m'ont dit que si je voulais finir avec un handicap permanent, autant mental que physique, alors qu'ils pouvaient m'arranger ça. Ils disaient qu'ils avaient tous les équipements en Jordanie pour le faire. On m'a dit que je devais parler, je devais tout leur dire. »



Al-Sharqawi a aussi expliqué, comme l'a décrit Human Rights Watch, que « les interrogateurs du GID étaient très désireux de fournir des informations à la CIA. » Dans sa note de prison, il indique :



« À chaque fois qu'un interrogateur me demandait une information particulière et que je répondais, il me demandait si je l'avais dit aux Américains. Et si je disais non, il sautait de joie et il me laissait et allait le rapporter à ses supérieurs, et ils se réjouissaient. »



Human Rights Watch a aussi déclaré que al-Sharqawi « avait dit plus tard à ses avocats, qu'un de ces interrogateurs jordaniens avait reconnu qu'il posait des questions fournies par les Américains. »



Un autre récit détaillé fut donné par Abu Hamza al-Tabouki, un ressortissant saoudien, arrêté à Karachi au Pakistan, fin 2001 et qui est revenu en Arabie saoudite fin 2002 ou début 2003 (il a ensuite été relâché), qui a écrit un récit de ses expériences qui a été mis à la disposition de Human Rights Watch par un ancien prisonnier avec qui il était détenu.



Comme l'explique Human Rights Watch dans son rapport, « Al-Tabouki affirmait que le but des mauvais traitements était d'obtenir des informations, même des fausses informations » et dans son récit, il écrit :



« Les questions étaient concentrées sur Oussama Ben Laden, sur ses épouses et ses enfants, sa localisation, et sur les membres d'Al Qaïda. On me montrait des photos de Yéménites, de Saoudiens, de Jordaniens et d'Egyptiens, barbus ou non barbus. On me demandait de donner les noms de ces individus et on me forçait à les identifier même si je ne les connaissais pas. Plusieurs fois, j'ai même inventé des noms pour eux car je ne savais pas qui ils étaient et j'étais forcé sous la contrainte physique de les identifier.



Ils m'ont beaucoup torturé afin de me faire avouer les cibles américaines qu'Al Qaïda avait l'intention de frapper, même si je n'avais aucune connaissance à ce sujet. Ils m'ont même forcé, à travers la torture, à inventer des cibles imaginaires qu'ils pouvaient transmettre aux Américains. Leurs maîtres (américains) découvraient ensuite que ces menaces étaient fictives et que de telles cibles avaient été inventées sous la torture. »



Torture en Afghanistan



Selon la source libyenne, après son emprisonnement en Jordanie, al-Libi fut détenu en Afghanistan dans trois prisons différentes, dirigées par la CIA : « Le Hangar » à l'intérieur de la base aérienne de Bagram, la « Dark Prison » près de Kaboul où des douzaines de prisonniers étaient détenus et dans une autre prison dans la vallée du Panshir, dans les montagnes au nord de Kaboul, où vivait Ahmed Shah Massoud, le commandant de l'Alliance du Nord afghane, qui a été assassiné à peine deux jours avant les attaques du 11 septembre.



Peu d'enquêteurs ont pensé que la prison du Panshir était utilisée dans le cadre du réseau des prisons secrètes de la CIA, mais ceci a été cité brièvement, l'été dernier, dans le procès devant la commission militaire de Salim Hamdan, un des chauffeurs d’Oussama Ben Laden, quand le juge de l'affaire, le capitaine Keith Allred, a rejeté tout témoignage obtenu lors de sa détention dans la prison du Panshir, peu de temps après sa capture – et où, selon Hamdan, les agents de la CIA « l'ont, à plusieurs reprises, attaché, lui ont mis un sac sur sa tête et lui ont frappé la tête contre le sol » - à cause des « environnements et conditions hautement coercitifs dans lesquels ils ont été faits. »



En outre, Omar Deghayes m'a indiqué que, à Guantánamo, un autre prisonnier avait dit avoir été détenu avec al-Libi dans la prison du Panshir. Ce prisonnier – toujours détenu – est Sanad al-Kazimi, un Yéménite arrêté aux Émirats Arabes Unis en janvier 2003, qui a ensuite été détenu dans les prisons secrètes de la CIA en Afghanistan – y compris la « Dark Prison » - où il a été torturé pendant un an et huit mois avant d'être transféré à Guantánamo.



Dans mon livre, The Guantánamo Files, j'ai aussi discuté de la prison de Panshir, comme l'avait mentionné Abu Yahya al-Libi, un des quatre prisonniers qui s'est échappé de Bagram en juillet 2005, dans un blog sur un obscur site Internet en langue française, qui a d'ailleurs disparu depuis. Abu Yahya al-Libi a décrit 12 prisonniers qui étaient détenus avec lui à Bagram (seuls certains d'entre eux ont ensuite été transférés à Guantánamo) et a expliqué comment ils avaient transité dans un réseau de prisons secrètes de la CIA en Afghanistan, y compris celle de Panshir, où ils y ont tous subi les « pires tortures ». Il n'a pas mentionné Ibn al-Shaykh al-Libi mais il a fourni un aperçu tout à fait incroyable sur l'emplacement de la prison, expliquant que, en février 2004, lui-même et un prisonnier algérien appelé Abdul Haq (dont la localisation est aujourd'hui inconnue) s'étaient échappés de la prison de Panshir pendant un jour et demi, avant d'être à nouveau capturés sous une « neige battante et un froid glacé » dans les montagnes.



Une conclusion dérangeante



Comme pour beaucoup de détails de l'histoire d'al-Libi, il est difficile de connaître l'exactitude de la chronologie proposée par la source libyenne. Il me semble plausible que, après 22 mois en Égypte, Mauritanie, Maroc et Jordanie, il soit arrivé à Bagram le 22 novembre 2003, comme l'a affirmé Stephen Grey, et qu'il ait ensuite été détenu en Afghanistan pendant environ deux ans et quatre mois avant de revenir en Libye.



Cependant, il est également possible qu'il ait été détenu en Pologne, et qu'il n’ait pas su où il se trouvait (comme l'a dit Khalid Sheikh Mohammed aux représentants du Comité International de la Croix Rouge, il avait seulement compris qu'il était détenu en Pologne quand il a vu une étiquette en polonais sur une bouteille d'eau minérale) et d'autre part, cela vaut aussi le coup d'être remarqué, il manque dans le rapport libyen toute mention de Guantánamo, alors qu'il a été longtemps soupçonné que la CIA dirigeait une prison secrète dans les souterrains de la base navale, mais séparée des autres bâtiments de la prison.



Ceci a été rapporté dans le Washington Post en décembre 2004, quand Dana Priest a écrit que, à l'intérieur de la base navale, « la CIA a gardé une structure pénitentiaire pour des prisonniers d'Al Qaïda de grande valeur, qui n'a jamais été mentionnée en public, selon des militaires et divers, actuels ou anciens, employés des renseignements. Priest a également noté que la prison secrète « contenait des détenus du Pakistan, d'Afrique de l'Ouest, du Yémen et d'autres pays, dans le plus grand secret, » selon ses sources, et selon ce qu'un employé de l'administration qui avait récemment visité la base, lui aurait dit : « les gens sortent et entrent constamment. »



A l'époque, Priest avait noté : « Nous ne savons pas clairement si cette structure est toujours en fonctionnement aujourd'hui, » mais la rumeur très répandue est qu'elle a été fermée quelques temps après juin 2004, après que la Cour Suprême eut statué, dans l'affaire Rasul contre Bush, que les prisonniers avaient droit à l’ habeas corpus, ouvrant la voie aux avocats pour visiter les prisonniers et ainsi déchirer le voile du secret, qui, jusqu'à aujourd'hui, recouvrait avec succès la prison et ses rouages. De façon encore plus significative, Omar Deghayes m'a indiqué que les rumeurs sur l'existence des prisons secrètes – et sur la présence de « détenus de haute valeur » y compris Ibn al-Shaykh al-Libi – étaient également très répandues à l'intérieur de Guantánamo.



Enfin, pourtant, ce qui est le plus révélateur au sujet de la tournée de tortures qu'al-Libi a subi dans les différentes prisons mandatées par les USA et celles dirigées par la CIA, est de se rendre compte que, tout au long de son long supplice, les interrogateurs US ou leurs mandataires utilisaient la torture, de façon continue, pour obtenir de lui des informations sur d'autres prisonniers et d'autres suspects – soit en présence de ces hommes, ou à l'aide de photographies – qui étaient aussi peu fiables que ses « aveux » sur les connections entre Al Qaïda et Saddam Hussein, et que ces autres « aveux » durent, à leur tour, mener à d'autres arrestations et à d'autres tortures, avec un effet cumulatif dont l'envergure est vraiment effarante.



Un corollaire au sujet de Khaldan



Comme si ce n'était pas encore assez dérangeant, et ce dont personne ne veut parler, est le fait que, tout au long de ses années en tant qu'émir dans le camp d'entraînement de Khaldan, al-Libi n'était pas connecté à al Qaïda. Al-Libi, opérateur indépendant et vétéran de la résistance des moudjahidines durant l'occupation soviétique de l'Afghanistan, se contentait d' offrir un entraînement militaire aux moudjahidines du monde entier, y compris à ceux qui voulaient continuer la lutte contre la Russie en Tchétchénie.



Ce qui ne signifie pas, bien entendu, que ce n'était pas un personnage dangereux, comme peuvent l'être les anciens de son camp, dont apparemment Zacarias Moussaoui, un des pirates qui a échoué lors des attaques du 11 septembre, et comme « shoe bomber » (le terroriste à la chaussure), Richard Reid (les deux purgent la détention à perpétuité aux USA) et l'intérêt des autres participants au camp était plutôt concentré sur des opérations terroristes en Afrique du nord et en Europe mais ceci indique que l'insistance de l'administration Bush de relier toute activité de moudjahidines à Al Qaïda est sérieusement déplacée et démontre aussi que « l'entraînement terroriste » - ou la « préparation pour le jihad » - était une vaste filière qui incluait aussi bien un entraînement à l'autodéfense et de préparation à l'activité militaire pour le compte d'autres musulmans, que ce que nous considérons généralement comme le terrorisme.



Dans le cas du camp Khaldan, par exemple, il est rarement, voire jamais, mentionné, que le refus d'al-Libi de coopérer avec Oussama Ben Laden a conduit à la fermeture du camp taliban en 2000, même si cette histoire est apparue à Guantánamo à deux occasions différentes, et a des ramifications pas seulement pour l'affaire d'al-Libi, mais aussi pour celle d'Abu Zoubaydah. Un supposé « détenu de haute valeur », Zoubaydah est décrit systématiquement comme un «haut responsable d’Al Qaïda » même si, selon Dan Coleman du FBI, un interrogateur de la vieille école qui était impliqué dans son affaire avant que la CIA ne prenne le relais, et qui était irréductiblement opposé à l'utilisation de la torture, Zoubaydah n'était rien de plus qu'un gardien de refuge avec des problèmes mentaux qui prétendait en savoir plus sur Al Qaïda et ses rouages qu'il ne le savait vraiment.



La vision de Coleman a été renforcée à Guantánamo par Khalid al-Hybayshi, un Saoudien qui a ensuite été libéré, et qui a expliqué, à son procès que, loin d'être un cerveau, Abu Zoubaydah était responsable de « recevoir les gens et de financer le camp (Khaldan), » qu'il lui avait, une fois, acheté des billets de voyage et que c'était l'homme qu'il allait voir quand il avait besoin d'un nouveau passeport. Al-Hubayshi a également noté que Zoubaydah n'avait pas une relation de longue date avec Ben Laden. Quand on lui a demandé « Quand vous étiez avec Aobu Zoubaydah, avez vous jamais vu Oussama Ben Laden ? », il a répondu « en 1998, Abou Zoubaydah et Oussama Ben Laden ne s'appréciaient pas, » et a ajouté, « en 2001, je pense que leur relation était satisfaisante. » Bien que al-Hybayshi n'ait pas mentionné al-Libi, il a aussi expliqué que Ben Laden avait mis la pression sur Zoubaydah pour fermer Khaldan, essentiellement parce qu'il voulait, lui-même, diriger plus de camps.



En 2007, après que Abu Zoubaydah et 13 autres « détenus de haute valeur » eurent été transférés à Guantánamo depuis les prisons secrètes de la CIA, Zoubaydah fut finalement autorisé à parler à son procès, et il a expliqué qu'il avait été torturé par la CIA pour qu'il avoue avoir travaillé avec Oussama Ben Laden, mais il a affirmé : « Je ne suis pas son partenaire et je ne suis pas un membre d'Al Qaïda. » Il a également expliqué que son seul rôle était d'exploiter une maison d'hôtes utilisée par ceux qui s'entraînaient à Khaldan, et a confirmé que l'analyse d'al-Hbayshi sur ses relations avec Ben Laden, ajoutant « Ben Laden voulait qu'Al Qaïda ait le contrôle de Khaldan, mais nous avons refusé car nous avions des idées divergentes. »



Ses commentaires ont pris encore plus de signification cette semaine, quand l'ACLU (l'union américaine pour les libertés civiles), ayant réussi, à travers un Freedom of Information lawsuit (action judiciaire invoquant la loi sur la liberté d' information), à forcer la CIA à revoir des passages de son témoignage qui avait été censuré en 2007, elle a sorti une nouvelle version de la transcription judiciaire, qui comprenait l'affirmation de Zoubaydah selon laquelle, après que les employés de la CIA l’eurent torturé pour lui faire admettre qu'il était le partenaire de Ben Laden et le numéro trois d'Al Qaïda : « ils m'ont dit : désolés, nous avons découvert que vous n'êtes pas le numéro trois, que vous n'êtes pas un partenaire ni même un combattant. »



De plus, Abou Zoubaydah a expliqué qu'il était opposé aux attaques sur les cibles civiles, ce qui l'avait mis en conflit avec Ben Laden, et bien qu'il ait avoué qu'il avait été un ennemi des USA depuis son enfance, à cause de son soutien à Israël, il a fait remarquer que son hostilité était envers le gouvernement et les militaires mais pas envers le peuple américain. La même chose était peut-être vraie pour Ibn al-Shaykh al-Libi, dont la motivation semble avoir plus été d'apporter un entraînement aux musulmans afin qu'ils puissent combattre l'oppression dans leur patrie, et dans des pays où les musulmans étaient opprimés, que de s'engager dans un jihad global avec Ben Laden contre les USA. Cependant, à moins que des documents apparaissent donnant des détails sur ses interrogatoires, sa mort le mois dernier – dans des circonstances qui semblent avoir profité autant aux gouvernements libyen qu'usaméricain, le drapeau US étant hissé sur l'ambassade américaine à Tripoli pour la première fois depuis 30 ans, juste trois jours après sa mort – signifie que nous n'aurons jamais aucune certitude.


Source : WORLD EXCLUSIVE: New Revelations About The Torture Of Ibn al-Shaykh al-Libi

Article original publié le 18/6/2009

Sur l’auteur

Isabelle Rousselot et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, la traductrice, le réviseur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7953&lg=fr

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