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« Le comble du savoir-faire ne consiste pas à remporter toutes les batailles, mais à soumettre l’armée ennemie sans livrer bataille » (Sun...

Sunday, June 28, 2009

Mashaal à Obama : nous apprécions vos paroles, mais les actes parlent plus fort


Dans un discours décisif à Damas jeudi après-midi, le leader du Hamas Khalid Mashaal a exhorté le Président Barack Obama à transformer ses paroles positives sur les droits légitimes du peuple palestinien en actions concrètes.« Nous apprécions le nouveau langage d’Obama, nous pensons que c’est un pas dans la bonne direction. Cependant, nous attendons de l’administration américaine qu’elle mette ses paroles en actes et qu’elle cesse d’imposer des conditions au Hamas. »



Par Khaled Amayreh,



Mashaal a dit que traiter avec le Hamas doit être basé sur le respect du choix démocratique du peuple palestinien, et non sur l’imposition de conditions comme celles imposées par le Quartet, qui comprennent la reconnaissance inconditionnelle du régime israélien d’apartheid, l’abandon total de la résistance et l’acceptation sans réserve de tous les vagues accords et arrangements entre Israël et l’Autorité Palestinienne (AP).

Mashaal a souligné que des conditions comme celles-ci avaient été imposées par Israël et les USA et mises en œuvre par l’AP, mais que rien n’a changé sur le terrain puisque l’occupation israélienne reste inébranlable, l’expansion des colonies se poursuit sans répit et les horizons palestiniens se restreignent de plus en plus.

Il a argumenté que quelles que soient les exigences et conditions israéliennes auxquelles l’AP se soumet, de nouvelles exigences et conditions apparaissent.

« Ils ont demandé à l’AP de reconnaître Israël, et l’AP a reconnu Israël. Mais, vous voyez, maintenant ils veulent que les Palestiniens reconnaissent la nature juive d’Israël, qu’al-Quds al Sharif soit la capitale d’Israël, et qu’ils abandonnent le droit au retour des réfugiés. Vous voyez, les conditions et les exigences d’Israël sont sans fin. »

Mashaal a souligné que le Hamas n’était pas vraiment préoccupé par une reconnaissance des puissances étrangères.

« La priorité du Hamas n’est pas d’être reconnu par les autres, mais plutôt que les autres reconnaissent les droits légitimes du peuple palestinien. La cause nationale palestinienne est prioritaire au Hamas, et l’intérêt pour la cause nationale prend le pas sur tout autre intérêt et considération. Et aucune faction n’a le droit de faire des concessions au dépens de la cause nationale pour des dividendes politiques factionnels. »

Sur le discours de Netanyahu

Mashaal a réservé quelques-unes de ses paroles les plus fortes au Premier Ministre israélien Benyamin Netanyahu, qui, il y a deux semaines, a proposé la création d’une entité palestinienne aux contours vagues, qui serait presque totalement contrôlée par Israël et ne comprendrait pas Jérusalem.

« Netanyahu veut donner à notre peuple un Etat avec le nom, mais sans la substance. Il peut continuer à entretenir ses caprices fascistes autant qu’il veut, il ne trouvera pas un Palestinien pour l’écouter. »

Il a dit que le discours raciste de Netanyahu reflétait une tournure d’esprit intrinsèquement raciste et toute entière tournée vers le désir de maintenir l’occupation de notre mère patrie.

De plus, il a souligné que reconnaître Israël comme Etat juif signifiait, en termes clairs, tuer le droit au retour et miner l’avenir des 1,5 million de Palestiniens qui sont citoyens d’Israël.

Mashaal s’est adressé aux dirigeants arabes, leur disant qu’ils devaient se retirer du soi-disant plan de paix arabe parce qu’Israël le considère avec mépris.

« Netanyahu a renversé les rôles, il est donc futile de continuer à tendre la main à une direction israélienne insolente. C’est pourquoi, en réponse à l’arrogance et à l’insolence d’Israël, j’exhorte les dirigeants arabes à se conduire de manière digne, à proposer d’autres choix et à rassembler nos forces, qui sont disponibles s’il y a la volonté de le faire. »

Il a dit que le Hamas souhaitait et était prêt à coopérer avec tout parti pour accélérer les intérêts nationaux du peuple arabe. Il a ajouté que supplier Israël pour la paix donnerait un impression de faiblesse.

Le chef du bureau politique du Hamas a consacré une partie importante de son discours à la scission nationale avec le Fatah, disant que l’unité nationale palestinienne était primordiale, pas nécessairement pour hâter les pourparlers de paix avec Israël, mais plutôt pour renforcer le peuple palestinien et accroître sa capacité à extirper les droits palestiniens légitimes des griffes sionistes.

« L’unité nationale est essentielle parce qu’elle consolide notre front intérieur en face d’Israël. »

Il a dit que le Hamas avait décidé d’agir avec diligence pour mettre fin à ce désaccord grâce aux efforts égyptiens de médiation. Cependant, Mashaal a dit qu’il y avait trois exigences sans lesquelles la réconciliation inter-palestinienne ne se réaliserait pas.

D’abord, les Palestiniens ne doivent autoriser aucune interférence étrangère dans leurs affaires internes. En deux, les Palestiniens doivent se mettre d’accord sur les points de contentieux en un seul bloc, et trois, l’Autorité Palestinienne doit mettre fin à sa politique provocatrice d’arrestation des partisans et des sympathisants du Hamas.

« Le problème n’est pas un simple désaccord interne. Nous parlons de pratiques systématiques menées par le gouvernement Fayyadh sous supervision du général américain Keith Dayton. Il y a une coordination étroite avec l’armée d’occupation israélienne contre les éléments de la résistance pour les arrêter ou les tuer, comme ce fut le cas récemment à Qalqiliya. »

Mashaal a souligné que jusqu’à 830 hommes et femmes [affiliés au Hamas] dont des savants, des universitaires, des étudiants, des commerçants et autres professionnels languissaient dans les geôles de l’AP.

« Beaucoup ont été torturés et certains en sont morts, pendant que d’autres ont été transférés dans des hôpitaux pour être soignés, suite à la torture. C’est un processus systématique d’éradication. Rien de semblable n’est arrivé depuis 1967. Toutes les institutions ont été bouclées, les comités de la Zakat (bienfaisance) ont été confisqués, les fonds destinés aux prisonniers et aux orphelins ont été volés...”.

Mashaal a affirmé que les pratiques provocatrices et répressives de l’AP étaient le principal obstacle à l’unité nationale entre le Fatah et le Hamas.

Soulignant le rôle désastreux de Dayton qui a fomenté la division palestinienne, Mashaal a appelé le Président Obama à retirer immédiatement le Général Dayton de Cisjordanie.

« Je crois que bâtir une autorité répressive est incompatible avec les appels d’Obama à la démocratie dans cette partie du monde. Dont acte. »

Mashaal s’est moqué de l’AP pour avoir méticuleusement mis en œuvre ses « engagements » à apaiser Israël alors que celui-ci continuait de construire des colonies, de voler la terre, de judaïser Jérusalem, et d’imposer le siège sur Gaza.

Mashaal a reconnu que quelques prisonniers politiques avaient été relâchés des prisons de l’AP.

Il a cependant souligné que davantage de gens ont été arrêtés, accusant l’AP de suivre une politique de laminage.

« Je suis désolé de dire que ce que fait l’AP en Cisjordanie ne nous donne guère de raisons d’espérer. C’est la raison pour laquelle j’exhorte nos frères en Egypte à traiter cette question de toute urgence. »

Enfin, Mashall a réaffirmé l’engagement du Hamas à libérer les prisonniers palestiniens qui languissent dans les geôles, camps de détention et cachots sionistes.

Il a souligné qu’il y avait au moins 12.000 prisonniers palestiniens en détention sioniste, dont 400 enfants, le plus jeune étant Yousuf Al-Zew, qui n’a que 15 ans.

« C’est l’intransigeance israélienne qui empêche qu’un accord d’échange de prisonniers voit le jour. Nous sommes prêts à un accord sérieux qui libèrera nos prisonniers des geôles sionistes. »


Source : Palestine Info

Traduction : MR pour ISM

Exclusivité mondiale : de nouvelles révélations concernant la torture de Ibn al-Shaykh al-Libi


En exclusivité mondiale, Andy Worthington, l'auteur de "Guantánamo Files", révèle de nouvelles informations, provenant d'une source en Libye, au sujet de Ibn al-Shaykh al-Libi, l'ancien « prisonnier fantôme » Usaméricain qui est mort dans une prison libyenne le mois dernier, se focalisant, en particulier, sur les prisons dans lesquelles il a été détenu et la manière dont la torture était utilisée par ses interrogateurs

AUTEUR: Andy WORTHINGTON


Traduit par Isabelle Rousselot. Édité par Fausto Giudice

Depuis l'annonce de la mort de Ibn al-Shaykh al-Libi (dont le vrai nom était Ali Abdul Hamid al-Fakheri), dans une prison libyenne, le mois dernier, les rumeurs sont allées bon train sur le journal libyen Oea, qui prétendait qu'il s'était suicidé et qui dissimulait la réalité qu'il avait en fait été assassiné.



Al-Libi, le plus célèbre « prisonnier fantôme » durant l'administration Bush, avait été à la tête du camp d'entraînement de Khaldan en Afghanistan ; sa notoriété ne provenait pas de ses activités propres mais du fait que, après sa capture en décembre 2001, il fut détenu par la CIA en Égypte, où, sous la torture, il fit de faux aveux selon lesquels deux membres d'Al Qaïda avaient reçu des informations de Saddam Hussein sur l'utilisation d'armes chimiques et biologiques, ce qui a ensuite été utilisé pour justifier de l'invasion de l'Irak en mars 2003.



La mort de Ibn al-Shaykh al-Libi



Plusieurs signes indiquaient que la version donnée de la mort d'al-Libi était suspecte. Oea appartient à l’un des fils du colonel Kadhafi et, comme Hafed al-Ghwell, un Libyen-Américain et éminent détracteur du régime de Kadhafi, l'a expliqué à Newsweek, « cette idée de se suicider dans sa cellule est une vieille histoire en Libye. » Il a ajouté que, durant les 40 années du gouvernement Kadhafi, il y a eu plusieurs exemples où il était rapporté que des prisonniers politiques s'étaient suicidés mais lorsque « les familles récupéraient les corps, elles découvraient que les prisonniers avaient été abattus d'une balle dans le dos et torturés à mort. »



De plus, deux enquêteurs de Human Rights Watch (HRW) avaient brièvement rencontré al-Libi dans la cour de la prison Abu Salim de Tripoli, à peine deux semaines avant sa mort, et bien qu'il ait refusé de leur parler, ils ont indiqué qu'il avait « l'air d'aller bien » et il a été également découvert quelques jours après sa mort, que des avocats d’Abu Zoubaydah, un autre ancien « prisonnier fantôme », envoyé à Guantánamo en septembre 2006, avaient essayé de prendre contact avec al-Libi pour qu'il apparaisse comme témoin éventuel dans un futur procès impliquant leur client.



Une semaine après sa mort, Newsweek signale que l'administration US « est sceptique sur le supposé suicide » et que l'administration d'Obama « insiste pour que le gouvernement libyen explique » la mort d'al-Libi. Parlant de façon anonyme, un employé de l'administration, « familier de l'affaire », a déclaré à Newsweek, « Nous voulons des réponses. Nous voulons savoir ce qui s'est réellement passé ici. »



L'article de Newsweek explique également que les officiels usaméricains craignent que la mort d'al-Libi « puisse remettre en cause l'Extraordinary Rendition Program (de la CIA) et ne vienne compliquer plus encore les projets du président de fermer le centre de détention de Guantánamo Bay. » Je n'ai aucune idée de l'impact possible de la mort d'al-Libi sur les projets du président Obama de fermer Guantánamo, mais concernant les points embarrassants du programme de l' « extraordinary rendition » (transferts extraordinaires) et sur la torture sous l'administration Bush, qui impliquent les prisons secrètes dirigées par la CIA et les autres prisons de pays tiers, l'article de Newsweek me paraît tout à fait exact.



De nouvelles révélations au sujet de la torture d'al-Libi



Suite à la mort d'al-Libi, des détails troublants sur sa détention dans au moins sept lieux différents dans le monde sont apparus dans des déclarations issues d'une source à l'intérieur de la Libye. Cette source, qui souhaite rester anonyme pour sa propre sécurité et celle de sa famille, a affirmé avoir rencontré al-Libi en prison avant sa mort, et qu’al-Libi lui aurait expliqué ce qui lui était arrivé pendant les quatre ans et trois mois qui se sont déroulés entre sa capture et sa remise aux autorités libyennes au printemps 2006.



L'histoire qu’al-Libi a racontée à sa source à la prison d'Abu Salim m'a été rapportée par un ancien prisonnier de Guantánamo, Omar Deghayes, qui n'était encore qu'un adolescent quand il est arrivé en Grande-Bretagne dans les années 1980, depuis la Libye, où son père, un avocat et un militant syndicaliste, avait été assassiné par le régime Kadhafi. Bien entendu, je ne peux pas vérifier les détails de l'histoire que m'a racontée Deghaves via la source en Libye, puisque la mort d'al-Libi a mis fin à toute possibilité de connaître un jour ce qui lui est arrivé face aux forces fsaméricaines, aux autorités libyennes et aux autres impliqués dans sa détention et sa torture, mais tant de détails correspondent aux faits déjà établis à travers d'autres recherches, qu'il me semble certain que l'histoire est véridique.



Selon Deghayes, la source libyenne a expliqué que al-Libi lui avait dit avoir d’abord été brièvement détenu en Afghanistan après sa capture, (dans la prison usaméricaine de l'aéroport de Kandahar et sur le porte-hélicoptères d'assaut USS Bataan, selon un rapport précédent), puis avoir été transféré en Egypte, en Mauritanie, au Maroc et en Jordanie. Il fut ensuite ramené en Afghanistan où il fut détenu dans trois prisons différentes dirigées par la CIA ou sous son contrôle. Il a également expliqué qu'il avait subi des tortures dans tous ces lieux, et il a fourni des détails troublants sur la façon dont il était manipulé par ses interrogateurs.



Torture en Égypte et en Mauritanie



Ces pays ont tous été cités dans des rapports précédents, mais certains nouveaux détails sont apparus. L'époque où al-Libi était en Égypte est, bien entendu, le moment où est sorti le célèbre mensonge au sujet d'Al Qaïda et Saddam Hussein qui devrait d'ailleurs être lancé à la face de l'ancien vice-président Cheney, à chaque fois qu'il est invité à une émission télévisée pour y répéter ses affirmations selon lesquelles la torture a sauvé les USA d'autres attaques terroristes et où il fait semblant d'ignorer le rôle crucial qu'il a joué en utilisant la torture pour lancer une guerre illégale.



Après l'Égypte, selon la source libyenne, al-Libi fut envoyé dans une prison en Mauritanie. Ceci aussi avait été cité auparavant, dans un article de Seymour Hersh dans le New Yorker en juin 2007, qui a suivi des révélations du Washington Post en novembre 2005, indiquant que la CIA avait utilisé une prison secrète en Pologne pour les « détenus de grande valeur » (et apparemment une autre en Roumanie pour les prisonniers de moindre importance, originaires d'Afghanistan et d'Irak). En décembre 2005, ABC News rapportait que onze « détenus de grande valeur » - dont al-Libi – étaient emprisonnés en Pologne (une liste est d'ailleurs disponible) et dans leNew Yorker, Hersh expliquait qu'on lui avait dit que la Mauritanie avait été désignée comme le nouveau lieu de détention après que l'existence de la prison polonaise eut été découverte :



« J'ai été informé par l'ancien responsable des renseignements et par un conseiller au gouvernement que, une fois l'existence des prisons secrètes de la CIA révélée dans le Washington Post, fin 2005, l'Administration avait réagi en ouvrant un nouveau centre pénitentiaire en Mauritanie. Après qu'un nouveau gouvernement, ami des USA, eut pris le pouvoir par un coup d'État sanglant en août 2005, il fut beaucoup plus facile pour la communauté du renseignement de cacher des vols secrets dans ce pays. »



Le problème avec cette histoire se trouve dans la chronologie car comme l'a décrit sa source libyenne, al-Libi n'a pas du tout mentionné avoir été détenu en Pologne mais il a indiqué avoir été transféré en Mauritanie après sa détention en Égypte, vraisemblablement en 2002 ou 2003. Il se peut que la source se soit trompée mais il est également possible que l'administration usaméricaine soit parvenue à un accord à l'époque, car les représentants des renseignements travaillaient étroitement avec le gouvernement mauritanien après les attaques du 11 septembre. Mohamedou Ould Slahi, un ressortissant mauritanien qui habitait en Allemagne et avait été en contact avec les protagonistes du 11 septembre, fut livré aux agents US en novembre 2001, ce qui l’a amené à déclarer, lors de son procès à Guantánamo : « Mon pays m'a livré comme on donne un bonbon, aux USA, écourtant ainsi toutes possibilités de jugement en bonne et due forme. » Slahi a également indiqué que les agents US l'avaient interrogé en Mauritanie, un mois plus tôt, et que l'un d'eux l'avait menacé d'appeler les « noirs » pour le torturer.



Torture au Maroc et en Jordanie



Depuis la Mauritanie, al-Libi a déclaré avoir été transféré au Maroc. On ne sait pas grand-chose de ce qui s'est passé au Maroc bien que l'auteur et journaliste, Peter Bergen, ait noté dans une étude majeure sur le « protocole exceptionnel de détention » l'année dernière, que le Maroc était un des pays dans lequel al-Libi était détenu et s'il était bien détenu là-bas fin 2002 ou au cours de 2003, cela aurait correspondu à la période où le résident en Grande-Bretagne, Binyam Mohamed y était détenu (entre juillet 2002 et janvier 2004), et au moment où il existait manifestement une relation active impliquant l'utilisation de la torture qui était négociée entre le gouvernement des USA et celui du Maroc.



Du Maroc, al-Libi a déclaré, avoir été transféré en Jordanie, dans un centre de détention dirigé par le célèbre GID (les services de renseignements jordaniens). Dans un rapport datant d'avril 2008 intitulé Double Jeopardy , Human Rights Watch a découvert qu'au moins 14 prisonniers non jordaniens avaient été mis en détention en Jordanie par la CIA, entre 2001 et 2004 et un ancien prisonnier détenu en 2004-2005 avait dit à un enquêteur qu'un « gardien avait parlé d'un prisonnier libyen qui avait été livré par les USA, » et qu'il « pensait que le nom du prisonnier était Ibn al-Sheykh al-Libi, mais il n'en était pas sûr. » L'ex-prisonnier a également expliqué que ce prisonnier libyen était « détenu au dernier étage du bâtiment du GID, loin de tous les autres prisonniers, » et qu'un gardien lui avait dit :



« Ils cachaient un certain gars libyen qui avait été livré par les Américains pour être interrogé. Ils ne voulaient pas que le Comité International de la Croix Rouge en ait connaissance. Et ils ne voulaient pas que les Libyens sachent où il se trouvait. Alors ils ont choisi des gardiens à la peau noire, et ils les ont habillés avec des pantalons verts et des chemises jaunes afin que le Libyen pense qu'il se trouvait en Afrique. »



Human Rights Watch a également noté qu'une autre source, qui avait été en contact avec al-Libi, avait indiqué qu'il croyait être détenu en Jordanie « pendant quelques mois » et je trouve cette mention « quelques mois » particulièrement intéressante parce qu'elle correspond à la supposition de la source libyenne selon laquelle al-Libi n'aurait pas été détenu plus de deux ans en Égypte, comme les rapports précédents semblent l'indiquer, mais qu'il aurait en fait, été déplacé pendant une période de deux ans, entre l'Égypte, la Mauritanie, le Maroc et la Jordanie jusqu'à ce que, si l'auteur et journaliste Stephen Grey dit vrai, il soit à nouveau détenu à Bagram à partir du 22 novembre 2003, dans une partie secrète de la prison, dirigée par la CIA, et connue sous le nom de « Hangar. »



Identification d'autres prisonniers à travers l'utilisation de la torture



Ce qui rend ce scénario encore plus terrible est le commentaire de la source libyenne – qui n'avait encore jamais été rapporté jusqu'à présent – qui dit que, dans chaque prison, d'autres « suspects terroristes » étaient amenés devant al-Libi et qu'il était tenu d'identifier ceux qu'il connaissait – ou, sous la torture, ceux qu'il ne connaissait pas.



Ce qui concorde en partie avec le rapport de sa mort dans le journal Oea, qui notait qu' »il avait quitté la Libye en 1986 pour voyager au Maroc, en Mauritanie puis en Arabie Saoudite où il fut recruté en 1990 pour s'engager avec les militants islamistes en Afghanistan » (en d'autres mots, qu'il avait passé quelques temps dans deux des pays où il fut ensuite détenu par la CIA), et qui indiquait aussi qu'on lui avait essentiellement fait faire une tournée de la torture dans les prisons d'Afrique et du Moyen-Orient pour identifier ceux qui avaient reçu un entraînement à Khaldan – ou encore une fois, ceux qui se retrouvaient impliqués par des aveux soutirés sous la torture.



Dans des conditions non coercitives, avec des interrogateurs qualifiés comme les employés du FBI qui ont interrogé al-Libi au départ, juste après sa capture (avant que les agents de la CIA ne prennent le relais, l'enferment dans une minuscule boite et l'envoient en Égypte, tandis qu'un autre agent lui disait : « Tu vas au Caire, tu sais. Avant que tu arrives là-bas, je vais trouver ta mère et je vais la b*** »), il est possible que cette approche ait pu produire des renseignements sincères, mais dans les circonstances qui ont effectivement prévalu – comme la torture par simulacre de noyade (waterboarding) qui a produit les faux aveux sur le lien entre Al Qaïda et Saddam Hussein – la vision évoquée est celle d'une terrifiante chasse aux sorcières internationale, aussi éloignée des notions de justice, de poursuite de la vérité et de responsabilités gouvernementales qu'il soit possible d'imaginer.



De plus, l'histoire devient encore plus effrayante quand on découvre qu'il avait été demandé aux prisonniers, à plusieurs reprises, d'identifier des "suspects terroristes" à partir de photographies. Aucun rapport ne confirme que c'est également arrivé à al-Libi mais il est inconcevable que ça n'ait pas eu lieu, et de façon régulière, car c'est arrivé à chaque autre prisonnier considéré comme ayant une valeur informative. Un de ces prisonniers était Ali al-Hajj al-Sharqawi (également identifié sous le nom de Abdou Ali Sharqawi), un Yéménite arrêté à Karachi en février 2002.



Livré par la CIA à la Jordanie, où il a été détenu pendant deux ans avant d'être transféré en Afghanistan puis à Guantánamo où il se trouve toujours, al-Sharqawi a expliqué, dans une note qu'il a écrite lorsqu'il était détenu par le GID en 2002, et qu'il a ensuite fait sortir de prison clandestinement :



« J'étais interrogé tout le temps, le soir et la journée. On me montrait des milliers de photos, littéralement des milliers, je n'exagère pas... Et en plus de tout ça, vous subissiez la torture, les mauvais traitements, les injures, les humiliations. Ils m'ont menacé de sévices sexuels et d'électrocution. Ils m'ont dit que si je voulais finir avec un handicap permanent, autant mental que physique, alors qu'ils pouvaient m'arranger ça. Ils disaient qu'ils avaient tous les équipements en Jordanie pour le faire. On m'a dit que je devais parler, je devais tout leur dire. »



Al-Sharqawi a aussi expliqué, comme l'a décrit Human Rights Watch, que « les interrogateurs du GID étaient très désireux de fournir des informations à la CIA. » Dans sa note de prison, il indique :



« À chaque fois qu'un interrogateur me demandait une information particulière et que je répondais, il me demandait si je l'avais dit aux Américains. Et si je disais non, il sautait de joie et il me laissait et allait le rapporter à ses supérieurs, et ils se réjouissaient. »



Human Rights Watch a aussi déclaré que al-Sharqawi « avait dit plus tard à ses avocats, qu'un de ces interrogateurs jordaniens avait reconnu qu'il posait des questions fournies par les Américains. »



Un autre récit détaillé fut donné par Abu Hamza al-Tabouki, un ressortissant saoudien, arrêté à Karachi au Pakistan, fin 2001 et qui est revenu en Arabie saoudite fin 2002 ou début 2003 (il a ensuite été relâché), qui a écrit un récit de ses expériences qui a été mis à la disposition de Human Rights Watch par un ancien prisonnier avec qui il était détenu.



Comme l'explique Human Rights Watch dans son rapport, « Al-Tabouki affirmait que le but des mauvais traitements était d'obtenir des informations, même des fausses informations » et dans son récit, il écrit :



« Les questions étaient concentrées sur Oussama Ben Laden, sur ses épouses et ses enfants, sa localisation, et sur les membres d'Al Qaïda. On me montrait des photos de Yéménites, de Saoudiens, de Jordaniens et d'Egyptiens, barbus ou non barbus. On me demandait de donner les noms de ces individus et on me forçait à les identifier même si je ne les connaissais pas. Plusieurs fois, j'ai même inventé des noms pour eux car je ne savais pas qui ils étaient et j'étais forcé sous la contrainte physique de les identifier.



Ils m'ont beaucoup torturé afin de me faire avouer les cibles américaines qu'Al Qaïda avait l'intention de frapper, même si je n'avais aucune connaissance à ce sujet. Ils m'ont même forcé, à travers la torture, à inventer des cibles imaginaires qu'ils pouvaient transmettre aux Américains. Leurs maîtres (américains) découvraient ensuite que ces menaces étaient fictives et que de telles cibles avaient été inventées sous la torture. »



Torture en Afghanistan



Selon la source libyenne, après son emprisonnement en Jordanie, al-Libi fut détenu en Afghanistan dans trois prisons différentes, dirigées par la CIA : « Le Hangar » à l'intérieur de la base aérienne de Bagram, la « Dark Prison » près de Kaboul où des douzaines de prisonniers étaient détenus et dans une autre prison dans la vallée du Panshir, dans les montagnes au nord de Kaboul, où vivait Ahmed Shah Massoud, le commandant de l'Alliance du Nord afghane, qui a été assassiné à peine deux jours avant les attaques du 11 septembre.



Peu d'enquêteurs ont pensé que la prison du Panshir était utilisée dans le cadre du réseau des prisons secrètes de la CIA, mais ceci a été cité brièvement, l'été dernier, dans le procès devant la commission militaire de Salim Hamdan, un des chauffeurs d’Oussama Ben Laden, quand le juge de l'affaire, le capitaine Keith Allred, a rejeté tout témoignage obtenu lors de sa détention dans la prison du Panshir, peu de temps après sa capture – et où, selon Hamdan, les agents de la CIA « l'ont, à plusieurs reprises, attaché, lui ont mis un sac sur sa tête et lui ont frappé la tête contre le sol » - à cause des « environnements et conditions hautement coercitifs dans lesquels ils ont été faits. »



En outre, Omar Deghayes m'a indiqué que, à Guantánamo, un autre prisonnier avait dit avoir été détenu avec al-Libi dans la prison du Panshir. Ce prisonnier – toujours détenu – est Sanad al-Kazimi, un Yéménite arrêté aux Émirats Arabes Unis en janvier 2003, qui a ensuite été détenu dans les prisons secrètes de la CIA en Afghanistan – y compris la « Dark Prison » - où il a été torturé pendant un an et huit mois avant d'être transféré à Guantánamo.



Dans mon livre, The Guantánamo Files, j'ai aussi discuté de la prison de Panshir, comme l'avait mentionné Abu Yahya al-Libi, un des quatre prisonniers qui s'est échappé de Bagram en juillet 2005, dans un blog sur un obscur site Internet en langue française, qui a d'ailleurs disparu depuis. Abu Yahya al-Libi a décrit 12 prisonniers qui étaient détenus avec lui à Bagram (seuls certains d'entre eux ont ensuite été transférés à Guantánamo) et a expliqué comment ils avaient transité dans un réseau de prisons secrètes de la CIA en Afghanistan, y compris celle de Panshir, où ils y ont tous subi les « pires tortures ». Il n'a pas mentionné Ibn al-Shaykh al-Libi mais il a fourni un aperçu tout à fait incroyable sur l'emplacement de la prison, expliquant que, en février 2004, lui-même et un prisonnier algérien appelé Abdul Haq (dont la localisation est aujourd'hui inconnue) s'étaient échappés de la prison de Panshir pendant un jour et demi, avant d'être à nouveau capturés sous une « neige battante et un froid glacé » dans les montagnes.



Une conclusion dérangeante



Comme pour beaucoup de détails de l'histoire d'al-Libi, il est difficile de connaître l'exactitude de la chronologie proposée par la source libyenne. Il me semble plausible que, après 22 mois en Égypte, Mauritanie, Maroc et Jordanie, il soit arrivé à Bagram le 22 novembre 2003, comme l'a affirmé Stephen Grey, et qu'il ait ensuite été détenu en Afghanistan pendant environ deux ans et quatre mois avant de revenir en Libye.



Cependant, il est également possible qu'il ait été détenu en Pologne, et qu'il n’ait pas su où il se trouvait (comme l'a dit Khalid Sheikh Mohammed aux représentants du Comité International de la Croix Rouge, il avait seulement compris qu'il était détenu en Pologne quand il a vu une étiquette en polonais sur une bouteille d'eau minérale) et d'autre part, cela vaut aussi le coup d'être remarqué, il manque dans le rapport libyen toute mention de Guantánamo, alors qu'il a été longtemps soupçonné que la CIA dirigeait une prison secrète dans les souterrains de la base navale, mais séparée des autres bâtiments de la prison.



Ceci a été rapporté dans le Washington Post en décembre 2004, quand Dana Priest a écrit que, à l'intérieur de la base navale, « la CIA a gardé une structure pénitentiaire pour des prisonniers d'Al Qaïda de grande valeur, qui n'a jamais été mentionnée en public, selon des militaires et divers, actuels ou anciens, employés des renseignements. Priest a également noté que la prison secrète « contenait des détenus du Pakistan, d'Afrique de l'Ouest, du Yémen et d'autres pays, dans le plus grand secret, » selon ses sources, et selon ce qu'un employé de l'administration qui avait récemment visité la base, lui aurait dit : « les gens sortent et entrent constamment. »



A l'époque, Priest avait noté : « Nous ne savons pas clairement si cette structure est toujours en fonctionnement aujourd'hui, » mais la rumeur très répandue est qu'elle a été fermée quelques temps après juin 2004, après que la Cour Suprême eut statué, dans l'affaire Rasul contre Bush, que les prisonniers avaient droit à l’ habeas corpus, ouvrant la voie aux avocats pour visiter les prisonniers et ainsi déchirer le voile du secret, qui, jusqu'à aujourd'hui, recouvrait avec succès la prison et ses rouages. De façon encore plus significative, Omar Deghayes m'a indiqué que les rumeurs sur l'existence des prisons secrètes – et sur la présence de « détenus de haute valeur » y compris Ibn al-Shaykh al-Libi – étaient également très répandues à l'intérieur de Guantánamo.



Enfin, pourtant, ce qui est le plus révélateur au sujet de la tournée de tortures qu'al-Libi a subi dans les différentes prisons mandatées par les USA et celles dirigées par la CIA, est de se rendre compte que, tout au long de son long supplice, les interrogateurs US ou leurs mandataires utilisaient la torture, de façon continue, pour obtenir de lui des informations sur d'autres prisonniers et d'autres suspects – soit en présence de ces hommes, ou à l'aide de photographies – qui étaient aussi peu fiables que ses « aveux » sur les connections entre Al Qaïda et Saddam Hussein, et que ces autres « aveux » durent, à leur tour, mener à d'autres arrestations et à d'autres tortures, avec un effet cumulatif dont l'envergure est vraiment effarante.



Un corollaire au sujet de Khaldan



Comme si ce n'était pas encore assez dérangeant, et ce dont personne ne veut parler, est le fait que, tout au long de ses années en tant qu'émir dans le camp d'entraînement de Khaldan, al-Libi n'était pas connecté à al Qaïda. Al-Libi, opérateur indépendant et vétéran de la résistance des moudjahidines durant l'occupation soviétique de l'Afghanistan, se contentait d' offrir un entraînement militaire aux moudjahidines du monde entier, y compris à ceux qui voulaient continuer la lutte contre la Russie en Tchétchénie.



Ce qui ne signifie pas, bien entendu, que ce n'était pas un personnage dangereux, comme peuvent l'être les anciens de son camp, dont apparemment Zacarias Moussaoui, un des pirates qui a échoué lors des attaques du 11 septembre, et comme « shoe bomber » (le terroriste à la chaussure), Richard Reid (les deux purgent la détention à perpétuité aux USA) et l'intérêt des autres participants au camp était plutôt concentré sur des opérations terroristes en Afrique du nord et en Europe mais ceci indique que l'insistance de l'administration Bush de relier toute activité de moudjahidines à Al Qaïda est sérieusement déplacée et démontre aussi que « l'entraînement terroriste » - ou la « préparation pour le jihad » - était une vaste filière qui incluait aussi bien un entraînement à l'autodéfense et de préparation à l'activité militaire pour le compte d'autres musulmans, que ce que nous considérons généralement comme le terrorisme.



Dans le cas du camp Khaldan, par exemple, il est rarement, voire jamais, mentionné, que le refus d'al-Libi de coopérer avec Oussama Ben Laden a conduit à la fermeture du camp taliban en 2000, même si cette histoire est apparue à Guantánamo à deux occasions différentes, et a des ramifications pas seulement pour l'affaire d'al-Libi, mais aussi pour celle d'Abu Zoubaydah. Un supposé « détenu de haute valeur », Zoubaydah est décrit systématiquement comme un «haut responsable d’Al Qaïda » même si, selon Dan Coleman du FBI, un interrogateur de la vieille école qui était impliqué dans son affaire avant que la CIA ne prenne le relais, et qui était irréductiblement opposé à l'utilisation de la torture, Zoubaydah n'était rien de plus qu'un gardien de refuge avec des problèmes mentaux qui prétendait en savoir plus sur Al Qaïda et ses rouages qu'il ne le savait vraiment.



La vision de Coleman a été renforcée à Guantánamo par Khalid al-Hybayshi, un Saoudien qui a ensuite été libéré, et qui a expliqué, à son procès que, loin d'être un cerveau, Abu Zoubaydah était responsable de « recevoir les gens et de financer le camp (Khaldan), » qu'il lui avait, une fois, acheté des billets de voyage et que c'était l'homme qu'il allait voir quand il avait besoin d'un nouveau passeport. Al-Hubayshi a également noté que Zoubaydah n'avait pas une relation de longue date avec Ben Laden. Quand on lui a demandé « Quand vous étiez avec Aobu Zoubaydah, avez vous jamais vu Oussama Ben Laden ? », il a répondu « en 1998, Abou Zoubaydah et Oussama Ben Laden ne s'appréciaient pas, » et a ajouté, « en 2001, je pense que leur relation était satisfaisante. » Bien que al-Hybayshi n'ait pas mentionné al-Libi, il a aussi expliqué que Ben Laden avait mis la pression sur Zoubaydah pour fermer Khaldan, essentiellement parce qu'il voulait, lui-même, diriger plus de camps.



En 2007, après que Abu Zoubaydah et 13 autres « détenus de haute valeur » eurent été transférés à Guantánamo depuis les prisons secrètes de la CIA, Zoubaydah fut finalement autorisé à parler à son procès, et il a expliqué qu'il avait été torturé par la CIA pour qu'il avoue avoir travaillé avec Oussama Ben Laden, mais il a affirmé : « Je ne suis pas son partenaire et je ne suis pas un membre d'Al Qaïda. » Il a également expliqué que son seul rôle était d'exploiter une maison d'hôtes utilisée par ceux qui s'entraînaient à Khaldan, et a confirmé que l'analyse d'al-Hbayshi sur ses relations avec Ben Laden, ajoutant « Ben Laden voulait qu'Al Qaïda ait le contrôle de Khaldan, mais nous avons refusé car nous avions des idées divergentes. »



Ses commentaires ont pris encore plus de signification cette semaine, quand l'ACLU (l'union américaine pour les libertés civiles), ayant réussi, à travers un Freedom of Information lawsuit (action judiciaire invoquant la loi sur la liberté d' information), à forcer la CIA à revoir des passages de son témoignage qui avait été censuré en 2007, elle a sorti une nouvelle version de la transcription judiciaire, qui comprenait l'affirmation de Zoubaydah selon laquelle, après que les employés de la CIA l’eurent torturé pour lui faire admettre qu'il était le partenaire de Ben Laden et le numéro trois d'Al Qaïda : « ils m'ont dit : désolés, nous avons découvert que vous n'êtes pas le numéro trois, que vous n'êtes pas un partenaire ni même un combattant. »



De plus, Abou Zoubaydah a expliqué qu'il était opposé aux attaques sur les cibles civiles, ce qui l'avait mis en conflit avec Ben Laden, et bien qu'il ait avoué qu'il avait été un ennemi des USA depuis son enfance, à cause de son soutien à Israël, il a fait remarquer que son hostilité était envers le gouvernement et les militaires mais pas envers le peuple américain. La même chose était peut-être vraie pour Ibn al-Shaykh al-Libi, dont la motivation semble avoir plus été d'apporter un entraînement aux musulmans afin qu'ils puissent combattre l'oppression dans leur patrie, et dans des pays où les musulmans étaient opprimés, que de s'engager dans un jihad global avec Ben Laden contre les USA. Cependant, à moins que des documents apparaissent donnant des détails sur ses interrogatoires, sa mort le mois dernier – dans des circonstances qui semblent avoir profité autant aux gouvernements libyen qu'usaméricain, le drapeau US étant hissé sur l'ambassade américaine à Tripoli pour la première fois depuis 30 ans, juste trois jours après sa mort – signifie que nous n'aurons jamais aucune certitude.


Source : WORLD EXCLUSIVE: New Revelations About The Torture Of Ibn al-Shaykh al-Libi

Article original publié le 18/6/2009

Sur l’auteur

Isabelle Rousselot et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, la traductrice, le réviseur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7953&lg=fr

Friday, June 26, 2009

Sarkosy sur ordre du CRIF souhaite controler les Musulmans de France afin qu'ils ne portent pas atteinte a l'existence d'Israel


Le Hijaab et le Niqaab aux couleurs du drapeau français



Laïcité anti-Hijaab et anti-Niqaab





« Liberté, égalité, fraternité », cette utopie francmaçonnique, n’a jamais existé en France, sauf pour ceux qui prônent l’immoralté la plus absolue. La France fait honte au monde civilisé. La campagne infecte contre l’Islam et les Musulmans fait rage sous plusieurs formes. Violant les droits universels de l’homme et de la femme, le gouvernement français a diabolisé le hijaab (le foulard islamique) et l’a interdit dans les écoles publiques et dans le Service Civile au nom d’une laïcité rétrograde et intolérante, appliquée abusivement contre les Muslulmans et l’Islam. Les Sikhs n’ont pas le droit de porter leurs turbans non plus, le hijaab et le turban étant des signes religieux « ostentatoires ». Mais, le gouvernement français sait qu’un hijaab ou un turban Sikh ne peut être caché sous les vêtements comme un crucifix ou une étoile de Rothschild (David). Le terme « ostentatoire » est délibérément utilisé pour s’attaquer aux Musulmans de France qui comptent environ 6 millions d’âmes. Alors qu’un Chrétien peut toujours porter son crucifix, la Musulmane n’aura pas le droit de porter son hijaab. À l’origine, les Européens prétendaient que les Musulmanes étaient forcées de porter le hijaab, et ils essayaient de les persuader qu’en Europe elles avaient le « choix » (voulant dire qu’en Orient elles n’avaient pas le choix) de ne pas le porter. Mais, ayant échoué lamentablement, ils changent de stratégie et prétendent que le hijaab est une tenue de soumission, et de suppression de la liberté et du progrès. C’est, bien entendu, archi faux, et une abominable invention. Des Françaises (ou Europénnes) de souche devenues musulmanes le portent. Mais, comme toujours, les racistes, qui se sont donnés pour mission de diaboliser tout terme islamique et arabe et veulent aussi interdire le Saint Qur’an en Europe, inventent n’importe quoi pour détruire l’identité musulmane. Ils l’ont essayé pendant 14 siècles, mais l’Islam a toujours survécu.

Maintenant, la France part en croisade « laïque » contre le niqaab et le burqa, une autre tenue décente qu’aiment librement porter certaines Musulmanes. Alors que la tenue vestimentaire connue sous le terme « hijaab » (une tenue qui s’applique aux deux sexes) couvre la tête et le haut du corps en conformité avec certains préceptes islamiques, le niqaab ne couvre que le visage de la femme, et parfois les yeux. Le burqa (d’origine byzantine) couvre le corps tout entier. Certaines Musulmanes modernes estiment qu’elles évitent ainsi les tentations et attaques sexuelles. La femme musulmane qui a fait ce choix librement se sent ainsi protégée contre des regards prolongés et de concupiscence, et des commentaires irrespectueux. Dans la vidéo anglaise sur http://www.msnbc.msn.com/id/21134540/vp/17623215#17623215, Rugena (19 ans) explique qu’elle se sent protégée en portant le hijaab sans lequel elle se sent exposée. De son côté, Rukshana (24 ans), explique que son Professeur avait cru (sans raison aucune) qu’elle était forcée de porter le hijaab et qu’elle lui avait expliqué que c’était son choix après qu’elle ait étudié l’Islam et senti que c’était la bonne chose à faire. Rukshana explique aussi qu’elle travaille en tant q’infirmière d'enfants dans le Département de Secours dans un hôpital local, et que son uniforme est ajusté pour répondre à ses exigences religieuses. La troisième fille Tahura (19 ans), qui porte un niqaab et un jilbaab (longue robe), dit que certains veulent voir interdire en leur refusant ainsi leurs identités propres.

Les racistes européens, dirigeants et peuplades, n’ont pas le sens de la liberté dans la diversité religieuse et culturelle. Ils veulent à tout prix imposer leurs langues, leurs cultures, leurs identités, et leurs valeurs mêmes les plus notoirement immorales. Ils trouvent « exotiques » que certaines Européennes se piquent le visage et le nez et portent des pendentifs au nez, aux arcades sourcilières, aux mamelons, etc. Ils encouragent les filles et les fillettes à s’exhiber les seins et les fesses, et à adopter les modes en provenance de l’industrie pornographique qu’ils prétendent être des signes de liberté, alors qu’en fait c’est symptômatique d’une société malade, perverse, dégénérée, et obsédée par le sexe, à tel point que l’inceste et le viol ont atteint des proportions épidémiques dans leurs sociétés libérales, séculières et laïques.

Le racisme sarkoziste
Dans sa croisade anti-islamique, le Président juif français Nicolas Sarkozy, un proche de la Knesset, prétend que le burqa est un signe d’abaissement de la femme et devrait être interdit en France (et en Europe). D’un côté, les Français (et les occidentaux) prèchent que la femme occidentale a le droit de disposer de son corps afin de justifier des pratiques telles le tatouage, l’indécence, l’avortement, le sado-masochisme, le lesbianisme, la prostitution, la pornographie, l’échangisme, le sexe-libre, la polygamie (avec autant de partenaires qu’ils désirent, mâles ou femelles, à condition qu’ils n’en épousent qu’un seul), et, de l’autre, ils pratiquent de la répréssion contre la femme musulmane et lui interdisent de porter le hijaab, le niqaab ou le burqa et de pratiquer sa religion librement. Par ignorance ou en raison de sa haine viscérale anti-musulmane, Sarkozy sermonne le peuple français : «Le problème de la burqa n’est pas un problème religieux, c’est un problème de liberté, de dignité de la femme. Ce n’est pas un signe religieux, c’est un signe d’abaissement.» « Dans notre pays, nous ne pouvons pas accepter que les femmes soient prisonnières derrière un écran, coupé de toute la vie sociale, déshéritée de toute l'identité. ». Primo, la France est aussi le pays de 6 millions de Musulmans. Secundo, c’est la femme qui décide en toute liberté de porter le hijaab, le niqaab ou le burqa, en dépit de tous les mensonges que colportent les médias et les racistes. Tertio, la femme musulmane (et tout Musulman) a le droit de préserver sa culture, sa religion et son identité que les racistes veulent détruire. De quelle vie sociale et de quelle ‘liberté’ Sarkozy parle-t-il ? D’une société assoifée de sexe, de prostitution, de drogues, de fesses à l’air, de viol, même des bébés, et fabricant de SIDA ? Ce n’est certainement pas au vendu Dalil Boubaker, Recteur (non Imam !) de la mosqué de Paris, de décider ce que la femme musulmane doit ou ne doit pas porter. L’institutionalisation de l’indécence ne sied qu’aux pervers !

C’est le vol de l’identité musulmane, le vol de sa liberté et de ses droits fondamentaux qui rend la musulmane « prisonnière ». Tout pays civilisé doit nécessairement non seulement respecter, mais aussi protéger ces droits. La commission d’enquête parlementaire proposée sur l’affaire doit nécessairement garantir la liberté de la fille et la femme musulmane de porter le hijaab, le niqaab, le jilbaab ou le burqa conformément à sa croyance et son libre choix. Une commission d’enquête similaire devrait se pencher sur l’indécence des filles et des femmes qui portent des jeans serrés, des cuissards, des minis jupes et qui mettent leurs seins et fesses à l’air, car, d’après Sarkozy, elles seraient « prisonnières de la laïcité » !

La femme musulmane doit être félicitée et admirée pour sa conviction religieuse, pour sa foi dans toute sa pureté et pour son courage de s’habiller modestement et décemment malgré le harcèlement et les attaques incessantes des fascistes. La femme musulmane a toujours été le cible des Européens racistes parce qu’elle est le socle de la famille musulmane. En essayant de détruire la visibilité de sa foi et de sa conviction, ils essaient de détruire la famille musulmane. L’écrivain Alain Soral qui n’est pas musulman, dit préférer le hijaab au G string ! Mais, le « grand philosophe » français Bernard Henri Lévi (un nom qui en dit long !) prétend que la tenue vestimentaire de la Musulmane « incite au viol » ! On nage en plein délire !

M Rafic Soormally
Londres
24 juin 2009



Lobby pro-israélien en France : chronique d'une mort annoncée



Par Koffi Cadjehoun,
http://aucoursdureel.blogspot.com/

Entretien avec l'historien Paul-Eric Blanrue. A l'occasion de la parution de son dernier livre, l'historien Paul-Eric Blanrue a accepté de répondre à nos questions. Internet est un des moyens d'échapper à la censure démocratique et libérale qui consiste à promulguer la liberté sauf quand cette liberté dérange. Le dernier ouvrage de Blanrue, Sarkozy, Israël et les juifs, est ainsi publié par un éditeur belge et non diffusé en France par le diffuseur de cet éditeur, pas davantage que par les traditionnels éditeurs français de Blanrue. Pourtant, il ne s'agit pas d'un livre tombant sous le coup de la loi française, ni d'un livre à caractère raciste. Dès lors, il faut se poser la vraie question de cette curieuse omerta : si Blanrue dérange, pourquoi? Serait-ce parce qu'il raconte n'importe quoi? Dans ce cas, il ne sera pas ainsi censuré. Parce qu'il commet quelques erreurs? Qui ne commet pas d'erreurs? Au demeurant, factuellement, son livre paraît si peu attaquable que ceux qui s'y sont essayés se sont cassés les dents ou ont produit des raisons peu raisonnables. La réponse me paraît résider dans l'entretien qui suit, où Blanrue montre que la qualité de sa réflexion se situe très au-dessus des interventions des experts officiels des médias de France, d'Europe ou d'Occident (au sens étymologique, mais aussi au sens des pays de l'OTAN). On pourra aussi se procurer avec profit son ouvrage par Internet, au site suivant : http://www.oserdire.com/


) Vous faites (justement) la distinction entre judaïsme et sionisme, quasiment pas entre sionisme et engagement pro-israélien. Pensez-vous vraiment que l’idéologie sioniste s’est dissoute avec la création d’Israël ou ne faut-il pas estimer que la création de cet Etat a renforcé le sionisme, avec (notamment) un nouveau combat : la défense des valeurs israéliennes ?

Blanrue : On peut gloser à l’infini sur la définition des mots, mais je préfère rester simple et concret. Le sionisme d’antan (disons celui de Herzl, qui consistait à créer un « foyer national pour les juifs ») n’est plus le même que celui d’aujourd’hui, ne serait-ce que parce qu’il y a eu entre-temps, en 1948, la création de l’État d’Israël. C’est un fait. Certains universitaires construisent des théories sur le « post-sionisme ». Pour ma part, je considère que le vocable d’origine est toujours pertinent, puisque les militants pro-israéliens eux-mêmes l’utilisent et s’en revendiquent, comme la Wizo (Women’s international zionist organisation), la Fédération des sionistes de France, des personnalités éminentes comme Patrick Klugman, cofondateur de SOS Racisme et ancien président de l’UEJF (Union des étudiants juifs de France), ou encore, pour l’Amérique, un personnage tel que Joe Biden, l’actuel vice-président des États-Unis. Maintenant, que mettre dans ce mot ? Je définis le sionisme présent comme l’idéologie politique de l’État d’Israël, étant compris comme l’État juif (ou des juifs), quels que soient les gouvernants qui se succèdent à sa tête. C’est une mystique laïque qui double la religion juive traditionnelle - ce qui amène, à juste titre, certains rabbins à se déclarer antisionistes, à l’image des religieux juifs de l’époque de Herzl qui avaient compris d’instinct la dérive qu’allait entraîner cette nouvelle idéologie. Le sionisme d’aujourd’hui réside donc selon moi, essentiellement, dans le fait de lier intimement son identité personnelle au destin de l’État juif. Il n’est ainsi nul besoin d’être d’origine juive pour être sioniste : on le constate avec les évangélistes américains, dont certains sont même de farouches antisémites qui nourrissent des attentes eschatologiques. Il faut ainsi reconnaître que la création d’Israël a considérablement renforcé le sionisme tel que je le définis, en lui conférant une orientation nouvelle, celle de renforcer l’assise d’un État et son expansion par tous les moyens.


2) Que pensez-vous du travail de l’historien Shlomo Sand, qui dissocie la mythologie sioniste s’appuyant sur les récits du Pentateuque de l’histoire factuelle, notablement différente (et plus compréhensible) ? Sand confirme en particulier deux processus capitaux : le judaïsme des premiers siècle chrétiens était prosélyte ; les origines des deux principaux foyers du sionisme émanent de ces conversions, via les Ashkénazes d’Europe centrale et les Sépharades issus pour partie de foyers germains. En gros, le judaïsme serait un monothéisme enraciné dans l’histoire occidentale plus qu’orientale…

Blanrue : Avant d’évoquer les travaux de Sand, il convient de rappeler qu’il est déraisonnable et absurde de réclamer la restitution d’un territoire prétendument perdu il y a 2000 ans : si chaque peuple entretenait de telles chimères, la géographie politique du monde serait bouleversée à chaque instant et une nouvelle guerre éclaterait à chaque seconde. L’intérêt des travaux de Sand est d’en appeler à la raison : il démontre que la revendication sioniste du « retour » est illégitime d’un point de vue factuel. À s’en tenir aux données historiques, les véritables descendants des juifs du Ier siècle sont les actuels Palestiniens. On peut aller plus loin que Sand dans la déconstruction, pour employer le mot fétiche de Jacques Derrida ; je vous engage à lire, à ce propos, les livres de l’archéologue Israël Finkelstein, qui réduit à néant les prétentions historiques de la Thora (La Bible dévoilée, par exemple), ou ceux de l’universitaire Thomas Thompson (The Mythic Past, The Messiah Myth, etc.), qui démontre que le Temple de Salomon ou les aventures du roi David ne sont que de pieuses légendes compilées tardivement. « Monothéisme occidental », dites-vous : c’est à voir… Il n’y a certes pas de pureté des origines dans la religion juive. Orientale de prime abord, la religion juive antique est un phénomène syncrétique. Ainsi, la prétention de cette religion à être le berceau du monothéisme n’est pas acceptable d’un point de vue historique. La Thora amalgame des mythes sumériens, égyptiens, mésopotamiens, sans oublier l’apport grec et perse pour ce qui est, précisément, de la construction du Dieu unique : dans la Thora, on ne passe que progressivement d’un polythéisme implicite, à tendance monolâtrique, à un monothéisme explicite. La tendance la plus universaliste du judaïsme, celles de Prophètes, a engendré le christianisme ; la tendance antigréciste a donné le judaïsme talmudique, qui s’éloigne du judaïsme mosaïque ancien et a créé une forme nouvelle de religion, celle des rabbins et des synagogues, qui aura tendance à se refermer sur elle-même. Les rabbins de l’époque médiévale ne lisent pas le Nouveau testament et n’ont qu’une faible connaissance de la civilisation chrétienne. « L’occidentalisation » de la culture juive est donc très relative. Le judaïsme des 2000 dernières années est aussi une ablation de « l’Occident ». Sand, lui, parle de la fabrication du concept de « peuple juif ». C’est autre chose. Il démontre qu’il n’existe pas de « peuple juif » d’un point de vue objectif. Cette idée apparaît, comme le sionisme, à une époque récente et se forge dans le cadre « occidental ». Ce qui démontre que le concept de peuple juif n’a rien à voir avec celui de religion juive, plus ancienne et orientale-syncrétique. Cela ne fait pas pour autant du judaïsme un occidentalisme. Pour moi, qui suis rationaliste, le judaïsme doit d’abord et avant tout être considéré comme une religion, contrairement à ce que prétendait Herzl hier ou BHL aujourd’hui, car c’est ce qu’il est objectivement. Herzl lui-même était agnostique et considérait que les croyances ancestrales de ce qu’il définissait comme son peuple, son ethnie ou sa race, ne constituaient qu’un outil de propagande utile destiné à encourager les juifs à quitter leurs pays pour rejoindre un « foyer juif » (qui n’était d’ailleurs pas forcément situé en Palestine à l’origine). Le sionisme a peu à peu effacé la religion juive des pères. L’Israël politique n’a pas sécularisé une religion : il l’a détournée de son sens.


3) On glose souvent sur le sionisme qui dominerait l’Occident, notamment les Etats-Unis et l’Union européenne. Le boycott de votre dernier ouvrage semble confirmer cette tendance. Le silence complice des instances occidentales lors de l’opération honteuse et sanglante de Gaza également. Pourtant, quand on analyse l’histoire du sionisme, on se rend compte que le sionisme a d’abord été créé par des hérésies protestantes comme les restaurationnistes. Vu votre connaissance des réseaux sionistes français, ne pensez-vous pas qu’il conviendrait plutôt de renverser l’analyse et de proposer que le sionisme est l’enfant – ingérable, capricieux et gâté – de l’Occident impérialiste ? Israël serait ainsi l’un des visages du néocolonialisme occidental et l’une des incarnations territoriales de cet impérialisme occidentaliste travesti en libéralisme universaliste. Israël manifesterait sans doute un comportement égocentrique et indépendant, mais les Occidentaux se serviraient au moins autant d’Israël que l’inverse ? La servilité des Occidentaux s’expliquerait moins par la lâcheté ou la subordination que par la complicité, voire la manipulation… À l’appui de cette thèse, mentionnons le refus récent de l’administration Obama de suivre les Israéliens sur le terrain d’une guerre préventive contre l’Iran : on a constaté le résultat…

Blanrue : Il n’y a pas à douter 1° que le sionisme est la création de son époque, celle du « fait national » et du colonialisme du XIXe siècle, 2° que sa naissance a lieu en Europe et 3° enfin que le judaïsme n’en est pas la seule composante. L’esprit colonial européen l’a donc bercé. Le sionisme se résout-il toutefois à n’être qu’une extension de l’esprit colonial européen ? Le sionisme est certes une tentative d’imiter le mouvement colonial européen. Il a été appuyé à cet égard par l’une des principales puissances coloniales, la Grande-Bretagne, à des fins politiques. On remarquera en revanche que c’est une forme originale de colonisation, sans métropole, qui la distingue radicalement des autres formes de colonisations européennes. Par ailleurs, le concept « d’Occident » est depuis longtemps périmé : je ne vois pas quels intérêts ont en commun la France et les États-Unis (que certains voudraient confondre dans la trop vaste et trop vague notion d’Occident) sur la question d’Israël, ni en quoi Israël est un relais de l’Europe au Moyen-Orient ou contribue à y défendre ses intérêts. Cette vue de l’esprit était celle de Herzl, qui cherchait à convaincre les financiers de l’aider dans son projet de conquête en leur promettant que son pays de cocagne serait le « bastion avancé de la civilisation contre la barbarie » : ce n’est pas pour autant que son slogan publicitaire correspond à la réalité ! En fait, on remarquera que les mouvements de capitaux se font plutôt de l’Europe ou de l’Amérique vers Israël que l’inverse. Les États-Unis ont un intérêt géostratégique certain dans la région, inutile de le démontrer à nouveau : Israël leur permet de contrôler le gaz et le pétrole au Moyen et au Proche-Orient. Mais l’Europe ? Songez, par exemple, aux sommes faramineuses que l’Allemagne doit payer comme répération aux rescapés des camps de concentrations réfugiés en Israël : à quoi cela lui sert-il ? N’oublions pas que la servilité des « occidentaux » à l’égard de l’État juif, pour reprendre votre expression, s’explique en majeure partie par la Seconde Guerre mondiale et l’immense sentiment de culpabilité qui s’en est suivi, nourri chaque jour par l’idéologie sioniste, dont les relais, face à toute contestation, procèdent à la reductio ad hitlerum afin d’écraser leurs adversaires comme des mouches. L’Union des patrons juifs de France (UPJF) promeut déjà l’idée d’une loi « Martin Luther King », qui vise à assimiler légalement l’antisionisme à l’antisémitisme. C’est totalement aberrant. Pour en revenir à l’objet de mon livre, je montre que Nicolas Sarkozy a utilisé les réseaux sionistes pour réaliser ses ambitions politiques : de manière démagogique, il a repris les thèmes de Le Pen pour être élu à la présidence en 2007 et s’est assuré une immunité en s’associant avec le lobby pro-israélien américain et ses relais français, qui l’ont préservé de toute attaque d’envergure sur ce plan. Ces réseaux sont devenus son plus ferme soutien. Résultat : aujourd’hui, Sarkozy va encore plus loin qu’Obama dans la critique d’Ahmadinedjad ou dans la vénération d’Israël. Il est devenu, avec une guerre de retard, un « Bush à la française », comme l’a dit récemment l’hebdomadaire Marianne. Mais en quoi la France est-elle gagnante dans cette politique ? Elle subit elle aussi les pressions sionistes de toute sorte. Ses hommes politiques reçoivent des consignes des associations pro-israéliennes, qu’il ne leur serait pas pardonné de ne pas respecter scrupuleusement. Où est passée notre indépendance nationale, notre souveraineté ? La politique de Sarkozy, fracture dans l’histoire de la France contemporaine, conduit notre pays dans le mur en l’associant à la politique irrationnelle de l’État juif qui a besoin de guerres pour assurer sa cohésion interne et qui tente de résister à la décadence en s’auto-illusionnant sur sa force. La politique précédente des gouvernants français, dénoncée comme « arabe » par ses ennemis, mais qui était en réalité neutre, prudente et équilibrée, était plus conforme aux intérêts de notre pays, ainsi qu’à la justice et à la morale.


4) Pour poursuivre dans cette veine interprétative, ne croyez-vous pas que le sionisme serait une sous-idéologie, un hybride entre communisme et libéralisme (pour synthétiser) et que le vrai ennemi de la liberté ne serait pas cette sous-idéologie, mais ce que le géopoliticien Hillard a appelé le mondialisme par distinction avec le processus de la mondialisation ? La mondialisation suivrait le cours de l’histoire humaine, qui tend vers la globalisation et l’expansion, quand le mondialisme serait cette idéologie issue des cercles appelant à stopper le processus d’expansion au niveau de la domination du monde.

Blanrue : Le sionisme est le premier mouvement « rouge-brun » de l’histoire. On y trouve en son sein des extrémistes de gauche charriant le mythe des kibboutzim et des ultra-orthodoxes de la droite radicale. C’est la mystique d’Israël comme État juif qui les maintient tous unis. Pour autant, je ne définirai pas le sionisme comme une hybridation, mais plutôt comme un système dégradé et contradictoire qui ne tient en place que dans la glorification d’une entité artificielle « déifiée » qui ne perdure que grâce à la recherche d’un ennemi commun à abattre, qui permet de gommer les antagonismes internes à effet centripète. Dans ce cadre, l’idéologie mondialiste est à la fois le meilleur ami et le pire ennemi du sionisme. L’ami, car Israël reste un État à part, qui se dit prêt à accueillir tous les juifs du monde, quelles que soient leur nationalité d’origine, avec une « loi du retour » beaucoup large que la notion mosaïque, puisque, depuis 1970, elle est étendue « aux enfants et petits-enfants d’un juif, à son conjoint et au conjoint d’un enfant ou d’un petit-enfant d’un juif ». Ennemi, car le métissage des jeunes générations et la démographie galopante de Palestiniens sont des phénomènes qui vont irrémédiablement entraîner l’État juif sur la pente du déclin, comme le note Jacques Attali, qui lui accorde encore un maximum de 50 années d’existence. Je crois qu’il est optimiste.


5) Récemment, les élections européennes françaises ont suscité un certain débat avec la liste antisioniste de Dieudonné et Compagnie cantonnée en Ile-de-France (bel exemple de parisianisme fort peu républicain !). Cette liste a connu un succès certes fort mitigé, mais moins étriqué que ce qu’on avance souvent. Pensez-vous vraiment que l’antisionisme puisse incarner un programme politique cohérent, notamment en France ?

Blanrue : Pour le moment, on n’a pas vu de programme antisioniste réellement cohérent, mais plutôt un mouvement d’humeur catalysant un ras-le-bol face aux prétentions politiques et aux privilèges des représentants de la communauté juive (dîner du CRIF, loi Gayssot et autres), qui entendent parler au nom des juifs, alors qu’ils n’en représentent au mieux qu’un sixième et travaillent essentiellement à la promotion du sionisme sans se soucier des intérêts réels de leurs coreligionaires. Au bilan, les résultats des urnes sont mitigés. Le vote semble plus ethnique que proprement idéologique. J’ignore si aujourd’hui, dans notre société telle qu’elle est, une liste purement antisioniste a quelque chance de succès. Pour susciter l’engouement populaire, un programme positif me paraît nécessaire. Il est certain, par exemple, que des personnalités remarquables comme Roland Dumas ou Dominique de Villepin n’ont pas eu à se revendiquer de l’antisionisme pour réussir à maintenir la souveraineté nationale lorsqu’elle était en péril face aux prétentions d’Israël.


6) Vous donnez quelques conseils aux sionistes pour éviter de possibles violences vengeresses à l’avenir. Pourtant, depuis l’assassinat de Rabin en 1995, la politique israélienne n’a cessé de connaître une surenchère dans la violence et le bellicisme, au point que Sharon a été détrôné dans le paroxysme néo-colonial qu’il incarnait (souvent) par Netanyahou et son improbable ministre des Affaires étrangères. Un LaRouche aux Etats-Unis (énième bouc émissaire accusé d’antisémitisme) explique qu’Israël est pris dans une spirale autodestructrice, contrairement à l’erreur d’optique qui considère la violence israélienne comme toute-puissante, notamment dans la région du Proche-Orient. A l’aune de cette fuite en avant, que pensez-vous de l’alternative à la guerre perpétuelle qui est présentée comme la solution de la sagesse et du progressisme et qui appelle à la création de deux Etats, l’un israélien et l’autre palestinien ? N’est-ce pas une gageure proposant un néo-apartheid moralement inadmissible et concrètement inapplicable ? Soit une fausse solution permettant de différer la résolution d’un vrai problème ?

Blanrue : La proposition des « deux États » comme solution au conflit israélo-palestinien n’est déjà plus tenable. Stéphane Hessel, y a déjà répondu. Dans mon livre, je cite cet ancien déporté à Buchenwald, l’un des « pères » de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme, qui a déclaré à la fin de 2008 : « À la suite de ce qui s'est passé depuis l'évacuation des colonies israéliennes à Gaza, depuis l'enfermement de ce petit territoire qui n'a plus de contacts avec le monde extérieur, depuis qu'il y a le Hamas d'un côté et le Fatah de l'autre, la seule solution qui apparaissait raisonnable et possible des deux États –israélien et palestinien – vivant côte à côte à la suite d'une négociation, n'est plus d'actualité. Tous nos interlocuteurs sur place nous ont dit : “ C'est out ! Ce n'est plus possible !“ Pourquoi ? Essentiellement à cause de la façon dont les Israéliens ont continué à coloniser la Cisjordanie et n'ont rien fait pour faciliter le travail de Mahmoud Abbas. Aucun de ces problèmes n'ayant évolué ces dernières années, la solution de deux États est devenue caduque. » Il n’y a rien à ajouter.


7) Qu’est-ce que l’antisionisme ? Se montrer antisioniste, est-ce souhaiter la disparition d’Israël ? Si l’antisionisme ne correspond pas à cette dernière option mentionnée, ne doit-on pas en conclure que le sionisme et le pro-israélisme ne correspondent pas, en tout cas tout à fait ?

Blanrue : Il y a autant de types d’antisionistes que de sionistes. Je ne connais personne qui souhaite la disparition physique de l’État d’Israël, et sûrement pas le président Ahmadinedjad dont on a détourné les paroles de leur véritable sens (pour lui, le « régime d’occupation en Israël » devra « être effacé des pages du temps », ce qui n’a rien à voir avec l’élimination d’un État). En revanche, l’un des points communs des antisionistes, c’est de ne pas se satisfaire de la situation qui règne en Israël et à laquelle on nous contraint d’assister en France sans qu’on ait le droit de la critiquer sous peine de nous faire qualifier de noms passibles du tribunal correctionnel. L’une des définitions possibles et raisonnables de l’antisionisme tiendrait, pour reprendre le terme utilisé par Jimmy Carter, dans le fait ne pas accepter qu’Israël continue d’être un État juif pratiquant une politique d’apartheid.


8) Ne pensez-vous pas que la toute-puissance unilatérale du sionisme cache l’affaiblissement obvie, quelque chose comme le chant du cygne de cette idéologie et de la politique pro-israélienne ? La crise systémique actuelle, qui est tout sauf terminée, affecterait en premier lieu les intérêts sionistes – le sionisme comme l’arbre qui cache la forêt mondialiste. Le rempart moral de l’antisémitisme n’empêche plus aussi efficacement qu’autrefois les protestations (de plus en plus nombreuses) contre les dérives et les abus, notamment lors des dernières manifestations de la politique israélienne. Les défenseurs du sionisme sont de plus en plus contestés, surtout les inconditionnels, comme BHL et Consorts, qui passent de plus en plus pour des propagandistes, parfois clairement mensongers (voir notamment le drolatique épisode de BHL en Géorgie).

Blanrue : Le sionisme touche à sa fin. Tous les indicateurs montrent que nous sommes à un tournant de l’histoire. C’est pourquoi les sionistes sont si nerveux, commettent tant d’impairs et sont dans une politique de fuite en avant désespérée. Si je prends mon cas personnel, le fait que l’on ne me laisse pas la parole en France, qu’on « black-oute » mon livre (le diffuseur français de mon éditeur belge a refusé de le distribuer dans les librairies françaises, alors qu’il n’est ni interdit ni poursuivi), est révélateur du délabrement du sionisme français, qui est paradoxalement au pouvoir depuis Sarkozy. Aux États-Unis, le lobby pro-israélien est encore fort et sûr de ses prérogatives, même si l’affaire Madoff l’a quelque peu ébranlé : du coup, il laisse un espace de liberté à ses opposants. En France, les réseaux pro-israéliens, certes influents, sont dans un état de décrépitude avancée, s’étripent et doutent d’eux-mêmes, avouant ainsi leur faiblesse latente : voilà pourquoi ils laissent moins de liberté d’expression à leurs adversaires. Ils craignent qu’on montre en plein jour leurs incertitudes, leurs égarements, qui sont autant de signes avant-coureurs de leur défaite annoncée. Je leur demande de reprendre l’initiative, puisqu’ils ont contribué à mettre au pouvoir leur homme-lige, et de nous démontrer qu’ils ont encore capables de supporter la discussion. C’est pourquoi j’appelle, dans mon ouvrage, à une nouvelle « nuit du 4 août » : que les privilégiés, mis en difficulté, renoncent à un certain nombre de leurs privilèges et prouvent qu’ils sont enfin prêts à faire baisser des tensions qui ne peuvent qu’être préjudiciables à terme pour la communauté qu’ils sont censés représenter ainsi qu’à la nation tout entière. « La régénération nationale exigera la destruction de nombreux privilèges », écrivait Che Guevara. Cet enseignement est plus que jamais à méditer !

Tuesday, June 23, 2009

Mossad-Taliban whistleblower killed in Pakistan

Qari Zainuddin (centre), surrounded by his armed guard in northwestern Pakistan


A tribal leader who earlier defected from Pakistani Taliban chief Baitullah Mehsud and revealed the militants group's ties with the US and Israel has been shot dead.

The assassination of Qari Zainuddin comes days after he revealed that their comrade was pursuing a US-Israeli agenda across the violence-wracked country.

Zainuddin, a 26-year-old rising tribesman who had called Mehsud "an American agent" was killed by a gunman in northwestern town of Dera Ismail Khan on Tuesday.

Zainuddin, who broke away from Mehsud, was also increasingly critical of Mehsud's use of suicide bombings targeting civilians.

In an interview with local media the defector said that Mehsud had established strong links with Israeli intelligence services, which were destabilizing the nuclear armed country. "These people (Mehsud and his men) are working against Islam."

Mehsud, a warlord in his late 30s, has claimed responsibility for dozens of devastating string attacks on both civilians and security forces throughout the feared region.

Insurgents have stepped up their attacks on civilian and religious centers in major cities across Pakistan, which has fueled anti-Taliban sentiments among the Pakistani people.

The US invaded Afghanistan more than seven years ago to allegedly eradicate insurgency and arrest Taliban and al Qaeda leaders.

The US invasion of Afghanistan in 2001 has resulted in the spread of violence into neighboring Pakistan. Taliban militants have turned the restive tribal belt between the two neighbors into a scene of daily violence.

Obama, Israël et le puzzle iranien


Ahmadinejad et Moussavi sont autant l’un que l’autre intéressés par un dialogue avec les États-Unis, alors qu’Israël exerce une pression maximum sur Obama pour qu’il s’attaque à l’Iran, écrit Ramzy Baroud.

La victoire électorale du président iranien Mahmoud Ahmadinejad est susceptible de compliquer la nouvelle approche du président américain Barack Obama concernant le conflit de son pays avec l’Iran. L’origine de ce nouvel obstacle qui se dessine n’est ni un refus des Etats-Unis, ni un refus de l’Iran de s’engager dans un futur dialogue, mais plutôt l’insistance d’Israël à maintenir une ligne vindicative.


Les résultats des élections présidentielles iraniennes du 12 juin vont pouvoir illustrer un autre combat au Moyen-Orient entre « modérés » et « extrémistes ». Cette représentation, qui de façon bien pratique divise le Moyen-Orient entre un camp pro-américain et un camp anti-américain - si on se fie aux discours de politique étrangère des Etats-Unis - n’est guère pertinente dans le cas iranien pas plus qu’elle ne l’est en Palestine ni plus récemment au Liban.
Mir Hussein Moussavi, principal rival du président sortant Ahmadinejad, a assuré les fonctions de premier ministre d’Iran durant 8 années [de 1981 à 1989] au cours d’une des plus difficiles périodes traversées par l’Iran : la guerre avec l’Irak. Il ne pouvait alors guère être considéré comme un « modéré ». De plus, Moussavi a été aussi catégorique quant au droit de son pays à produire de l’énergie atomique pour des besoins pacifiques. Aussi loin que soient concernés les intérêts américains dans la région, Ahmadinejad et Moussavi sont autant l’un que l’autre intéressés par un dialogue avec les États-Unis, et sont peu susceptibles de modifier l’attitude iranienne à l’égard de l’occupation de l’Irak, du soutien au mouvement du Hezbollah au Liban, et du Hamas en Palestine.


Aucun des deux n’est prêt, ni même disposé et, franchement dit, ni capable de retirer l’Iran du jeu des conflits de pouvoir à l’œuvre au Moyen-Orient, compte tenu du fait que les politiques iraniennes sont façonnées par d’autres forces internes et en marge de la présidence du pays.
Il ne s’agit pas de suggérer que les deux dirigeants sont une seule et même chose. Pour la moyenne des gens en Iran, les déclarations faites par Ahmadinejad et Moussavi au cours de leur campagne électorale très animée incluaient la promesse de grands changements dans leur vie, leurs problèmes quotidiens et à venir. Mais encore une fois, les deux hommes ont été caricaturés de façon commode afin de présenter deux personnalités au monde extérieur : l’une animée d’une obsession enragée du nucléaire, vouée à « effacer Israël de la carte », et l’autre au parler mesuré, « modéré » et prête à « s’engager » avec l’Occident et à racheter les péchés de son prédécesseur.
Malheureusement pour l’administration d’Obama, s’est imposée la première image négative - façonnée par les médias dominants et des années de manipulation d’images par des forces dévouées à l’intérêt d’Israël. Les résultats des élections en Iran placent le débutant Obama face à un défi important : s’il maintient son attitude diplomatique et ses ouvertures vis-à-vis de l’Iran, dirigé par un supposé dénégateur d’holocauste, il sera certainement considéré comme un président qui a failli, qui a osé considérer comme secondaires les intérêts d’Israël dans la région.
Mais pourtant Obama ne peut pas se démarquer de la nouvelle approche de son pays en ce qui concerne l’Iran, un acteur clé parmi les forces dans la région entière.


D’une certaine manière, la victoire d’Ahmadinejad était la meilleure des nouvelles pour Israël. A présent, Tel Aviv continuera à faire pression sur Obama pour qu’il agisse contre l’Iran, qui représenterait sous son président actuel une menace existentielle pour Israël, une affirmation que peu de monde met en question à Washington. « Ce n’est pas comme si nous prenions racine avec Ahmadinejad, » a déclaré un fonctionnaire israélien, sous couvert de l’anonymat au New York Times un jour après qu’il soit devenu clair qu’Ahmadinejad entamerait un autre mandat à la présidence.


Constatant la tentative immédiate d’Israël d’exploiter les résultats des élections, cela amène à se demander si la défaite en Iran du camp des dits « modérés » n’était pas le meilleur scénario. L’Iran continuera à être présenté comme un obstacle pour une paix future au Moyen-Orient, permettant au premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’évacuer n’importe quelle responsabilité en ce qui concerne le processus de paix.


En fait, avec une « menace existentielle » à l’horizon, peu de gens à Washington oseraient s’opposer à la politique coloniale israélienne en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-est, au blocus mortel contre Gaza, et à une attitude conflictuelle envers la Syrie et Hezbollah au Liban, ce dernier étant vu comme « une milice soutenue par l’Iran ».


Le 13 juin, le vice-premier ministre israélien Silvan Shalom était l’un des premiers officiels de premier plan en Israël à vouloir exploiter la situation. Les résultats des élections en Iran, dit-il, « explosent à la figure de ceux qui pensaient que l’Iran était fait pour un véritable dialogue avec le monde libre afin d’arrêter son programme nucléaire. » En apparence, le message de Shalom s’adressait à une assistance réduite à Tel Aviv, mais sa véritable cible était Obama lui-même.
Les ouvertures d’Obama à destination de l’Iran n’étaient pas nécessairement le reflet d’une nouvelle et importante inclinaison dans la politique extérieure des Etats-Unis, mais plus une reconnaissance réaliste de l’influence croissante de l’Iran dans la région et du combat déjà perdu et désespéré des Etats-Unis en Irak.


C’était le pragmatisme d’Obama, et non pas un virage moral dans la politique extérieure américaine qui est à l’origine de déclarations telles que celle du 2 juin lors d’une entrevue avec la BBC : « Ce que je crois, c’est que l’Iran a des soucis légitimes d’énergie, des aspirations légitimes. D’un autre côté, la communauté internationale a un véritable intérêt à empêcher une course aux armements nucléaires dans la région. »


Pour Israël, cependant, la rhétorique d’Obama est une déviation par rapport à l’attitude intransigeante des Etats-Unis dans le passé à l’égard de l’Iran. Ce qu’Israël veut garder ouvert, c’est une discussion sur la guerre comme réelle option pour contrecarrer les ambitions nucléaires de l’Iran et pour éliminer un important rival militaire au Moyen-Orient.


Membre distingué de l’institut américain pro-israélien [pro-Israeli American Enterprise Institute], John R. Bolton a repris à son compte l’appel à la guerre hurlée par la foule des pro-israéliens, dans un article récent paru dans le Wall Street Journal et titré : « Que se passera-t-il si Israël attaque l’Iran ? » : « Beaucoup prétendent que l’action militaire israélienne aura pour effet de rassembler les Iraniens autour du régime des mollahs et de plonger la région dans le chaos. Tout au contraire, une attaque accompagnée d’une offensive diplomatique efficace peut aussi bien retourner la population iranienne contre un régime oppresseur. »


La victoire d’Ahmadinejad servira de nouvelle démonstration que la diplomatie n’est pas une option avec l’Iran, selon le point de vue d’Israël et de ses partisans aux Etats-Unis. Obama maintiendra-t-il sa démarche plus positive vis-à-vis de l’Iran ? S’il échoue à le faire, cela minera encore plus les intérêts de son pays au Moyen-Orient et entretiendra le climat de guerre froide entretenue par une clique d’extrémistes néo-conservateurs dans l’administration Bush ces dernières années.

Ramzy Baroud


* Ramzy Baroud est écrivain et rédacteur en chef de « PalestineChronicle.com ». Ses écrits ont été publiés dans de nombreux journaux, magazines et anthologies dans le monde entier. Son dernier livre est « The Second Palestinian Intifada : A Chronicle of a People’s Struggle » (Pluto Press, London).


Du même auteur :



Sources : en anglais et en français
Traduction de l’anglais : Nazim

Destabilization 2.0

Soros, the CIA, Mossad and the new media destabilization of Iran


James Corbett
The Corbett Report

23 June, 2009



It's the 2009 presidential election in Iran and opposition leader Mir-Houssein Mousavi declares victory hours before the polls close, insuring that any result to the contrary will be called into question. Western media goes into overdrive, fighting with each other to see who can offer the most hyperbolic denunciation of the vote and President Ahmadenijad's apparent victory (BBC wins by publishing bald-faced lies about the supposed popular uprising which it is later forced to retract). On June 13th, 30000 "tweets" begin to flood Twitter with live updates from Iran, most written in English and provided by a handful of newly-registered users with identical profile photos. The Jerusalem Post writes a story about the Iran Twitter phenomenon a few hours after it starts (and who says Mossad isn't staying up to date with new media?). Now, YouTube is providing a "Breaking News" link at the top of every page linking to the latest footage of the Iranian protests (all shot in high def, no less). Welcome to Destabilization 2.0, the latest version of a program that the western powers have been running for decades in order to overthrow foreign, democratically elected governments that don't yield to the whims of western governments and multinational corporations.

Ironically, Iran was also the birthplace of the original CIA program for destabilizing a foreign government. Think of it as Destabilization 1.0: It's 1953 and democratically-elected Iranian leader Mohammed Mossadegh is following through on his election promises to nationalize industry for the Iranian people, including the oil industry of Iran which was then controlled by the Anglo-Iranian Oil Company. The CIA is sent into the country to bring an end to Mossadegh's government. They begin a campaign of terror, staging bombings and attacks on Muslim targets in order to blame them on nationalist, secular Mossadegh. They foster and fund an anti-Mossadegh campaign amongst the radical Islamist elements in the country. Finally, they back the revolution that brings their favoured puppet, the Shah, into power. Within months, their mission had been accomplished: they had removed a democratically elected leader who threatened to build up an independent, secular Persian nation and replaced him with a repressive tyrant whose secret police would brutally suppress all opposition. The campaign was a success and the lead CIA agent wrote an after-action report describing the operation in glowing terms. The pattern was to be repeated time and time again in country after country (in Guatemala in 1954, in Afghanistan in the 1980s, in Serbia in the 1990s), but these operations leave the agency open to exposure. What was needed was a different plan, one where the western political and financial interests puppeteering the revolution would be more difficult to implicate in the overthrow.

Enter Destabilization 1.1. This version of the destabilization program is less messy, offering plausible deniability for the western powers who are overthrowing a foreign government. It starts when the IMF moves in to offer a bribe to a tinpot dictator in a third world country. He gets 10% in exchange for taking out an exorbitant loan for an infrastructure project that the country can't afford. When the country inevitably defaults on the loan payments, the IMF begins to take over, imposing a restructuring program that eventually results in the full scale looting of the country's resources for western business interests. This program, too, was run in country after country, from Jamaica to Myanmar, from Chile to Zimbabwe. The source code for this program was revealed in 2001, however, when former World Bank chief economist Joseph Stiglitz went public about the scam. More detail was added in 2004 by the publication of John Perkin's Confessions of an Economic Hitman, which revealed the extent to which front companies and complicit corporations aided, abetted and facilitated the economic plundering and overthrow of foreign governments. Although still an effective technique for overthrowing foreign nations, the fact that this particular scam had been exposed meant that the architects of global geopolitics would have to find a new way to get rid of foreign, democratically elected governments.

Destabilization 1.2 involves seemingly disinterested, democracy promoting NGOs with feelgood names like the Open Society Institute, Freedom House and the National Endowment for Democracy. They fund, train, support and mobilize opposition movements in countries that have been targeted for destabilization, often during elections and usually organized around an identifiable color. These "color revolutions" sprang up in the past decade and have so far successfully destabilized the governments of the Ukraine, Lebanon, Georgia and Kyrgyzstan, among others. These revolutions bear the imprint of billionaire finance oligarch George Soros. The hidden hand of western powers behind these color revolutions has threatened their effectiveness in recent years, however, with an anti-Soros movement having arisen in Georgia and with the recent Moldovan "grape revolution" having come to naught (much to the chagrin of Soros-funded OSI's Evgeny Morozov).

Now we arrive at Destabilization 2.0, really not much more than a slight tweak of Destabilization 1.2. The only thing different is that now Twitter, Facebook, YouTube and other social media are being employed to amplify the effect of (and the impression of) internal protests. Once again, Soros henchman Evgeny Morozov is extolling the virtues of the new Tehran Twitter revolution and the New York Times is writing journalistic hymns to the power of internet new media...when it serves western imperial interests. We are being asked to believe that this latest version of the very (very) old program of U.S. corporate imperialism is the real deal. While there is no doubt that the regime of Ahmadenijad is reprehensible and the feelings of many of the young protestors in Iran are genuine, you will forgive me for quesyioning the motives behind the monolithic media support for the overthrow of Iran's government and the installation of Mir-Houssein "Butcher of Beirut" Mousavi.

Monday, June 22, 2009

Le lobby israelien : Leotard, Balladur, Sarkosy et le CRIF, la loi sur le Niqab, l'Iran et le Terrorisme d'Etats


On comprend ainsi mieux pourquoi Sarkosy parle d'une loi sur le Niqab... quelle diversion... En 2004, a l'epoque de la loi raciste votee par les deputés pro-israeliens de l'assemblee nationale, une loi preparee par les israeliens et mis en oeuvre par le CRIF en France... Les israeliens ne voulaient surtout pas faire croire que les musulmans etaient capables d'influencer et meme d'arreter le gouvernement francais dans sa participation dans la guerre en Iraq... Les israeliens ont donc concus cette loi afin de pousser les francais a hair les musulmans et musulmanes dans le cadre du 'choc des civilisations' pour influencer le gouvernement francais et le pousser a participer a la guerre en Iraq.


La France pour des raisons de corruption et reseaux de financements occultes des partis francais via Harriri, Lagardere et Saddam Hussein n'y a pas pris part, car c'etaient les reseaux gaullistes qui etaient la cible des israeliens qui voulaient le controle total de l'Iraq et l'elimination de Villepin afin de deblayer la route au nain de jardin Sarkosy...


Chirac a vote la loi contre le hijab pour lui aussi ne pas tomber totalement entre les mains de personnes qui pourraient soit l'aider soit le renverser au besoin et ne surtout pas donner l'impression aux francais que la France serait, comme le disait Israel et ses affides en France, sous controle musulman.


On a le meme scenario avec l'Iran ou Sarkosy s'ingere dans des affaires qui ne le regardent pas, alors que les algeriens ont vomis le candidat de la France Bouteflika sans que Sarkosy ne denonce les irregularites et ne soutiennent les partis d'opposition civils, pas ceux de la DCRI... Sarkosy et le CRIF poussent prematurement la sortie cette loi sur le niqab pour mettre l'Iran en tete d'agenda, cette loi qui fait un flop total, devait servir a couvrir les israeliens de France dans les attentats de Karachi, mais egalement pour faire le liens visuel entre les femmes musulmanes en Niqab habillees en noir avec les femmes iraniennes qui s'habillent en jilbab noir sans niqab... Astucieux et 'grotesque' a la fois...


On sent que les elites sionistes sont en bout de course, Sarkosy-Merkel, restant les seuls israeliens en course en Europe pour aider israel dans sa tache en Iran... Brown et Berlsuconi disparaissant sous les scandales... Avec les USA en total deconfiture militaire et economique... les israeliens de France veulent finir en jouant de la politique de la terre brulee comme aux USA... pas étonnant pour des apatrides venus de Hongrie !


Wa Allah 'alam


Abu Suleyman



Sarkozy impliqué dans l’attentat de Karachi : ni "ridicule", ni "grotesque", ni "absurde", Monsieur le président !



Le Pakistan a-t-il fomenté l’attentat de Karachi en 2002, en représailles à l’arrêt du versement par Jacques Chirac des commissions occultes auquel Édouard Balladur, alors Premier ministre, s’était engagé ? Cet accord secret obligeait-il aussi au règlement de rétro-commissions qui ont servi à financer la campagne présidentielle du candidat Balladur en 1995 ? Son ministre du Budget de l’époque, Nicolas Sarkozy, pouvait-il ne pas être au courant ? Bonne nouvelle : les juges et les journalistes font leur travail. Mais mauvaise nouvelle : la nouvelle loi de programmation militaire, permettant de criminaliser la contestation des "intérêts économiques stratégiques" de la France, englobés dans la "sécurité nationale", et l’extension du secret-défense à de nombreux nouveaux domaines, rendra impossible toute investigation future dans des affaires de ce genre. Surtout si l’on ajoute la suppression du juge d’instruction planifiée par le Pouvoir. L’ensemble assurera l’impunité à nos gouvernants et à leurs partenaires économiques privés, définitivement à l’abri de la justice et de tout contrôle citoyen. Synthèse et mise en perspective de l’installation institutionnelle d’une République bananière.


Première partie


Attentat de Karachi, contrat Agosta, rapport Nautilus : comment d’éminents dignitaires pakistanais ont perpétré l’attentat pour faire pression et se venger de Jacques Chirac, coupable d’avoir mis un terme à un mécanisme de corruption dont le grand bénéficiaire français était l’ancien Premier ministre Édouard Balladur. Vous avez dit affaire d’État ?


Quatorze cercueils alignés. Qui a commandité l’attentat de Karachi en 2002 ? L’homme qui se penche ci-contre pour décorer une victime à titre posthume est-il responsable, par sa décision d’interrompre le versement de commissions occultes, de sa mort ? Les éléments apportés par l’indispensable Mediapart donnent à le penser : les services secrets français étaient bien au courant des menaces qui pesaient sur les Français présents à Karachi dans le cadre de la vente de sous-marins au Pakistan. Et l’hypothèse présentée est digne d’un roman d’espionnage, ce qui ne signifie évidemment pas que la réalité ne soit pas en l’occurrence capable de rattraper la fiction.


En vendant trois sous-marins au Pakistan, transaction conclue alors que François Léotard est le ministre de la Défense du Premier ministre Édouard Balladur et Nicolas Sarkozy son homologue du Budget, la France s’engage à verser des commissions occultes à des militaires pakistanais, ainsi notamment qu’au veuf de Benazir Bhutto, connu comme "Monsieur 10%", déjà convaincu de corruption dans d’autres affaires et actuel... président du Pakistan ! En échange de ces pots-de-vin, des rétro-commissions font le chemin inverse, de Karachi vers Paris, via comme il se doit sociétés écrans et paradis fiscaux.


Qui alimentent une caisse noire pour financer la campagne présidentielle du candidat Balladur : voilà toute la thèse contenue dans le rapport Nautilus, dont Mediapart révèle l’identité de l’auteur, Claude Thévenet, ancien membre des services secrets français. C’est Le Point, qui, le premier, évoque ce rapport, dans un article de décembre 2008. Sans faire beaucoup de bruit : nous ne devons qu’à la vigilance d’une commentatrice de Plume de presse d’en avoir connaissance. "C’était le 8 mai 2002, à 7 h 45, raconte Hervé Gattegno. La voiture du kamikaze, en explosant, fit voler en éclats le bus des employés de la Direction des constructions navales (DCN) : des ouvriers et techniciens venus de Cherbourg pour participer à la construction d’un sous-marin. Le crime n’a pas été revendiqué. Quatre suspects ont été interpellés par la police locale ; un commanditaire - lié à Al-Qaeda - a été désigné, sans être retrouvé. Depuis, la coopération promise par l’ancien président Pervez Moucharraf en est restée aux apparences, et rien d’essentiel n’a été découvert.


Mais une nouvelle piste a surgi à Paris. Embarrassante et sulfureuse, elle avance un mobile politico-financier qui relierait, à travers le temps et l’espace, l’écheveau terroriste pakistanais aux affrontements politiques franco-français des années 90. Mi-octobre, le parquet a transmis au juge Marc Trevidic, chargé du dossier de Karachi, un document saisi par la police au printemps dernier dans le bureau d’un dirigeant de la DCN, Gérard Menayas, à la faveur d’une enquête financière sur les anciens arsenaux d’Etat. Selon cette note, l’attentat de 2002 trouverait son origine dans une sombre affaire de commissions impayées sur le marché des sous-marins, sur fond de règlements de comptes entre partisans de Jacques Chirac et d’Édouard Balladur, au lendemain de l’élection présidentielle de 1995."



Que s’est-il passé au juste ? Jusqu’à l’élection de Jacques Chirac en 1995, tout va bien. L’accord secret conclu pour la vente de trois sous-marins garantit aux dignitaires pakistanais de juteuses commissions, à l’industrie française de l’armement un joli contrat (de 825 millions d’euros) et au Premier ministre Édouard Balladur un pactole, sous forme de rétro-commissions, pour financer sa campagne électorale des présidentielles de 1995. Mais patatras ! C’est Chirac qui est élu. Alors il coupe les vannes : plus question que Balladur puisse disposer d’un tel trésor de guerre. Les intermédiaires véreux n’auront plus un sou. Ce qui déclenche leur colère. Qui va les amener, après la réélection de Chirac, à fomenter l’attentat de Karachi, histoire d’à la fois tenter de forcer la main à la France, qu’elle reprenne le versement des commissions promises, et de se venger d’un septennat sans aucun règlement : "Daté du 11 septembre 2002, le document est long de trois pages et ne porte aucune signature, explique Le Point. Sous le nom de code « Nautilus », il résume les conclusions d’une mission de renseignement commandée par la DCN dans les mois qui ont suivi l’attentat. (...) Le texte débute ainsi : « Après de nombreux contacts, tant en Europe qu’au Pakistan, nous parvenons à la conclusion que l’attentat de Karachi a été réalisé grâce à des complicités au sein de l’armée. » Les auteurs anonymes précisent que « les personnalités militaires ayant instrumentalisé le groupe islamiste qui a mené à bien l’action poursuivaient un but financier » : le versement de « commissions non honorées » sur la vente des sous-marins, dans le cadre du contrat Agosta.


Le rapport affirme en effet que ces versements avaient été interdits par Jacques Chirac en 1995, aussitôt après son entrée à l’Elysée, afin d’ « assécher les réseaux de financement occultes » au service d’Edouard Balladur. Mais le veto présidentiel aurait, par ricochet, privé certaines personnalités pakistanaises des sommes qu’elles attendaient. Au premier rang de celles-ci figurait Asif Ali Zardari, mari de Benazir Bhutto, alors Premier ministre - le même Zardari qui dirige désormais le pays, après l’assassinat de son épouse, en 2007 et l’élection présidentielle..." Ah vous ne voulez plus nous payer ? Boum !


Le Point conclut ses révélations par cette phrase : "Ainsi, au moment du feu rouge de l’Elysée, l’équivalent de 28 millions d’euros avait déjà été transférés via deux banques suisses, sur les comptes de sociétés écrans panaméennes. D’une éventuelle redistribution ultérieure nul n’a jamais rien su. Sauf ses bénéficiaires et ceux qui, peut-être, en ont été exclus. Douze ans après, le rapport « Nautilus » peut-il transformer une enquête antiterroriste en scandale politico-financier ?" La question posée par Hervé Gattegno en décembre 2008 semble devoir trouver une réponse affirmative en juin 2009.


"Les juges antiterroristes chargés du dossier ont annoncé jeudi aux familles des victimes que la piste d’al-Qaida, jusqu’ici privilégiée, avait été abandonnée au profit de la thèse d’une affaire d’Etats, écrit Le Figaro. L’attentat pourrait en effet avoir été commandité par les autorités pakistanaises pour punir la France de ne pas avoir versé de commissions dans le cadre de la vente de sous-marins Agosta 90B." Plus exactement de ne pas avoir continué à verser de commissions, nuance ! L’avocat des familles de victimes, Maître Olivier Morice, accuse dans Ouest-France : "On nous cache des choses. Lors de la signature du contrat d’armement entre la France et le Pakistan, des commissions, voire des rétro-commissions, avaient été envisagées. La France n’a pas honoré sa parole.


A l’époque, il y avait des financements qui profitaient à des hommes politiques qui faisaient campagne lors de la présidentielle de 1995." Il confirme dans Libération : "L’enquête sur l’attentat de Karachi en 2002 contre des salariés des arsenaux d’Etat DCN se dirige vers une « affaire d’Etats », et non plus vers Al-Qaïda, selon l’avocat de sept familles de victimes qui a vu les juges antiterroristes. « La piste Al-Qaïda est totalement abandonnée. Le mobile de l’attentat apparaît lié à un arrêt des versements de commissions » de la France au Pakistan dans le cadre de la vente de sous-marins Agosta, a expliqué Me Olivier Morice, à l’issue d’une rencontre des juges antiterroristes Marc Trévidic et Yves Jannier avec les familles des victimes à Cherbourg. « Ces commissions ont été arrêtées à l’arrivée de Jacques Chirac à la présidence de la République en 1995 afin que des rétrocommissions » destinées à financer la campagne d’Edouard Balladur, Premier ministre avant l’arrivée de Chirac à la présidence « ne soient pas versées." Magali Drouet, la fille d’une victime de l’attentat, s’indigne à son tour dans Le Figaro : "Nous avons la certitude que l’État français nous a caché quelque chose. Les juges anti-terroristes ont été informés que la DGSE avait mené des opérations de représailles en 2002, après l’attentat, contre des maîtres-chanteurs au Pakistan."


Mediapart nous en dit plus sur lesdites opérations : elles furent baptisées "Casser des genoux", ça ne s’invente pas ! Bienvenue chez les barbouzes... "Cela veut dire qu’ils les connaissaient dès cette date, poursuit Magali Drouet. Pourtant, cela fait sept ans qu’on nous bassine avec la piste al-Qaida, nous disant qu’on se trompe quand on parle d’autres hypothèses. Aujourd’hui, nous voulons que la justice puisse mener le dossier et que les personnalités citées dans le dossier (NDLR - Jacques Chirac et Edouard Balladur) soit entendues comme témoins. La déclaration de Nicolas Sarkozy montre une fois de plus la volonté de l’État à étouffer cette affaire", conclut-elle. Transition idéale pour vous livrer le contenu de la seconde partie de cet article, à venir sur Plume de presse : comment descend-on de Balladur à Sarkozy, en quoi la défense de ce dernier est rien moins que convaincante et de quelle façon le Pouvoir verrouille-t-il les institutions afin que, plus jamais, nos gouvernants n’aient à être démasqués ni à rendre compte de leurs pratiques de corruption, tout simplement en interdisant désormais toute investigation dès lors qu’elle touche à la "sécurité nationale", périmètre élargi et déterminé en tout arbitraire par leurs soins, afin de leur garantir une impunité définitive, à l’abri du regard des juges et des citoyens.