Saturday, February 10, 2007

De la doctrine Truman aux néoconservateurs -La politique étrangère des USA : une politique criminelle


De la doctrine Truman aux néoconservateurs -La politique étrangère des USA : une politique criminelle



Intervention à la Conférence internationale « Dénoncer les crimes de guerre – criminaliser la guerre » organisée par l'Organisation Perdana pour une paix mondiale, Kuala Lumpur, 5-7 février 2007. Michel Chossudovsky Traduit par Dany Quirion et révisé par Fausto Giudice

1. Le contexte contemporain


Le monde est à une croisée des chemins de la plus sérieuse crise de l'histoire moderne. Les USA se sont embarqués dans une aventure militaire, «une guerre de longue durée», qui menace l’avenir de l'humanité. Depuis que la première bombe atomique a été lancée sur Hiroshima le 6 août 1945, l'humanité n’a jamais été aussi près de l'impensable, un holocauste nucléaire qui pourrait potentiellement se propager, en termes de retombées radioactives, au-dessus d'une grande partie du Moyen-Orient.Il y a une montagne de preuves que l'administration Bush, en collaboration avec Israël et l'OTAN, planifie le déclenchement d'une guerre nucléaire contre l'Iran et par une curieuse ironie, en représailles au programme inexistant d’armes nucléaires de Téhéran. L'opération militaire usaméricano-israélienne serait dans « un état de préparation avancé ».Si un tel plan devait être lancé, la guerre connaîtrait une escalade de nature à entraîner éventuellement la région entière du Moyen-Orient et de l’Asie Centrale.Comme l’ont suggéré certains analystes, la guerre pourrait se propager au-delà de la région pour finalement nous entraîner dans un scénario de Troisième Guerre Mondiale.


Le déploiement naval dirigé par les USA (comportant un imposant déploiement de matériel militaire) prend actuellement place dans deux théâtres d’opération distincts: le Golfe Persique et la Méditerranée orientale.La militarisation de la Méditerranée orientale est principalement sous la juridiction de l'OTAN en lien avec Israël. Dirigée contre la Syrie, elle est conduite sous le façade d'une mission de « maintien de la paix » de l'ONU. Dans ce contexte, la guerre israélienne dirigée contre le Liban l'été dernier, qui a vu d’innombrables atrocités et la feuille de routemilitaire beaucoup plus ample, parrainée par les USA .

2. La concentration des forces navales dans le Golfe Persique et en Méditerranée orientale


L'armada navale dans le Golfe Persique est principalement sous le commandement des USA, avec la participation du Canada. La concentration de forces navales est coordonnée avec des forces d’attaques aériennes. La planification de frappes aériennes contre l'Iran a commencé à la mi-2004, suite à la formulation du CONPLAN 8022 début 2004. En mai 2004, la Directive Présidentielle de Sécurité Nationale (NSPD 35) intitulée Autorisation de Déploiement d'Armes Nucléaires a été émise.Même si son contenu n’est pas rendu public, on présume que la Directive NSPD 35 concerne le stockage et le déploiement d’armes nucléaires tactiques dans le théâtre de guerre du Moyen-Orient conformément au CONPLAN 8022.Aux dernières nouvelles,


Washington projette de lancer des attaques aériennes à partir des bases militaires en Roumanie et en Bulgarie. «Les forces usaméricaines pourraient utiliser leurs deux bases de l’ US Air Force en Bulgarie et une autre sur la côte roumaine de la Mer Noire pour lancer une attaque contre l'Iran en avril [2007], » selon l'agence de nouvelles bulgare Novinite.

3. Le crime de guerre suprême:


L’utilisation d’armes nucléaires dans un théâtre de guerre conventionnelleEn dépit des rapports du Pentagone qui décrivent les armes nucléaires tactiques comme « sûres pour la population civile environnante », l'utilisation d’armes nucléaires dans un théâtre de guerre conventionnelle dirigée contre l'Iran représenterait le crime de guerre suprême: un holocauste nucléaire. La contamination radioactive résultante et qui menacerait les générations futures, ne serait pas limitée au Moyen-Orient.

4. La «Guerre contre le terrorisme» :


Un prétexte pour faire la guerre

En 2005, on rapporte que le vice-président Dick Cheney a chargé l’USSTRATCOM (Commandement stratégique US) d’élaborer un plan d'urgence « pour qu’il soit mis en application en réponse à une nouvelle attaque terroriste du type de celle du 11 septembre contre les USA ». Des événements provoquant de lourdes pertes, y compris la mort de civils, ont été utilisés pour galvaniser l'opinion publique en faveur d’un ordre du jour militaire. Les morts de civils sont utilisées pour justifier les actions préventives pour défendre la patrie usaméricaine contre un prétendu ennemi extérieur, identifié comme des « terroristes islamiques ».

Événements provoquant de lourdes pertes Mass Casualty Producing Events
« Un événement terroriste provoquant de lourdes pertes [se produira] quelque part dans le monde occidental – peut-être aux USA – qui amènera notre population à remettre en question notre propre constitution et à commencer à militariser notre pays afin d'éviter une répétition d'un autre événement provoquant de lourdes pertes. »Général Tommy Franks,« Nous sommes au bord d’une transformation mondiale. Tout ce dont nous avons besoin, c’est la bonne grosse crise majeure et les nations accepteront le Nouvel Ordre Mondial. »David Rockefeller« L'Amérique devenant une société de plus en plus multiculturelle, il peut sembler plus difficile de façonner un consensus sur des questions de politique étrangère, excepté dans les circonstances d'une menace extérieure directe massive et perçue largement comme telle.»Zbigniew Brzezinski dans son livre : Le Grand Échiquier


On présume que si un événement semblable au 11 septembre impliquant le décès de civils (événement provoquant de lourdes pertes) devait avoir lieu, l'Iran en serait, selon Cheney, le responsable, fournissant de ce fait un prétexte pour des bombardements punitifs du type des attaques parrainé par USA sur l'Afghanistan en octobre 2001, en représailles contre l'appui prétendu du gouvernement Taliban aux terroristes du 11 septembre.


Plus récemment, plusieurs analystes ont soulevé la possibilité de la création d'un «incident du Golfe de Tonkin», qui serait utilisé par l'administration Bush comme prétexte pour faire la guerre contre l'Iran.5. L’objectif réel de cette guerre est le pétroleLe pétrole gît dans les pays musulmans. L'objectif est de prendre possession du pétrole, transformer ces pays en territoires et de redessiner la carte du Moyen-Orient.La guerre construit un faux « ordre du jour humanitaire. » À travers l'histoire, la diffamation de l'ennemi a été pratiquée maintes et maintes fois pour finalement justifier en fin de compte la guerre et les crimes de guerre.La diabolisation de l'ennemi sert des objectifs géopolitiques et économiques. De même, la campagne contre « le terrorisme islamique » (qui est soutenu secrètement par les services de renseignement des USA) sert d’appui à la conquête des richesses pétrolières. Le terme « islamo-fascisme, » sert à dénigrer les politiques, les institutions, les valeurs et le tissu social des pays musulmans, tout en renforçant les valeurs « de la démocratie occidentale » et « du marché libre » comme seule alternative pour ces pays.


La guerre menée par les USA dans la grande région du Moyen-Orient et de l’Asie Centrale consiste à prendre le contrôle de plus de soixante pour cent des réserves mondiales de pétrole et de gaz naturel. Les géants pétroliers anglo-usaméricains cherchent également à prendre le contrôle des routes d’oléoducs et de gazoducs partant de cette région.


Les pays musulmans - dont l'Arabie Saoudite, l’Irak, l’Iran, le Koweït, les Émirats Arabes Unis, le Qatar, le Yémen, la Libye, le Nigeria, l’Algérie, le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan, la Malaisie, l’Indonésie, le Brunei - possèdent entre 66.2 et 75.9 pour cent des réserves totales de pétrole, selon les sources et de les méthodes d'évaluation utilisée.En revanche, les USA ont à peine 2 pour cent des réserves totales de pétrole. Les pays occidentaux dont les principaux producteurs de pétrole - Canada, USA, Norvège, Royaume-Uni, Danemark et Australie - contrôlent approximativement 4 pour cent de réserves totales de pétrole. (Selon une évaluation alternative du Oil and Gas Journal qui inclut les sables bitumineux du Canada, ce pourcentage serait de l'ordre de 16.5%).La plus grande part des réserves mondiales de pétrole se situent dans la région se prolongeant du Yémen au bassin de la Mer Caspienne et du littoral méditerranéen oriental au Golfe Persique. Cette grande région du Moyen-Orient et de l’Asie Centrale, qui est le théâtre de la « guerre contre le terrorisme » menée par les USA contient selon les évaluations de World Oil, plus de soixante pour cent des réserves de pétrole. (Voir le tableau ci-dessous). L'Irak a cinq fois plus de pétrole que les USA .Les pays musulmans possèdent au moins 16 fois plus de pétrole que les pays occidentaux.Les principales réserves de pétrole en pays non-musulmans sont situées au Venezuela, en Russie, au Mexique, en Chine et au Brésil. (Voir tableau) Les victimes des crimes de guerre sont diffamées. La diabolisation est pratiquée contre un ennemi qui possède les trois-quarts des réserves mondiales de pétrole.


« L’axe du mal », « les États voyous », « les nations faillies», « les terroristes islamistes »: le diabolisation et la diffamation sont les piliers idéologiques de la guerre usaméricaine « contre le terrorisme ». Elles servent de casus belli pour la guerre pour le pétrole.La guerre pour le pétrole exige le diabolisation de ceux qui possèdent le pétrole. L'ennemi est perçu comme mauvais afin de justifier une action militaire entraînant le massacre de masse des civils. La région du Moyen-Orient et de l’Asie Centrale est fortement militarisée. (Voir carte). Les gisements de pétrole sont encerclés : des navires de guerre de l'OTAN sont postés en Méditerranée orientale (en tant qu'éléments d'une opération de « maintien de la paix » de l'ONU), le porte-avions et le corps expéditionnaire d’attaque navale dans le Golfe Persique et dans la Mer d’Oman sont déployés en tant qu'éléments de la « guerre contre le terrorisme.


6. Historique : De Hiroshima à la doctrine de la guerre préventive Quelles sont les racines historiques de cet ordre du jour militaire? Quel est le bilan des crimes de guerre parrainés par les USA sur la période qui va de 1945 à nos jours?


QUI SONT LES CRIMINELS DE GUERRE: BUSH N'EST PAS LE SEUL CRIMINEL DE GUERRE SUR LA SELLETTE


Les crimes de guerre et les atrocités usaméricains devraient être vus comme une conséquence directe de la politique étrangère et de l’agenda militaire, lesquels soutiennent les intérêts de sociétés usaméricaines y compris les géants pétrolières, l'establishment financier de Wall Street et les six plus gros fournisseurs de la défense.La guerre du Moyen-Orient est le point culminant d'une histoire d’interventions militaires parrainées par les USA.Le bombardement d'Hiroshima était l’étape initiale menant à la formulation d'une doctrine nucléaire « préventive », selon laquelle des armes nucléaires doivent être utilisées dans des théâtres de guerre conventionnelle.


Il y a un continuité: le bombardement d'Hiroshima a été présenté à l'opinion publique comme « sûr pour les civils », puisque Hiroshima a été identifiée comme « une base militaire » par le Président Truman dans un discours à la radio du 9 août 1945 :« Le monde notera que la première bombe atomique a été lancée sur Hiroshima, une base militaire. C'était parce que nous avons souhaité éviter dans cette première attaque, autant que possible, de tuer des civils… »(Le Président Harry S. Truman dans un discours à la nation à la radio, le 9 août 1945, [écoutez l'extrait de son discours]En lisant le journal intime de Truman on a la nette impression qu'il a cru fermement que Hiroshima était une cible militaire. Lui a-t-on donné des informations sur les conséquences de la bombe atomique? (Le Président Harry S. Truman, journal intime, 25 juillet 1945).


De même, l'utilisation d’armes nucléaires contre l'Iran est présentée comme un acte d'autodéfense qui, selon le Pentagone, réduira au minimum les risques « de dommages collatéraux » et protégera les vies des civils. Antérieurement à l'invasion de l'Irak, l'utilisation des armes nucléaires tactiques avait été envisagée comme moyen d'assassiner Saddam Hussein :« Si Saddam était sans doute la cible de la plus haute valeur en Irak, alors les conditions seraient réunies pour utiliser une arme nucléaire comme le B61-11 pour s’assurer de le tuer et de décapiter le régime ». (Defense News, le 8 décembre 2003).


De manière plus générale, les mini-bombes armes nucléaires sont considérées comme sûres pour être utilisées dans un théâtre de guerre conventionnelle:« Ce dont on a besoin maintenant, c’est de quelque chose qui peut menacer un réseau d’abris souterrains situé à 300 mètres de profondeur sous le granit, sans tuer la population civile environnante. »(Un représentant du Pentagone cité par Michel Chossudovsky, 2006, globalresearch.ca)Ces rapports, qui dévoilent la doctrine nucléaire des USA favorisent selon la Fédération des Scientifiques Américains (Federation of American Scientists) « l'illusion que des armes nucléaires pourraient être utilisées de manières à réduire au minimum les dommages collatéraux », laissant croire qu’il est acceptable d’utiliser ces outils comme des armes conventionnelles. » (Voir http://www.fas.org/faspir/2001)

7. Les guerres US de « l'Ére de l'Après-Guerre »Ce que l’on nomme par euphémisme « l'ère de l'après-guerre » est en fait une période de guerre et de militarisation continues.


Depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, cette « guerre prolongée» sert à établir l'hégémonie des USA dans le monde entier.Cette période est caractérisée par une succession de théâtres de guerre parrainés par les USA (la Corée, le Vietnam, le Cambodge, l’Afghanistan, l’Irak et la Yougoslavie), de diverses formes d'interventions militaires comprenant des conflits de faible intensité, des « guerres civiles » (Congo, Angola, Somalie, Éthiopie, Soudan), des coups d’État militaires, des escadrons de la mort parrainés par les USA et des massacres (Chili, Guatemala, Honduras, Argentine, Indonésie, Thaïlande, Philippines), des guerres secrètes menées par les services de renseignements des USA , etc.Cette période entière (de 1945 – à aujourd’hui) a été marquée par une succession de guerres et des interventions militaires et d’espionnage parrainées par les USA dans chacune des principales régions du monde (voir carte ci-dessous).


Responsables de ces diverses opérations, les USA ont attaqué depuis août 1945, directement ou indirectement, environ 44 pays dans différentes régions du monde en voie de développement; et pour un certain nombre d’entre eux plus d’une fois (Eric Waddell, 2003):« L'objectif avoué de ces interventions militaires était d'effectuer des « changements de régime ». Les couvertures « des droits de l'homme » et de la « démocratie ont été invariablement évoqués pour justifier ce qui était des actes unilatéraux et illégaux. » (Eric Waddell, 2003)Les fondements de la politique étrangère de ce qui est maintenant présenté par des représentants de Bush comme la « guerre prolongée » doivent être trouvés dans ce qui est connu comme la « doctrine Truman », d'abord formulée par le conseiller George F. Kennan de la politique étrangère dans une directive du Département d'État de 1948.


Ce que ce document de 1948 colporte est une continuité dans la politique étrangère des USA , de la guerre de « contaimnent » (politique de limitation de l'expansion du communisme, NdT) à la guerre « préventive » (Pre-emptive War). Il énonce en termes polis que les USA devraient rechercher la domination économique et stratégique par des moyens militaires:

« D’ailleurs, nous avons environ 50% de la richesse mondiale mais seulement 6.3% de sa population. Cette disparité est particulièrement grande entre nous et les peuples d'Asie. Dans cette situation, nous ne pouvons pas manquer d’être l'objet d'envie et de ressentiment. Nos vraies tâches dans la période à venir sont de concevoir un modèle de rapports qui nous permettront de maintenir cette situation de disparité sans que cela nuise à notre sécurité nationale. Pour y parvenir, nous devrons nous passer de toute sentimentalité et de tout rêve éveillé; et notre attention devra être fixée partout sur nos objectifs nationaux immédiats. Nous ne devons pas nous faire des illusions en croyant que nous pouvons nous permettre le luxe de l'altruisme et d’un rôle de bienfaiteurs. (…)

Face à cette situation nous ferions mieux de nous dispenser maintenant d’un certain nombre de concepts qui ont marqué notre pensée en ce qui concerne l'Extrême-Orient. Nous devrions nous dispenser d’aspirer « à être aimés » ou à être considérés comme les dépositaires d’un altruisme international à l’âme noble. Nous devrions cesser de nous prendre pour les gardiens de nos frères et nous abstenir d'offrir des conseils moraux et idéologiques. Nous devrions cesser de tenir des propos sur des objectifs vagues et - pour l’Extrême-Orient - irréalistes tels que les droits de l'homme, l’amélioration des conditions de vie et la démocratisation. Le jour n'est pas loin où nous allons devoir agir selon des concepts stricts de puissance. Moins nous serons handicapés par des slogans idéalistes, et mieux ce sera.»George F. Kennan, directive du département d’État, 1948

8. Détruire l'internationalisme


La désintégration planifiée de l’Organisation des Nations Unies comme organisme international, indépendant et influent a été sur les planches à dessin de la politique étrangère des USA depuis la création des Nations Unies en 1946. Sa mort planifiée faisait partie intégrante de la doctrine Truman telle que définie en 1948. Dès la création même de l'ONU, Washington a cherché d'une part à la contrôler à son avantage, tout en cherchant également à l'affaiblir et enfin à la détruire. Le Secrétaire général sortant Kofi Annan est devenu un outil de la politique étrangère des USA Pour le dire avec George Kennan:« Parfois, elle [l’Organisation des Nations Unies] a atteint un objectif utile. Mais généralement elle a créé plus de problèmes qu'elle n’en a résolus et elle a mené à une dispersion considérable de notre effort diplomatique. (George Kennan, 1948)Dans nos efforts pour nous servir de la majorité aux Nations Unies à des fins politiques majeures, nous jouons avec une arme dangereuse qui peut un jour se retourner contre nous. C'est une situation qui justifie une étude plus prévoyante et plus soigneuse de notre part. » (George Kennan, 1948)Bien qu'officiellement engagée envers la « communauté internationale », Washington n’a fait allégeance que du bout des lèvres aux Nations Unies. Ces dernières années Washington a cherché à saper l’ONU en tant qu'institution.


Depuis la première guerre du Golfe, l'ONU a, en grande partie, agit en pure chambre d’enregistrement. Elle a fermé les yeux sur les crimes de guerre des USA et elle a mis en application de prétendues opérations de maintien de la paix au nom des envahisseurs anglo-usaméricains, en violation de la charte de l'ONU.

9. De la doctrine Truman aux néoconservateurs


L’ordre du jour néoconservateur sous l'administration Bush devrait être perçu comme le point culminant d’un cadre (bipartisan) de politique étrangère « d'après-guerre », qui fournit les bases pour la planification des guerres contemporaines et d’atrocités telles que l'installation de chambres de torture, de camps de concentration et l'utilisation très répandue d’armes interdites contre des civils.De la Corée, du Vietnam et de l’Afghanistan aux coups d’État militaires parrainés par la CIA en Amérique latine et en Asie du Sud-est, l'objectif a été d'assurer aux USA l'hégémonie militaire et la domination économique mondiale telles que formulées par la « doctrine Truman ». En dépit des différences significatives de politique, les administrations Démocrates et Républicaines successives, de Harry Truman à George W. Bush ont réalisé cet agenda militaire mondial.

10. Les crimes de guerre et les atrocités usaméricaines


Cette période entière de « l’après-guerre » est marquée par un accroissement des crimes de guerre ayant pour résultat la mort de plus de dix millions de personnes. Ce chiffre n'inclut pas ceux qui ont péri en raison de la pauvreté, de la famine et de la maladie.Ce dont nous traitons est un agenda criminel de politique étrangère des USA . La criminalisation n’est pas l’apanage d’un ou plusieurs chefs d'État. Elle concerne le système entier de l'État tel que les diverses institutions civiles et militaires tout comme les intérêts des puissantes sociétés qui sont à la base de la formulation de la politique étrangère des USA , des boîtes à idées (think tank) de Washington et les institutions financières qui financent la machine militaire.


Les crimes de guerre sont le résultat de la dérive criminelle de l'État US et de son appareil de politique étrangère. Nous n’avons pas affaire à des criminels de guerre individuels mais à un processus impliquant des décideurs agissant à différents niveaux et mandatés pour commettre des crimes de guerre selon des lignes directrices et des procédures établies.Ce qui distingue l'administration Bush dans la longue liste de crimes et d’atrocités commis par les USA c’est le fait que les camps de concentration, les assassinats ciblés et les chambres de torture sont maintenant ouvertement considérés comme des formes légitimes d'intervention qui soutiennent « la guerre globale contre le terrorisme » et appuient la propagation de la démocratie occidentale.11. Les mécanismes d’intervention usaméricaineLes crimes parrainés par les USA ne sont pas limités aux pertes humaines et à la destruction physique de l'infrastructure des nations.


Des pays sont détruits, souvent transformé en territoires, la souveraineté est abolie, les institutions nationales s'effondrent, l'économie nationale est détruite par l'imposition de réformes du « marché libre », le chômage devient endémique, les services sociaux sont démantelés, les salaires s'effondrent, et les gens sont appauvris.De leur côté, les actifs de la nation et les ressources naturelles sont transférés entre les mains d’ investisseurs étrangers par des programmes de privatisation imposés par les forces d'invasion.

12. L'initiative de Perdana : aller à contre-courant de la vague guerrière


L'initiative de Perdana pour criminaliser la guerre cherche à briser le consensus.Une fois que ce consensus est brisé, la légitimité précaire « de la guerre globale contre le terrorisme » s'effondre comme un château de cartes. Les criminels de Guerre haut placés se voient dès lors couper l’herbe sous les pieds.Aller à contre-courant de la vague guerrière exige de travailler en réseau pour toucher le grand public afin d’informer les gens à travers le monde, au niveau national et international, dans les quartiers, dans les lieux de travail, les paroisses, les mosquées, les écoles, les universités et les municipalités sur les dangers d'une guerre parrainée par les USA qui inclut l’emploi d’armes nucléaires. Le message doit être fort et clair : Ce n'est pas l'Iran qui menace la sécurité dans le monde, ce sont les USA et Israël.


Des débats et des discussions doivent aussi avoir lieu au sein des armées et des services secrets, en particulier en ce qui concerne l'utilisation des armes nucléaires tactiques, dans les couloirs du Congrès des USA , dans les administrations municipales et à tous les niveaux du gouvernement.


En fin de compte, il faut contester la légitimité des acteurs politiques et militaires hauts placés.Les membres du Congrès semblent hésiter à exercer le pouvoir qui leur est conféré par la Constitution des USA afin d'empêcher l'impensable: l'impact d’une guerre nucléaire parrainée par les USA . Les conséquences de cette inaction pourraient être dévastatrices. Une fois que la décision est prise au niveau politique, Qui plus est, les mouvements antiguerre n'ont pas abordé de manière cohérente la menace nucléaire que représentent les USA face à l'Iran, en partie du fait des divisions dans leurs rangs et aussi du fait de leur manque d'information. En outre, un secteur significatif du mouvement antiguerre considère la « menace du terrorisme islamique » comme réelle. « Nous sommes contre la guerre, mais nous soutenons la guerre contre le terrorisme. » Cette position ambivalente sert finalement à renforcer la légitimité de la doctrine sur la sécurité nationale des USA qui implique « guerre globale contre le terrorisme » (GWOT).


Dans cette conjoncture, avec la faible popularité du régime Bush-Cheney, une réelle occasion existe pour enclencher une procédure de destitution (impeachment) qui pourrait permettre de bloquer temporairement l'agenda militaire.Les médias dominants portent aussi une lourde responsabilité dans la couverture des crimes de guerre parrainés par les USA . Jusqu’à tout récemment, les préparatifs de guerre impliquant l'utilisation d’armes nucléaires n'ont qu’à peine été couverts par les mass-médias. Ces derniers doivent aussi être contestés avec vigueur pour leur couverture tendancieuse de la guerre au Moyen-Orient.Ce qu’il faut, c’est briser la conspiration du silence, dénoncer les mensonges et la désinformation des médias et, affronter la nature criminelle de l'administration US et des autres gouvernements qui la soutiennent, cet agenda de guerre aussi bien que son prétendu « agenda pour la sécurité de la patrie (Homeland Security) » qui a déjà défini les contours d'un État policier.En réponse à l'initiative de Perdana pour criminaliser la guerre, il est essentiel de mettre le projet de guerre usaméricano-israélien au premier plan de la discussion politique, en particulier en Amérique du Nord, en Europe occidentale et en Israël.


Les dirigeants politiques et militaires qui sont opposés à la guerre doivent prendre une position ferme, à partir de leurs institutions respectives. Les citoyens doivent prendre position individuellement et collectivement contre la guerre.


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