Saturday, October 09, 2010

Economie : La Chine prend le control de l'Euro et casse le projet de marché 'transatlantique' anglo-americano-israelo-allemand de domination coloniale, l'Europe devient donc le bureau d'etude et d'ingenierie de la Chine en Occident

Relance surprise de l'euro par la Chine


L'Euro a obtenu un coup de pouce surprise de là où on ne l'attendait pas : de la Chine. Le pays doté des plus grandes réserves de devises étrangères du monde, la Chine, s'est engagé à subvenir aux besoins de la dette grecque ainsi que de l'euro dans ce qui est clairement une décision géopolitique. Ce faisant, la Chine a signalé qu'elle vise à prévenir toute attaque de guerre financière zunienne contre l'Europe et dresse l'UE contre la Zunie dans un jeu d'échecs géopolitique d'une dimension fascinante.


Voltaire Network, F. William Engdahl, 6 octobre 2010,

 Après avoir reçu la médaille d'or du parlement à Athènes, le dimanche 3 octobre 2010, le premier ministre chinois Wen Jiabao est félicité par son homologue grec, George Papandreou, à gauche, et le président du parlement grec, Philippos Petsalnikos, à droite. Photo : AFP.


      Lors d'une visite peu ordinaire dans la minuscule Grèce, un pays qui normalement n'auraient jamais justifié pareille visites de haut niveau du géant économique au développement le plus rapide du monde, le premier ministre chinois, Wen Jiabao a promis le soutenir la Grèce et l'euro. Selon l'Agence officielle chinoise Xinhua News Agency (et China Daily), « La Chine soutient fermement la Grèce dans sa mise en œuvre de réformes structurelles et de réduction des déficits fiscaux pour améliorer sa compétitivité. La Chine se félicite de l'UE et du plan de sauvetage du FMI pour la Grèce, et se tient prête à aider la Grèce à sortir de la récession. »

      Ce que cela signifie concrètement a été précisé par Wen Jiabao lors d'une conférence de presse début octobre à Athènes, quand il a déclaré, « La Chine détient des obligations grecques et continue à acheter les obligations émises par la Grèce. Nous assumons d'aider les pays de la zone euro et la Grèce à surmonter la crise. » La dernière déclaration est de loin la plus importante. Elle indique que la Chine a pris la décision stratégique de contrer toute tentative future d'attaque de la part des fonds spéculatifs et des banques basées en Zunie contre les pays peu solides de la zone euro, que ce soit l'Irlande, l'Espagne, le Portugal ou la Grèce. Au début de cette année, comme nous l'avions noté à ce moment, travaillant en tandem avec les agences de notation de crédit zuniennes, Standard & Poors, Moody's et Fitch, des banques de Wall Street, telles que Goldman Sachs, ont précipité la crise financière grecque au moment précis où la Chine et d'autres grands investisseurs commençaient à avoir des doutes sérieux quant à la stabilité financière de la Zunie et du dollar.

      Laissez-moi être clair. L'euro, en l'état actuel des choses, la Banque centrale supranationale européenne et l'approche de l'UE en ce qui concerne la stabilité financière internationale, ne sont pas juste un concept bancal. C'est programmé par nature pour les crises. C'est le fruit né de compromis politiques boiteux merdiques dans les années 90 avec le Traité de Maastricht, une démarche de la France, de l'Italie et de la Grande-Bretagne, visant à contrôler l'émergence d'un colosse économique allemand après la réunification de l'Allemagne.

      Cependant, l'attaque concertée d'un groupe de fonds spéculatifs de New York, comme celui de George Soros, et de Paulson plus tôt cette année et, à ce moment précis, le déclassement au statut de « pacotille » du crédit de la Grèce, faisaient partie d'une stratégie concertée de guerre financière zunienne contre la zone euro, la seule alternative potentielle au dollar comme monnaie de réserve mondiale. Si le dollar zunien devait perdre son statut de leader mondial de réserve de change - il représente encore aujourd'hui quelque 65% des réserves de devises des banques centrales - la Zunie serait condamnée en tant que seule superpuissance du monde.

      Maintenant, l'annonce surprise par la Chine de plans de soutien de la Grèce et de l'euro donnera un regain de vigueur inattendu au pays assiégé et à l'euro, et expose le dollar à encore d'autres liquidations éventuelles.

      La Grèce a désespérément besoin d'investissements étrangers pour l'aider à respecter les conditions du plan de sauvetage de 110 milliards d'euros des membres de l'Eurozone et du Fonds monétaire international qui l'a sauvé ce printemps du non-paiement de sa dette d'État. « Je suis convaincu qu'avec ma visite en Grèce nos relations et coopération bilatérales se développeront davantage dans tous les domaines, » a dit M. Wen sur le chemin de Bruxelles pour un sommet UE-Chine.

      Comme la plupart des choses que fait la Chine faites ces jours-ci, tout ça fait partie d'un calcul politique astucieux. La Grèce a accepté d'appuyer la reconnaissance du statut de l'UE comme économie de marché à part entière de la Chine au sein de l'UE, tandis que la Chine convient de soutenir l'appel de la Grèce pour une médiation de l'ONU à Chypre. Les deux pays coopéreront aussi dans le développement du port du Pirée, pour le transformer en centre de distribution et de transfert des exportations asiatiques vers l'Europe, de la Méditerranée et de la Mer Noire.

      Comme si le moment était spécialement choisi, le spéculateur du fond spéculatif zunien George Soros, qui est présentement en appel d'une condamnation d'un tribunal français pour délit d'initié (1), est apparu publiquement pour reprocher au gouvernement allemand d'Angela Merkel ses mesures d'austérité qui, selon lui, mèneront la zone euro dans une « spirale de déflation, » et pour exiger à la place d'autres encouragements fiscaux, à la zunienne.

       

Guerre financière zunienne contre l'Euroland ?

      Soros a été notamment l'une des voix les plus fortes face à l'euro au moment où le monde perdait sa confiance en lui, mais pas envers le dollar zunien, en fin d'année 2009. Le 26 février, le Wall Street Journal a rapporté les détails d'une rencontre secrète à New York impliquant le spéculateur milliardaire du fond spéculatif George Soros de Soros Fund Management de 27 milliards de dollars, avec SAC Capital Advisors LP, Greenlight Capital et d'autres non identifiés. Selon l'article du journal, ils ont convenu d'une attaque concertée contre l'euro, en utilisant la crise financière grecque comme d'un levier pour fiabiliser cette initiative. Plus tôt, cette année, prenant la parole au Forum économique mondial de Davos, ce même Soros a renforcé le potentiel de la collusion planifiée secrètement contre l'euro, quand il a dit à la presse qu'il n'y a « pas d'alternative attrayante » au dollar, de facto un signal d'attaque contre l'euro qui était considéré il y a six mois comme une alternative au dollar comme monnaie de réserve mondiale. Il a ajouté que les « problèmes » de l'euro en ont fait un succédané de monnaie de réserve non-viable.

      Les remarques anti-euro de Soros ont été suivies par l'éminent économiste de New York Nouriel Roubini, qui a dit que les problèmes budgétaires de l'Europe créent le « risque croissant » que son alliance sur une monnaie unique ne vole en éclats. « En fin de compte, pas cette année ou dans deux ans à partir de maintenant, nous pourrions avoir une dislocation de l'union monétaire. » Roubini et Soros sont tous deux proches de l'administration Obama. Soros est l'un des premiers bailleurs de fonds d'Obama et Roubini est dit très proche du ministre des Finances Tim Geithner. Suite à la « petite conversation » de son fond spéculatif sur l'avenir de l'euro, Soros a écrit le 22 février un article d'opinion dans le Financial Times de Londres, le quotidien financier le plus en vue du monde, dans lequel il a déclaré : « La survie de la Grèce pourrait pourtant laisser l'avenir de l'euro incertain. »

      L'attaque contre la Grèce et l'euro au début de cette année a aussi impliqué les plus puissants acteurs de Wall Street, les Gods of Money (dieux de l'argent), comme je les désigne dans mon nouveau livre. Goldman Sachs, une banque de Wall Street puissante politiquement, a été au milieu des manipulations financières grecques depuis que la Grèce est entrée dans l'euro en 2001. Elle a été également impliquée dans la crise grecque en janvier 2010. Le 29 janvier, avec quelques-unes des plus grandes compagnies de Wall Street, la banque Goldman Sachs est allée en Grèce où elle a rencontré le sous-ministre grec des Finances et la Banque nationale de Grèce. Les attaques du fond spéculatif de Soros ont commencé quelques jours après.

      Selon l'article du Wall Street Journal, Goldman Sachs, Bank of America et la banque Barclays de Londres, se sont jointes à Soros et aux fonds spéculatifs, pour faire des paris contre l'euro tandis que Goldman Sachs jouait parallèlement un rôle de conseiller auprès du gouvernement Papandreou, ce qui apparaît être un conflit d'intérêt plutôt manifeste.

      Moody's et Standard & Poors, les agences de notation de crédit basées en Zunie, ont aussi joué un rôle déterminant dans l'affaiblissement de l'euro en d'année. Les gouvernements de l'UE ont annoncé à l'époque un accord de principe sur un plan de sauvetage grec afin de stabiliser les attaques spéculatives contre l'euro. Le 27 avril, Standard & Poor's a annoncé une dégradation sans précédent de trois échelons, à la « qualité pacotille » (junk grade), de la notation de la dette du gouvernement grec. Cette démarche, un coup qui a considérablement aggravé la pression sur l'euro, assurait que, affolés, les fonds de pension et les autres investisseurs seraient forcés de vendre leurs obligations grecques.

       

Crise Asiatique et crises de la Livre britannique et de la zone euro

      La combinaison des attaques de fonds spéculatifs contre l'euro poursuit la stratégie de guerre financière menée auparavant par des fonds spéculatifs choisis zuniens. En 1992, d'après ce que de nombreux professionnels du marché pensent être des informations privilégiées, Soros a affirmé avoir gagné un milliard de dollars en spéculant contre la livre sterling et en forçant le gouvernement britannique à abandonner son projet d'introduire la Grande-Bretagne dans la jeune zone euro. Beaucoup à Wall Street et Washington craignaient intérieurement que, si la Grande-Bretagne et les puissantes ressources financières de la City de Londres entraient dans la nouvelle zone euro, cela pourrait sonner le glas du dollar comme monnaie de réserve mondiale. Le fait que le dollar est la monnaie de réserve mondiale est l'un des deux piliers stratégiques de la puissance zunienne dans le monde, l'autre étant le Pentagone. Si le dollar perd son statut, l'avenir du Siècle zunien, de la seule superpuissance, sera extrêmement incertain.

      De même, en mai 1997, il s'agissait d'une attaque concertée du fond spéculatif toujours menée par Quantum Fund de George Soros, uni à Moore Capital Management et à Tiger Management Group de Julian Robertson et ses fonds Jaguar et Tiger, contre les monnaies des économies des « Tigres » asiatiques qui ont transformé la Corée, l'Indonésie, les Philippines, la Malaisie. La destruction de l'économie des Tigres en 1997-1998 a transformé de facto ces dynamiques économies autosuffisantes en expansion, largement indépendantes financièrement du contrôle zunien ou du FMI, en acheteurs de dette publique zunienne, car l'Asie a essayé de se défendre contre de futures attaques. Comme la crise de la livre sterling de 1992, la crise de 1997-1998 en Asie a elle aussi servi à donner quelques années de vie de plus au fragile dollar.

      Aujourd'hui, avec l'aggravation de la dépression zunienne et le développement chaque jour qui passe de l'envergure des problèmes bancaires, l'avenir du dollar est plus que jamais menacé. Pour contrer cela, dans l'espoir de ruiner l'euro comme alternative possible au dollar pour les banques centrales étrangères, les cercles les plus puissants de Wall Street et le Trésor et la Réserve fédérale, présentent la petite crise grecque dans un tableau manifestement exagéré de « dislocation de l'Union européenne. » Cela ne veut pas dire que l'euro et le traité de Maastricht sont un modèle d'alternative saine aux problèmes de la zone dollar. Loin de là. Il s'agit simplement d'identifier la grande bataille géopolitique qui se déroule en coulisses pour empêcher de couler le Titanic dollar. À l'évidence, la Chine a décidé de peser du côté de l'euro dans cette bataille.


Note

      1) Marc Morano, Soros Conviction for Insider Trading Upheld in French Court (La condamnation de Soros pour délit d'initié est confirmée par le tribunal français), CSNNews.com, 7 juillet 2008.


      F. William Engdahl est l'auteur de plusieurs ouvrages dont deux sont traduits en français : OGM : Semences de destruction : L'arme de la faim et Pétrole, une guerre d'un siècle : L'ordre mondial anglo-américain. Il est joignable à partir de son site,
www.engdahl.oilgeopolitics.net


Original : www.voltairenet.org/article167171.html
Traduction copyleft de Pétrus Lombard

1 comment:

NeWbOy19 said...

Salam alikoum mon frère

Belle analyse, en tout cas les étasuniens sont cuits maintenant, tous ce qu'ils vendent pour survivre "c'est la Guerre" en attendant de trouver la bonne issue!